« Une fille solaire, gentille » : qui était Sonia Bellina, retrouvée morte calcinée dans le Gard ?
Un corps calciné découvert dans des vignes du Gard, mercredi 12 août. Une procureure qui parle de « probabilité » plutôt que de certitude. Et un nom qui circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux : celui de Sonia Bellina, créatrice de contenu suivie par près de 260 000 abonnés.
L’enquête, ouverte pour assassinat, n’a pas encore livré ses conclusions officielles. Mais pendant que la justice avance, une autre bataille se joue en parallèle : celle de la famille contre une avalanche de messages haineux visant la jeune femme.

Une découverte macabre qui relance une disparition
Tout commence par une macabre trouvaille dans les vignes de Saint-Gilles, petite commune du Gard. Le corps calciné d’une femme y est retrouvé, sans identification immédiate possible tant les dégâts sont importants.
Le parquet de Nîmes ouvre alors une enquête pour assassinat. Une semaine plus tard, la procureure Cécile Gensac confirme à BFMTV « la probabilité » que la victime soit Sonia Bellina, disparue et activement recherchée par ses proches.
D’après Midi Libre, la description du corps correspondrait à celle de la jeune femme. Reste à obtenir une confirmation formelle, généralement établie par des analyses ADN ou dentaires — une procédure déjà vue dans d’autres affaires d’identification complexe.
Qui est vraiment Sonia Bellina ?
À 29 ans, cette Gardoise s’était construit une petite notoriété sur les réseaux sociaux, en cumulant les vidéos depuis six ans. Son registre : jouer la séductrice, reprendre en play-back des tubes ou des répliques cultes.
Elle avait aussi trouvé son public sur TikTok grâce aux « lives », ces diffusions en direct où elle échangeait parfois avec d’autres créateurs de contenu. Un format qui lui a permis de fédérer une communauté fidèle, loin des paillettes des grandes influenceuses parisiennes.
Ce parcours, modeste mais réel, rappelle celui d’autres créatrices de contenu confrontées à la violence alors qu’elles pensaient simplement partager leur quotidien.

« On ne mérite pas de vivre ça » : la douleur d’une famille
Contactée par Midi Libre, la sœur de Sonia Bellina livre un témoignage bouleversant. « Je n’aurais jamais pensé qu’il arrive ça à notre famille surtout que c’était une fille solaire, gentille, aimée des gens », confie-t-elle.
Elle poursuit, submergée : « Je suis choquée de vivre dans un monde aussi cruel. C’est une injustice qui nous arrive, on ne mérite pas de vivre ça. » Des mots qui résonnent avec ceux d’autres proches endeuillés, comme le témoignage déchirant de l’influenceuse Nacima Kidadi après la perte de sa fille.
Mais au-delà du deuil, c’est une deuxième épreuve qui s’abat sur la famille : celle du harcèlement en ligne.
La campagne de haine qui s’abat sur la mémoire de la jeune femme
Dès les premières informations sur cette disparition, des internautes se sont emparés de l’affaire pour publier des messages violents. La sœur de Sonia Bellina ne mâche pas ses mots face à ce déferlement.
« Les gens vont trop loin, c’est affreux et ils racontent n’importe quoi. C’est du harcèlement, il y en a même qui disent qu’elle a mérité ce qui lui est arrivé », dénonce-t-elle. « Des gens utilisent les photos de ma sœur pour faire du buzz. »
Un phénomène malheureusement récurrent, comme l’a montré la vague de spéculations autour d’autres affaires criminelles où la vérité judiciaire peine à contenir les rumeurs.

Ce que prépare l’avocat de la famille
Face à cette situation, Me Mourad Battikh, qui représente les proches de Sonia Bellina, a pris la parole dans un communiqué. Il rappelle que « la famille traverse une épreuve d’une violence extrême ».
L’avocat dénonce précisément la publication de « rumeurs, spéculations, propos outrageants et mises en cause, accompagnées d’images et d’éléments relevant de la vie privée ». Une situation qu’il refuse de laisser sans réponse.
« Le cabinet procède d’ores et déjà à la constatation et à la conservation des preuves », précise-t-il. Chaque publication litigieuse fera l’objet de « signalements aux plateformes et à Pharos, de demandes d’identification de leurs auteurs, de plaintes et d’actions devant les juridictions compétentes, civiles comme pénales ».
L’enquête pour assassinat se poursuit à Nîmes. En attendant les résultats des analyses d’identification formelle, la famille de Sonia Bellina espère avant tout une chose : que la vérité judiciaire prenne enfin le pas sur les rumeurs qui circulent depuis plusieurs jours.