Contrôlé à 1 h 45 sans permis ni assurance, il donne le nom de son frère… qui porte plainte contre lui

Une nuit d’octobre, un contrôle de police à Agen, et un conducteur qui croit avoir trouvé la parade : donner le nom de son frère. Le plan tient quelques minutes à peine. Puis tout s’effondre, et pas seulement à cause des policiers : le vrai coup de grâce est venu d’une personne qu’il n’avait visiblement pas vu venir.
Un contrôle de routine à 1 h 45 à la frontière d’Agen, et un nom qui sonne faux
Tout commence dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 octobre, vers 1 h 45. Les policiers décident d’arrêter un véhicule à la limite entre Agen et Colayrac-Saint-Cirq, dans le Lot-et-Garonne. Rien d’exceptionnel : à cette heure, ce type de vérification fait partie du quotidien des équipes de nuit.
Au volant, un homme d’une trentaine d’années. Il décline son identité, calmement. Du moins, c’est ce que pensent les fonctionnaires, selon le récit de La Dépêche.
Dans un contrôle, la parole du conducteur n’est que le point de départ. Les policiers recoupent, vérifient, comparent. Un nom donné à l’oral ne vaut pas une pièce d’identité, et les fichiers disponibles permettent souvent de repérer un détail qui cloche.
Pourquoi prendre le risque de mentir à des policiers, en pleine nuit, en donnant un nom qui n’est pas le sien ? Quand on prend l’identité de quelqu’un d’autre, c’est rarement par hasard : on a généralement quelque chose à cacher.
Le mensonge de ce conducteur n’est pas un cas isolé, comme le montre cet homme qui aurait multiplié les identités empruntées pour toucher des allocations. L’ampleur est sans commune mesure, mais la logique de départ est la même : se faire passer pour un autre.
Reste la question qui rend cette histoire savoureuse : quand les policiers ont-ils compris que le nom donné n’était pas le bon ?
Le nom donné n’est pas le sien : les policiers remontent jusqu’à son frère
Très vite, les policiers s’aperçoivent d’une incohérence. Le nom que le trentenaire vient de fournir n’est pas le sien. C’est celui de son frère.
Le procédé a quelque chose de presque désarmant. Choisir un proche plutôt qu’un inconnu paraît pratique : on connaît sa date de naissance, son adresse, on peut répondre sans hésiter. Sauf que les policiers ne se contentent pas d’une réponse bien rodée, et que le doute suffit à enclencher des vérifications plus poussées.
Les forces de l’ordre finissent donc par retrouver la véritable identité de l’automobiliste. À ce stade, il est déjà en difficulté. Mais ce qu’ils découvrent ensuite explique, sans doute, pourquoi il a tenté le tout pour le tout.
D’autres personnes ont tenté de fuir leur véritable identité face aux forces de l’ordre. Le frère d’Assa Traoré, interpellé à Dugny, a lui aussi cherché à échapper à un contrôle avant d’être rattrapé. Dans les deux cas, la manœuvre n’a pas suffi.
Les policiers consultent les informations en lien avec cet état civil. Et c’est là que la situation bascule : l’homme n’a ni permis de conduire, ni assurance. Voilà ce qu’il cherchait à dissimuler en donnant le nom de son frère.
Sans permis, sans assurance et sous une fausse identité : la garde à vue tombe
Pour comprendre la gravité, il faut regarder chaque élément séparément. Conduire sans permis est un délit. Rouler sans assurance en est un autre. Et donner une fausse identité à un agent est un troisième fait, que la justice traite sous la qualification d’usurpation d’identité.
L’homme est aussitôt placé en garde à vue, à la fois pour la conduite sans permis, l’absence d’assurance et l’usurpation d’identité. Trois faits, une seule nuit, et aucune échappatoire. La loi prévoit des sanctions spécifiques pour chacun, et la justice les apprécie au cas par cas.
C’est aussi une affaire qui rappelle que l’usurpation d’identité peut frapper n’importe qui, y compris dans le cercle familial. Certains cas médiatisés se terminent devant un tribunal, comme celui de ce couple condamné avec sursis dans une affaire d’usurpation d’identité visant Brigitte Macron. Ici, la victime n’a rien d’une célébrité : c’est un frère, ni plus ni moins.
Et c’est lui, justement, qui va donner à l’affaire sa tournure la plus inattendue.

Le frère, « probablement mécontent », dépose plainte
Une fois informé de la situation, le frère n’a pas eu la réaction qu’espérait peut-être le conducteur. Selon La Dépêche, il aurait été « probablement mécontent de l’apprendre ». Il a décidé de déposer plainte contre son propre frère pour usurpation d’identité.
Le détail compte : il ne s’agit plus seulement d’une infraction constatée par la police, mais d’une démarche volontaire de la personne dont le nom a été utilisé. Elle devient partie prenante de la procédure.
On peut comprendre cette réaction. Se retrouver associé, même brièvement, à une conduite sans permis ni assurance peut avoir des conséquences très concrètes pour la personne dont le nom a été donné. Porter plainte, c’est se désolidariser officiellement.
Le mis en cause devra donc s’expliquer sur ces faits devant le tribunal correctionnel d’Agen le 22 mars prochain. Il y est convoqué dans le cadre d’une convocation par officier de police judiciaire (COPJ). Ce dispositif permet de fixer une date d’audience sans attendre, sans passer par une détention.
Comme toujours, le prévenu bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce que la justice se prononce. La source ne fait état d’aucune déclaration de sa part. Sa défense ne s’exprimera qu’à l’audience.
Ce qui attend le conducteur d’ici le 22 mars
Entre la nuit du contrôle et l’audience, il reste plusieurs mois. La COPJ ne vaut pas condamnation : c’est une convocation officielle à comparaître. Le prévenu pourra présenter sa version, se faire assister, et le tribunal tranchera au regard des éléments du dossier.
La situation rappelle d’autres affaires de nuit où la fuite ou le mensonge ont aggravé les choses, comme celle de ce policier à moto percuté à Toulouse par un conducteur en fuite. Le cas d’Agen est bien moins grave, mais il prouve qu’un contrôle bien mené peut déjouer les stratégies les plus improvisées.
Reste l’aspect familial. Une plainte entre frères laisse rarement les relations intactes, et la source ne dit rien de ce qu’il en est aujourd’hui. Seule l’audience, ou les suites judiciaires, éclairera peut-être ce point.
Et il y a ces histoires où le coupable, lui aussi, finit très vite rattrapé par ses propres choix. Comme cet homme qui vole un camion nacelle et termine dans le mur d’un commissariat. Pour le conducteur d’Agen, le calendrier est désormais fixé : rendez-vous le 22 mars.
Moralité : donner le nom de son frère à la police, c’est le meilleur moyen de le faire changer de camp. Un mensonge qui dure quelques minutes, une plainte qui peut durer bien plus longtemps.
Si vous trouvez que mentir à la police est un choix osé, ce faux avocat qui a gagné tous ses procès pendant plus de trois ans a poussé le bluff bien plus loin. Et si l’usurpation vous fascine, cette femme de 37 ans adoptée en se faisant passer pour une enfant de 12 ans vous réserve une tout autre histoire.