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« Il se vidait de son sang » : 50 minutes à parler au pilote poignardé, le dentiste raconte le vol FZ1073

Publié par Cassandre le 03 Oct 2026 à 17:42
Passager au visage marqué dans une cabine d'avion

Un vol de retour de vacances, un couple installé en rangée 13, et soudain l’avion qui plonge. Dans la cabine, les cris, les enfants en pleurs, puis une phrase qui glace tout le monde. Un passager a alors couru vers le cockpit, et ce qu’il y a découvert, puis les 50 minutes qui ont suivi, il ne les oubliera jamais.

« J’ai d’abord cru à des turbulences » : les secondes où la cabine a basculé

Le 30 septembre, le vol FZ1073 de flydubai relie Dubaï à Tel Aviv. À bord, Shota Musayev, 47 ans, dentiste installé en Israël depuis 2007 et originaire de Géorgie. Il rentre de Chine avec son épouse Sigalit.

Il est assis en rangée 13 quand l’appareil s’enfonce brutalement. « J’ai senti une descente très forte », raconte-t-il à BILD. Le premier réflexe est celui de tous les passagers : il pense à des turbulences.

Mais l’ambiance change en quelques secondes. « Les gens criaient, des enfants pleuraient », se souvient-il. Puis une femme hurle : « Il a un couteau ! Il a un couteau ! »

Selon les premiers éléments rapportés, le pilote aurait été attaqué par son propre copilote. Une affaire déjà évoquée dans notre récit sur le pilote poignardé en plein vol entre Dubaï et Tel Aviv. Le suspect n’a, à ce stade, pas été jugé, et sa version n’apparaît pas dans le témoignage recueilli par BILD.

Autour de lui, beaucoup de passagers sont paralysés par la peur. Lui, non. Et ce qu’il fait à cet instant précis va décider du sort d’un homme.

Course vers le cockpit : cinq « héros » et un homme couvert de sang

« Quelque chose me disait que ce n’était pas une situation normale. Je ne pouvais pas rester assis », explique le dentiste. Il se lève et fonce vers l’avant de l’appareil.

Devant le cockpit, il découvre un homme qui saigne abondamment. C’est Smit Machchhari, le pilote indien de la machine. « Son visage et ses mains étaient couverts de sang », dit Musayev.

L’agresseur présumé, lui, a déjà été sorti du cockpit par un autre passager. Musayev ne tarit pas d’éloges : « Pour moi, cet homme est le vrai héros. Il a pris la bonne décision en une fraction de seconde. »

Avec l’aide d’autres voyageurs, l’homme est maîtrisé, puis attaché, les mains liées avec un câble. Parmi ceux qui ont lutté, BILD cite Yaniv Hayoun, ce passager devenu célèbre sur ce même vol, dont le t-shirt portait ensuite des traces de sang.

Pendant que les uns sécurisent l’agresseur présumé, Musayev se tourne vers le blessé. Allongé au sol devant les armoires de premiers secours, le pilote perd beaucoup de sang. « J’ai vu tout de suite qu’il se vidait de son sang », dit le médecin.

Commence alors un combat dont personne, dans la cabine, ne mesure encore la durée.

Cinquante minutes pour empêcher un pilote de sombrer

Trousse de secours ouverte devant la porte du cockpit

Pour comprendre ce qui se joue au sol de la cabine, il faut aussi comprendre ce qui se passe à l’arrière : un atterrissage qui s’annonce rude. C’est d’ailleurs pour ça que les hôtesses s’assoient sur leurs mains à l’atterrissage, un réflexe de sécurité que ce vol rappelle.

Le dentiste, lui, n’a pas le temps d’y penser. « Nous lui avons donné de l’oxygène. Des passagers nous ont tendu des morceaux de tissu, des vêtements. Avec tout ce qu’on trouvait, on essayait d’arrêter l’hémorragie. »

Il constate que le sang ne vient pas seulement du bras, mais aussi de la tête. « Il fallait agir tout de suite », dit-il.

Et c’est là que se trouve le cœur de son récit : « 45 à 50 minutes, je lui ai parlé sans interruption », afin qu’il ne perde pas connaissance. Presque une heure à maintenir un homme éveillé, au milieu de la cabine, pendant que l’avion continue sa route.

Le pilote murmure, lui aussi. Musayev ne comprendra que plus tard : « Il priait tout le temps. Il priait pour que l’avion atterrisse en sécurité et que les gens survivent. »

Pour le dentiste, la conclusion est claire : « Lui aussi est un héros. Même dans cette situation, il ne pensait pas à lui, mais aux passagers. » À l’avant, deux autres pilotes, présents à bord, prennent les commandes et posent l’appareil en Arabie saoudite.

Le récit ne s’arrête pas là : l’atterrissage lui-même a été d’une violence rare.

Un atterrissage « qui a tapé » et la certitude d’avoir frôlé le pire

Selon BILD, l’appareil a perdu plus de 5 000 mètres d’altitude en moins de deux minutes. Une chute dont le dentiste a gardé une trace : son téléphone a enregistré la descente grâce à une application.

« L’avion n’a pas simplement atterri, dit-il. Il a littéralement frappé le sol. » Dans la cabine, personne ne croit encore à son salut.

Même après l’arrêt, les passagers restent sous le choc. Ce n’est qu’en descendant de l’avion, en sentant le sol sous leurs pieds, qu’ils comprennent. « Je me suis dit : nous avons survécu. »

En se retournant, Musayev découvre l’état de l’appareil. « En voyant les dégâts, j’ai compris à quel point nous avions frôlé la catastrophe. » BILD résume l’épisode ainsi : cinq « héros » ont maîtrisé un agresseur dans le cockpit et sauvé 174 personnes.

Le dentiste y voit presque un signe : « Ce jour-là, notre mort n’était apparemment pas prévue. » Et le retour à Tel Aviv a eu lieu dans une ambiance toute particulière.

Ce que l’on retient, et ce qui reste encore flou

Le retour de Shota Musayev en Israël a été accueilli en héros. Son beau-père, Yuza Moshiashvili, l’attendait à l’arrivée et a filmé l’instant en direct sur Facebook. Le gouvernement israélien a aussi publié une photo du pilote blessé pour lui rendre hommage, selon BILD.

Reste une zone d’ombre : le mobile éventuel de l’agresseur présumé n’est pas détaillé dans ce témoignage. Les premiers éléments disent qu’il s’agirait du copilote, mais l’enquête devra établir les faits. Ce récit repose en outre sur la seule parole d’un passager, relayée par un seul média.

BILD a d’ailleurs reconnu une erreur dans sa première version : le titre avait annoncé un pilote russe et un copilote ukrainien, sans vérification suffisante. Le média s’est excusé et a corrigé l’information environ une heure plus tard. Un rappel utile : dans l’urgence d’un drame, les premières infos sont souvent fausses.

Les voyageurs vivent d’ailleurs une période où le ciel inquiète beaucoup. Entre les vols suspendus vers le Moyen-Orient et cet avion visé par des missiles qui a dû faire demi-tour, chaque récit à bord prend une résonance particulière.

Quant aux suites judiciaires de l’affaire du vol FZ1073, la source ne les précise pas : mieux vaut attendre les conclusions des enquêteurs.

Cinquante minutes de paroles pour garder un homme éveillé : voilà peut-être la plus belle arme de ce vol. Et si vous pensez que le danger ne vient que du ciel, cette bouteille glissée sous une roue cache une menace bien plus discrète. Quant à ce navire où six cas ont été confirmés et l’OMS accourt, son histoire vient à peine de commencer.

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