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Annabella Lovas décédée : son corps, à moitié nu, a été retrouvé aux îles Canaries. Il s’agissait d’une star de télé-réalité.

Publié par Elsa Fanjul le 05 Avr 2026 à 15:39

En mars dernier, un corps a été découvert dans une piscine naturelle isolée de Gran Canaria, aux îles Canaries. La femme était à moitié dénudée, méconnaissable, et personne ne savait qui elle était. Il aura fallu des mois d’enquête, des drones, des hélicoptères et une dent envoyée à Interpol pour mettre un nom sur cette dépouille : celui d’Annabella Lovas, 32 ans, star de télé-réalité hongroise devenue influenceuse.

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anabella
Screenshot

Un corps sans identité dans un ravin inaccessible

Le 6 mars dernier, après de violentes tempêtes ayant frappé le sud de Gran Canaria, un corps est repéré dans une piscine naturelle du Barranco de Berriel, un ravin encaissé situé à l’intérieur des terres. La femme retrouvée est nue de la taille jusqu’aux pieds. Les experts médico-légaux estiment qu’elle se trouvait dans l’eau depuis environ trois semaines.

Les conditions sont un cauchemar pour les enquêteurs. L’extrémité de ses doigts a été détruite par l’immersion prolongée, rendant toute extraction d’ADN concluante impossible. Les recherches menées par drones et hélicoptères dans cette zone extrêmement difficile d’accès n’ont permis de retrouver aucun effet personnel : ni vêtements, ni sac, ni téléphone.

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Le chef de la police, Pablo Fernandez Sala, a décrit l’enquête comme « difficile et intense ». « Des collègues ont tenté d’atteindre la piscine naturelle pour reconstituer ses derniers pas, mais c’était impossible », a-t-il confié au quotidien local La Provincia. « Il aurait fallu être un alpiniste professionnel, pas un simple randonneur, pour accéder à cet endroit. » Un détail le frappe tout de même : des tatouages inhabituels sur l’épaule et le dos de la victime.

Ce n’est pas la première fois que les Canaries sont le théâtre de drames liés à leurs piscines naturelles et à la violence de leurs éléments. L’archipel, destination prisée des touristes européens, cache aussi des zones sauvages où la nature reprend ses droits sans prévenir.

Annabella Lovas, ancienne candidate du Bachelor hongrois

Annabella Lovas était devenue célèbre en 2021 en participant à la version hongroise de l’émission The Bachelor, diffusée sur la chaîne TV2. Charismatique devant les caméras, elle avait su capitaliser sur cette notoriété soudaine pour se construire une communauté importante sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, où elle se présentait sous le nom d’Annabella Rider.

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Ravin rocheux isolé avec piscine naturelle à Gran Canaria

Comme beaucoup de candidats de télé-réalité, elle avait bifurqué vers le métier d’influenceuse, un parcours que connaissent bien les candidats les plus médiatisés de ces émissions. Mais derrière l’image lisse des posts Instagram, la réalité d’Annabella était bien plus sombre.

La jeune femme de 32 ans avait traversé un combat contre le cancer en Hongrie. Une épreuve qui, selon ses proches et les autorités, lui avait laissé de profondes séquelles psychologiques. C’est dans ce contexte fragile qu’elle avait décidé de quitter son pays natal pour s’installer à Gran Canaria, dans l’espoir peut-être de prendre un nouveau départ au soleil.

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Une première disparition en novembre 2024, résolue en quelques jours

Avant la découverte macabre de mars, Annabella avait déjà fait l’objet d’un avis de recherche. En novembre 2024, sa famille, restée en Hongrie, s’était inquiétée de ne plus avoir de ses nouvelles. Les autorités espagnoles avaient lancé un appel à témoins. Quelques jours plus tard, la police l’avait localisée dans un appartement de Playa del Inglés, station balnéaire du sud de l’île.

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Elle avait alors confirmé qu’elle allait bien. Mais sa famille n’était pas rassurée. Les policiers eux-mêmes l’avaient décrite comme une « personne vulnérable ». Son état psychologique, fragilisé par les séquelles de sa maladie, inquiétait son entourage depuis des mois. Malgré ce premier signalement, Annabella était restée sur l’île.

Jeune femme influenceuse avec tatouages sur l'épaule
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Ce type de situation rappelle combien la vie après la célébrité télévisée peut être brutale. Loin des projecteurs, certaines personnalités connaissent des troubles psychiatriques graves que la notoriété n’a fait qu’aggraver. L’histoire d’Annabella fait écho à d’autres trajectoires tragiques du monde de la télé-réalité, comme celle de Loana, retrouvée morte à Nice dans des circonstances qui avaient bouleversé la France.

