Canicule en mai : cette règle de l’Éducation nationale que des millions de parents ignorent sur l’école

Il fait 39 °C dehors, la salle de classe ressemble à un four et votre enfant rentre le soir avec un mal de tête carabiné. Normal : vous avez envie de le garder au frais à la maison. Sauf que l’Éducation nationale ne voit pas les choses comme vous. Et sa réponse risque d’en surprendre plus d’un. Voici ce que disent vraiment les textes, les exceptions possibles et le piège à éviter absolument.
Mai 2025 : un record de chaleur qui met les écoles sous pression
La France vient de vivre un épisode caniculaire inédit pour un mois de mai. L’indicateur thermique national a atteint 24,8 °C de moyenne, un record absolu pour la saison. Treize départements ont été placés en vigilance orange par Météo-France, et certaines villes ont affiché des valeurs dignes du cœur de l’été. À Brest, le thermomètre a grimpé jusqu’à 33,5 °C, un chiffre jamais vu à cette période depuis le siècle dernier.
Dans les écoles, la situation devient vite étouffante. Classes mal isolées, absence de climatisation, cours de récréation sans ombre : les conditions sont parfois intenables. Fatigue, difficultés de concentration, risques de coups de chaleur — les enseignants comme les enfants trinquent. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a prévenu que cette vague n’était sans doute que la première d’une série pour les mois à venir. De quoi alimenter une question brûlante chez les parents : peut-on légalement garder son enfant à la maison ?
L’Éducation nationale est formelle : aucun seuil de température ne ferme une école
La réponse est nette, et elle ne va pas plaire à tout le monde. En l’état actuel des textes, l’école reste obligatoire quel que soit le mercure extérieur. Il n’existe aucune température maximale officielle qui impose automatiquement la fermeture des établissements scolaires. L’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement le confirme noir sur blanc : aucun seuil n’a été fixé.
Concrètement, une absence décidée par les parents sans motif reconnu peut être considérée comme injustifiée. Le directeur d’école ne peut pas non plus fermer seul son établissement. Cette décision revient aux mairies, propriétaires des locaux, en coordination avec les préfectures. Autrement dit, même quand la situation semble critique, c’est la commune qui tranche, pas la famille. Et tant qu’aucun arrêté local n’est pris, votre enfant doit être en classe. Reste alors une question essentielle : que font concrètement les écoles pour protéger les élèves ?
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Des aménagements existent, mais le piège de l’absence injustifiée guette
Face aux épisodes climatiques extrêmes, certaines écoles adaptent tant bien que mal leur fonctionnement. Volets fermés en journée, activités déplacées à l’ombre, ventilateurs dans les salles quand le budget le permet, parfois même des horaires aménagés. Mais ces solutions dépendent entièrement des moyens de chaque commune. Toutes les écoles ne sont pas logées à la même enseigne.
Depuis le 1er juillet 2025, les employeurs publics — y compris dans les établissements scolaires — doivent intégrer les risques liés aux fortes chaleurs dans leurs documents de prévention. Accès à l’eau fraîche, attention aux personnels vulnérables, adaptation des espaces : la canicule est désormais un enjeu structurel. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a toutefois précisé que la situation actuelle ne relevait pas encore de l’urgence sanitaire. Le piège pour les parents : retirer son enfant sans attendre une décision officielle de la mairie ou de la préfecture expose à un signalement d’absence injustifiée.
En résumé, 38 °C dans la cour de récré ne change rien à l’obligation scolaire — seul un arrêté local peut vous donner raison. Avant de garder votre enfant à la maison, appelez la mairie plutôt que de décider seul. Et si cette canicule de mai n’est qu’un avant-goût de l’été, combien de temps les salles de classe pourront-elles encore tenir sans climatisation ?