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Collège d’Aubagne : un autre mineur en garde à vue après la fusillade, un contact TikTok soupçonné

Publié par Cassandre Jolivet le 15 Oct 2026 à 11:19
Enseignant inquiet devant l'entrée d'un collège

Trois jours après les tirs qui ont blessé un principal et une enseignante à Aubagne, l’enquête vient de franchir un cap. Un autre mineur a été placé en garde à vue, interpellé loin de la ville. Les enquêteurs veulent savoir ce qui le relie au tireur présumé, et si une mouvance ultraviolente née sur les réseaux est derrière tout cela.

Un fusil de chasse dans un étui à guitare : ce que l’on sait des tirs

Tout commence par une scène qui paraît presque banale. Un collégien franchit l’entrée de son établissement avec un étui à guitare. Dedans, selon les informations rapportées par Franceinfo, il dissimule un fusil de chasse.

Il ouvre ensuite le feu à plusieurs reprises. Deux membres du personnel sont touchés : le principal et une enseignante. Le bilan aurait pu être bien plus lourd.

Car un membre de l’équipe éducative intervient. Il maîtrise l’adolescent et le désarme, ce qui met fin à l’attaque. Un geste décisif, dont on mesure mal le courage quand on n’était pas dans les couloirs ce jour-là.

L’état du chef d’établissement avait d’ailleurs fait l’objet d’une alerte dans les premières heures, comme nous le racontions dans notre article sur les premiers éléments de l’attaque d’Aubagne.

Placé en garde à vue, le jeune suspect a reconnu les faits. Mais il conteste avoir voulu tuer les personnes visées. Il affirme pourtant avoir préparé son geste depuis plusieurs mois, ce qui pèse lourd dans la suite de la procédure.

Reste une question que tout le monde se pose : avait-il parlé de son projet à quelqu’un ? C’est précisément là que l’enquête vient de rebondir.

Une enquête qui quitte Aubagne pour remonter vers le nord

Dans ce genre d’affaire, les enquêteurs ne s’arrêtent jamais au seul auteur des tirs. Ils examinent son téléphone, ses messages, ses contacts, ses abonnements. Ils cherchent qui savait quoi, et à quel moment.

Le suspect a livré sa propre version. Il parle d’une « volonté de vengeance » et évoque un harcèlement de la part d’enseignants et de camarades. Ces accusations n’ont pas, à ce stade, été corroborées par les investigations.

L’enquête a aussi mis au jour un autre élément. L’adolescent s’intéressait à la « True Crime Community », une mouvance en ligne fascinée par les auteurs de tueries de masse. Il a reconnu « avoir été influencé » par cet univers.

En revanche, il nie avoir agi en son nom. Une nuance que la justice devra examiner de près, car elle change la lecture de l’ensemble du dossier.

Ce type de dérive en ligne n’est pas propre à la France, comme le montre la fusillade devant un lycée en Turquie, où un élève avait ouvert le feu devant son établissement.

Et c’est dans ce contexte que les policiers ont fini par remonter une piste jusqu’au nord du pays. Selon Franceinfo, un autre mineur a été interpellé hier en fin de journée dans le nord de la France. Il est âgé de moins de quatorze ans, et il a été placé en garde à vue.

Que lui reproche-t-on, exactement ? La réponse tient en quelques mots, et elle n’a rien d’anodin.

Un lien présumé sur TikTok et l’ombre de la TCC

Selon Franceinfo, ce second mineur est « soupçonné d’avoir été en lien avec le collégien d’Aubagne via TikTok ». Les enquêteurs, toujours d’après nos confrères, vont maintenant chercher à savoir si lui aussi est influencé par la mouvance TCC, pour True Crime Community.

Autrement dit, la garde à vue ne vise pas, à ce stade, une participation établie aux tirs. Elle sert à comprendre la nature d’un échange numérique, et ce que ces deux adolescents ont pu se dire. Il est soupçonné, rien de plus pour l’instant : la présomption d’innocence s’applique pleinement.

La suite est plus lourde encore sur le plan judiciaire. Le parquet national antiterroriste a ouvert une information judiciaire pour « tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste » et pour association de malfaiteurs terroriste.

Le premier suspect a été mis en examen puis placé en détention provisoire mercredi soir, à l’issue de sa présentation à la justice. Une qualification terroriste appliquée à un collégien : c’est ce qui donne à l’affaire sa gravité hors norme.

Voilà donc la réponse au mystère de ce dossier : un contact sur TikTok, une mouvance fascinée par les tueurs, et une enquête antiterroriste qui s’élargit. Mais que peut-il se passer maintenant ?

Mains d'adolescent tenant un smartphone dans une chambre sombre

Ce que cette garde à vue peut changer pour l’enquête

D’abord, elle peut éclairer la question de la préparation. Le premier suspect dit avoir mûri son geste pendant des mois. Si un contact en ligne a existé, les enquêteurs voudront savoir ce qu’il connaissait du projet. La fusillade dans un lycée près de Bangkok rappelle que de tels drames posent partout les mêmes questions.

Ensuite, elle teste la thèse de l’influence. Le collégien d’Aubagne reconnaît avoir été influencé par la TCC, mais refuse d’avoir agi en son nom. Retrouver la même mouvance chez un autre adolescent renforcerait l’idée d’un réseau, sans pour autant prouver un lien criminel entre eux.

Rien n’est tranché, et c’est important de le dire. Un échange sur une application n’est pas une complicité. À ce jour, seuls des soupçons pèsent sur le second mineur, et aucune mise en examen n’a été évoquée dans la source.

Le démenti du suspect principal est lui aussi à retenir. Il admet les tirs, nie l’intention de tuer et conteste l’étiquette d’attaque revendiquée. Ces points seront au cœur du travail du juge d’instruction.

Quant au harcèlement dont il se dit victime, les investigations ne l’ont pas confirmé pour l’instant. Une donnée essentielle, car elle empêche d’expliquer l’acte par une seule cause.

Reste à voir ce que les téléphones et les échanges numériques vont révéler. C’est souvent là que se joue la suite de ce genre de dossier.

Pourquoi l’affaire est loin d’être close

La garde à vue du second mineur ouvre un nouveau chapitre. Elle peut déboucher sur une libération, une présentation à un juge ou un élargissement des investigations. Les prochains jours diront si la piste du nord de la France est solide.

Il y a aussi les victimes. Deux membres du personnel ont été blessés, et la communauté éducative a vécu un choc profond. Le rôle de la personne qui a désarmé l’adolescent, évitant un bilan potentiellement plus lourd, est salué dans le récit des faits.

Ce dossier pose enfin une question plus large : que savent les adultes de ce que les adolescents regardent en ligne ? Sur un sujet voisin, un accident d’autoroute en Irlande avait mis en cause une pratique liée aux réseaux sociaux.

Les établissements, eux, restent confrontés à des alertes de toutes natures. On l’a vu récemment quand un sachet de kétamine a circulé dans une école de Villejuif.

Ce qu’il faut surveiller : une éventuelle mise en examen du second mineur, les conclusions sur le rôle exact de la TCC, et la suite donnée par le parquet national antiterroriste.

Un contact TikTok, une mouvance obscure et une enquête antiterroriste : l’affaire d’Aubagne dépasse désormais les murs d’un collège. Et si l’enfance a besoin de repères, ces chiens de lecture qui redonnent confiance aux enfants racontent une tout autre histoire à voix haute. Autre question, plus terre à terre : cette règle de l’Éducation nationale que des millions de parents ignorent pourrait vous surprendre.

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