À court d’argent, elle aurait fini à la rue

Selon les conclusions de l’enquête policière, Annabella Lovas avait progressivement épuisé ses ressources financières sur l’île. Sans revenus stables et loin de tout réseau de soutien familial, elle se serait retrouvée sans domicile fixe dans les semaines précédant sa mort.

Les enquêteurs pensent qu’elle est décédée ailleurs sur l’île, probablement en extérieur. Ce sont les crues éclair provoquées par les tempêtes de février qui auraient charrié son corps sur plusieurs kilomètres, jusqu’à cette piscine naturelle reculée du Barranco de Berriel, un lieu que même les randonneurs aguerris peinent à atteindre.

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Cette hypothèse expliquerait pourquoi aucun effet personnel n’a été retrouvé à proximité du corps. La violence des eaux de ruissellement dans les barrancos canariens est bien connue : ces ravins, secs la majeure partie de l’année, se transforment en torrents dévastateurs lors des épisodes pluvieux intenses. D’autres tragédies y ont déjà coûté la vie à des touristes et des résidents.

Une dent envoyée à Interpol : la clé de l’identification

Sans empreintes digitales exploitables et sans ADN concluant, les enquêteurs se sont retrouvés face à un mur. Leur seul espoir : les dents de la victime. Le commissaire Pablo Fernandez Sala a alors pris la décision d’envoyer un moulage dentaire à Interpol pour tenter une identification internationale.

Balcon vide d'un appartement à Playa del Inglés au crépuscule
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« Le moule de la dent a été envoyé via Interpol et a fourni des données concluantes », a-t-il expliqué. « Une fois que vous avez un nom, c’est plus facile, car la plupart des gens ont un dossier dentaire. Une dentition, c’est comme une empreinte digitale : elle a ses points caractéristiques. La dentition est le coffre-fort du corps humain, ce qui résiste le mieux aux hautes températures. »

C’est cette comparaison avec les fichiers dentaires hongrois qui a permis de confirmer formellement que le corps retrouvé était bien celui d’Annabella Lovas. Sa famille, qui avait relancé les alertes peu après la première disparition de novembre, a enfin obtenu une réponse — la pire imaginable.

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La face sombre de la célébrité sur les réseaux

L’histoire d’Annabella Lovas soulève des questions dérangeantes sur la fragilité des personnalités propulsées sous les projecteurs par la télé-réalité. Entre le Bachelor hongrois et son activité d’influenceuse, elle vivait dans un monde où l’image prime sur tout. Mais quand la santé mentale vacille, les likes ne suffisent plus.

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Son parcours rappelle d’autres destins brisés. Celui d’une influenceuse poignardée en plein live, ou encore celui d’un influenceur tué en direct sur TikTok. Le monde des réseaux sociaux et de la célébrité numérique n’est pas que paillettes et partenariats rémunérés. Derrière les écrans, des êtres humains se débattent parfois avec des souffrances invisibles.

Le cas d’Annabella est d’autant plus poignant qu’elle avait survécu à un cancer. Elle avait vaincu la maladie, mais les cicatrices psychologiques l’avaient suivie jusqu’à cette île ensoleillée où elle espérait se reconstruire. Les séquelles psychologiques des maladies graves restent un sujet largement sous-estimé, y compris par l’entourage des personnes touchées.

Une enquête hors normes sur une île paradisiaque

Gran Canaria attire chaque année des millions de vacanciers séduits par son climat et ses paysages. Mais l’île possède aussi un arrière-pays sauvage, avec des ravins profonds et des zones quasi inaccessibles. C’est dans ce décor spectaculaire mais hostile que le corps d’Annabella a été retrouvé.

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Pour les enquêteurs locaux, cette affaire restera comme l’une des plus complexes qu’ils aient eu à traiter. Identification impossible par les moyens classiques, terrain impraticable, absence totale d’indices matériels : tout semblait conspirer pour que cette femme reste à jamais une inconnue.

C’est finalement la coopération internationale, via Interpol, et un simple moulage dentaire qui ont permis de refermer le dossier. Annabella Lovas n’est plus une inconnue. Elle est une femme de 32 ans qui a combattu le cancer, connu la célébrité, traversé l’Europe pour tenter de se reconstruire — et qui a fini seule, sans argent, dans une île où personne ne la cherchait vraiment.

Les circonstances exactes de sa mort n’ont pas encore été officiellement précisées par les autorités espagnoles. L’enquête devrait déterminer si des suites judiciaires sont nécessaires ou si le décès est lié aux conditions de vie dans la rue et aux intempéries.

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Moulage dentaire utilisé pour identification médico-légale

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