Ils volent un sous-marin jaune de 4 tonnes dans un club de plongée : l’annonce à 100 € sur Leboncoin les mène droit à Besançon
Un sous-marin jaune. Quatre tonnes d’acier. Disparu d’un club de plongée de l’Ain en pleine nuit, sans que personne n’entende rien.
Quelques jours plus tard, il refait surface. Pas dans l’océan, mais sur Leboncoin, avec une annonce à 100 euros. Oui, cent. Le prix d’un grille-pain d’occasion.
Résultat : une enquête express, une arrestation à Besançon et une histoire que les gendarmes ne sont pas près d’oublier.
Le cambriolage le plus lourd de la région
Voler un vélo, un portefeuille, même une voiture, c’est classique. Voler un sous-marin, c’est une autre histoire. Celui-ci est jaune vif, ce qui n’aide pas vraiment à la discrétion.
Il dormait tranquillement dans les locaux d’un club de plongée de l’Ain, dans l’Est de la France. Le matin, les adhérents découvrent l’emplacement vide. Le genre de moment où on se frotte les yeux deux fois.
Premier réflexe : se dire qu’il y a une erreur. Deuxième réflexe : se demander comment on déplace quatre tonnes sans que personne ne s’en aperçoive. Et surtout, où on cache un engin pareil.
La réponse arrive plus vite que prévu. Et elle n’est pas dans un hangar secret.
100 euros, vraiment ?

Quelques jours après le vol, une annonce apparaît sur Leboncoin. Photos à l’appui : un sous-marin jaune de quatre tonnes, proposé pour 100 euros. Pas 100 000. Cent.
Faites le calcul. Quatre tonnes pour cent euros, cela revient à 25 centimes le kilo. À ce tarif-là, même la ferraille se vend mieux. Le sous-marin part presque au prix du poids de l’acier, voire en dessous.
Pour les voleurs, l’objectif était sans doute de s’en débarrasser vite. Sauf qu’on ne passe pas inaperçu quand on vend un sous-marin. Et à ce prix-là, l’annonce a fait lever tous les sourcils d’un coup.
Et ce n’est pas le détail le plus absurde de l’affaire.
L’annonce qui a tout fait basculer
Des internautes repèrent l’annonce, reconnaissent l’engin et alertent. Il faut dire qu’un sous-marin jaune de cette taille, ça ne ressemble à rien d’autre sur le site.
Les enquêteurs n’ont plus qu’à tirer le fil. Un compte, un numéro, une localisation. L’annonce, censée faire disparaître le problème, devient la meilleure piste du dossier.
La suite mène droit à Besançon, dans le Doubs. C’est là que les gendarmes retrouvent la trace des suspects. Pas de course-poursuite spectaculaire, pas de planque de plusieurs semaines.
Juste une annonce en ligne, un sous-marin trop voyant et des voleurs qui ont sous-estimé une règle simple : on ne vend pas un objet de quatre tonnes comme on vide son grenier. D’autres histoires venues des profondeurs sont bien plus discrètes.
Besançon, terminus pour les voleurs

Les suspects sont interpellés à Besançon. Fin du voyage pour le sous-marin comme pour ses nouveaux « propriétaires ». L’engin est récupéré, direction le club de plongée.
On imagine la scène au moment des retrouvailles. Les plongeurs qui découvrent leur sous-marin intact, toujours aussi jaune, toujours aussi massif. Un mélange de soulagement et de fou rire, forcément.
Car l’histoire a de quoi faire sourire. Des voleurs qui trouvent le moyen de déplacer quatre tonnes, mais pas celui de se faire discrets. Un prix de vente qui ferait passer n’importe quelle brocante pour du luxe.
Reste une question que tout le monde se pose : comment ont-ils transporté ça ? On y arrive juste après.
Quatre tonnes, ça se déplace comment ?
C’est le point que les enquêteurs ont dû éclaircir. Un engin de cette masse ne se glisse pas dans un coffre de berline. Il faut du matériel, de la logistique, et au moins quelques bras costauds.
Autrement dit, le vol n’avait rien d’un coup de tête. Il demandait de la préparation, de quoi lever, tracter, charger. Tout ça pour finir avec un prix affiché à 100 euros.
Le contraste est presque cruel. D’un côté, un chantier digne d’un film de braquage. De l’autre, une annonce bradée comme un vieux canapé. Entre les deux, aucune stratégie visible, sauf celle de se faire repérer.
Pour les amateurs de bizarreries, les mystères enfouis sous terre ou sous l’eau offrent d’autres surprises.
Ce que cette histoire nous apprend

Leçon numéro un : Leboncoin n’est pas le meilleur endroit pour écouler un objet volé spectaculaire. La plateforme est surveillée, et ses utilisateurs ont l’œil. Un sous-marin jaune, ça se remarque.
Leçon numéro deux : plus l’objet est improbable, plus l’annonce attire l’attention. Un téléphone volé se fond dans la masse. Un sous-marin, lui, déclenche des dizaines de captures d’écran en quelques heures.
Leçon numéro trois : à 100 euros, tout le monde se méfie. Même les curieux les plus dociles ont fini par se dire que quelque chose clochait.
Le club de plongée, lui, retrouve son bien. Et une anecdote à raconter à chaque nouveau stagiaire. Si vous aimez les histoires qui n’ont aucun sens et pourtant bien réelles, cette île aux vertus étonnantes devrait vous plaire.