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Gers : un dealer de 18 ans condamné à 16 mois de prison après avoir vendu du cannabis à des gendarmes sur Snapchat

Publié par Cassandre le 25 Sep 2026 à 17:51
Jeune homme au téléphone dans une voiture la nuit

Un compte Snapchat public, des photos de cannabis « de super qualité », un kilo annoncé à la vente. Derrière l’écran, un acheteur intéressé se fait appeler « John ». Sauf que ce client-là n’a jamais existé : il s’agissait des gendarmes du Gers, bien décidés à remonter jusqu’au vendeur. Ce jeudi 24 septembre, le piège s’est refermé devant le tribunal d’Auch.

Un compte Snapchat repéré par les gendarmes

Tout commence par une annonce en ligne, banale en apparence. Un jeune homme de 18 ans propose du cannabis sur son compte Snapchat, avec photos à l’appui et promesse de livraison dans le Gers. Ce genre de mise en scène numérique n’a rien d’exceptionnel : les réseaux sociaux trahissent régulièrement ceux qui pensent y être invisibles.

Les militaires repèrent le profil et engagent la conversation sous une fausse identité. Au fil des échanges, une transaction se dessine : 200 grammes de cannabis, un rendez-vous fixé au lundi 22 septembre, 16h30, sur un parking d’Ornézan. Le vendeur ignore encore qu’il négocie avec des enquêteurs.

Ce type de dossier illustre aussi la vigilance nécessaire face aux transactions en liquide et aux règles méconnues qui encadrent l’argent circulant hors des circuits classiques. À l’heure dite, une voiture arrive. Le couple est au complet : elle conduit, lui descend avec deux plaquettes de 100 grammes chacune.

L’interpellation et les aveux à la barre

La vente n’aura jamais lieu. Dès que le jeune homme s’avance vers celui qu’il croit être son acheteur, les gendarmes interviennent et interpellent le couple sur place. Dans le véhicule, ils découvrent 620 euros en espèces, environ trois grammes de cocaïne, deux balances de précision et du matériel de conditionnement.

Du cannabis est également retrouvé aux domiciles respectifs des deux prévenus. Un scénario qui rappelle que les pièges tendus en ligne visent aussi bien les escrocs que ceux qui pensent maîtriser leurs propres combines.

Devant la présidente, le jeune homme reconnaît avoir acheté les deux plaquettes 420 euros dans l’idée de les revendre 800. Il assure vouloir tenter un « gros coup » unique. « C’est tellement bête ce que j’ai fait », lâche-t-il, tandis que la magistrate évoque une « sacrée mise en scène » sur les réseaux sociaux.

Sa compagne, âgée de 20 ans, nie tout et affirme avoir simplement déposé son ami avant d’aller chercher son fils de 4 ans à l’école. Certains arrangements domestiques peuvent virer au terrain glissant quand des tiers cachent leurs activités à leurs proches.

Scène de contrôle avec balance et argent liquide

Deux ans requis, une peine finalement plus légère

Le parcours judiciaire du jeune homme aurait pu être bien plus lourd : le procureur a requis deux ans de prison, dont six mois avec sursis probatoire, contre lui, et dix-huit mois contre sa compagne. Il juge que la jeune femme « sait parfaitement » ce que transportait le véhicule.

La défense, elle, dénonce des réquisitions disproportionnées pour « des gamins de 20 et 18 ans » et réclame la relaxe de la compagne. Me Philippe Roseau plaide une peine aménageable avec bracelet électronique pour son client, évoquant les conditions de détention à la prison d’Agen, où onze détenus se partagent parfois une cellule prévue pour six.

Après 45 minutes de délibéré, le tribunal tranche : 16 mois de prison, dont huit avec sursis probatoire pendant deux ans, pour le jeune homme. Les huit mois ferme seront exécutés sous bracelet électronique, une issue bien plus clémente que ce que réclamait le parquet.

Sa compagne est relaxée pour une partie des faits mais reconnue coupable de complicité d’offre et de transport de stupéfiants. Elle écope de dix mois de prison, entièrement assortis d’un sursis probatoire. La procédure qui devait sanctionner un « gros coup » manqué se solde finalement par deux peines aménagées.

Un compte Snapchat, un faux acheteur, une seule livraison ratée : il n’en fallait pas plus pour mettre fin à l’aventure de ce dealer amateur. Reste une question qui plane sur ce genre d’affaires : combien d’autres petits vendeurs pensent encore, à tort, que les réseaux sociaux les protègent ?

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