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Cocaïne : Ce tunnel secret de 600 m entre la Californie et le Mexique cachait un système digne d’une mine industrielle

Publié par Cassandre le 06 Juin 2026 à 17:30
Tunnel souterrain renforcé avec rails et éclairage industriel

Six cents mètres sous la frontière américano-mexicaine. De l’électricité, de la ventilation, un monte-charge hydraulique et même un réseau de rails. Ce n’est pas le synopsis d’un épisode de série Netflix, mais la réalité d’un souterrain clandestin tout juste démantelé entre Tijuana et San Diego. Plus de 45 millions de dollars de cocaïne y auraient transité avant que les autorités ne referment le piège — et ce qu’elles ont trouvé à l’intérieur dépasse tout ce qui avait été documenté depuis trente ans.

99 tunnels depuis 1993 : pourquoi la frontière sud de la Californie reste un gruyère

Le narcotrafic souterrain entre les États-Unis et le Mexique n’a rien de nouveau. Depuis 1993, le ministère américain de la Justice a recensé pas moins de 99 passages clandestins dans le sud de la Californie. Des boyaux rudimentaires aux galeries bétonnées, les cartels ont sans cesse repoussé les limites de l’ingénierie pour contourner le mur frontalier qui sépare les deux pays.

Le dernier démantèlement d’envergure remontait à 2022. Trois ans de silence relatif — une éternité dans cette zone où chaque entrepôt du quartier d’Otay Mesa, à San Diego, peut dissimuler un accès vers le sous-sol. C’est précisément là, à quelques mètres du mur, que l’entrée américaine du nouveau tunnel a été localisée. Un tunnel clandestin découvert quelques années plus tôt dans le même secteur faisait déjà 300 mètres — celui-ci fait le double.

Mais la longueur ne dit pas tout. Ce qui a stupéfié les enquêteurs, c’est le degré de sophistication de l’ouvrage.

Monte-charge hydraulique, rails et ventilation : l’infrastructure qui a stupéfié les agents fédéraux

Creusé à près de 17 mètres de profondeur, le souterrain n’avait rien d’un boyau improvisé. Ses murs étaient renforcés, ses escaliers dotés de marches taillées entre des parois de pierre, et un système de rail permettait de faire transiter les cargaisons d’un bout à l’autre sans effort humain. L’accès se faisait via un monte-charge hydraulique — le genre d’équipement qu’on trouve habituellement dans un parking souterrain, pas dans un tunnel de contrebande.

L’enquête, menée entre décembre et mai, a permis la saisie de plus d’une tonne de cocaïne et l’arrestation de quatre trafiquants. Le procureur fédéral Adam Gordon n’a pas résisté à une punchline : « Pour ces prévenus, ce n’était pas la lumière au bout du tunnel. C’étaient des gyrophares et des sirènes. » Des vidéos diffusées par le ministère de la Justice montrent l’intérieur de la galerie — un ouvrage qui ressemble davantage à une mine qu’à un passage de fortune. Le crime organisé au Mexique ne recule devant aucun investissement quand les profits se comptent en dizaines de millions.

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La guerre contre la drogue menée par Washington vient de marquer un point. Justin de la Torre, chef de patrouille de la police aux frontières pour le secteur de San Diego, a qualifié l’opération de « coup significatif porté au cartel de Jalisco Nouvelle Génération » — l’une des organisations criminelles les plus violentes et les mieux structurées du Mexique, rivale directe du cartel de Sinaloa.

Le CJNG, comme on le désigne par ses initiales, est soupçonné d’avoir financé la construction du tunnel et supervisé le transit de la cocaïne. Avec un ouvrage aussi coûteux — électricité, ventilation, rail, monte-charge —, l’investissement initial se chiffre probablement en millions de dollars. Preuve que les marges du trafic restent suffisamment colossales pour justifier ce type d’infrastructure souterraine, même avec le risque d’un démantèlement.

Reste une question qui hante les enquêteurs : combien de tunnels de ce calibre fonctionnent encore, invisibles, sous les pieds des patrouilleurs ?

Six cents mètres de béton armé, de rails et de câbles électriques enfouis à 17 mètres sous la frontière : voilà ce que les cartels sont prêts à bâtir pour quelques tonnes de poudre blanche. Le centième tunnel californien sera-t-il le dernier ? L’histoire des trente dernières années suggère plutôt que le cent-unième est déjà en chantier quelque part entre Tijuana et San Diego.

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