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Un XL Bully de 55 kg tue sa cousine de 19 ans : la propriétaire échappe à la prison

Publié par Cassandre le 05 Sep 2026 à 11:42
Femme anonyme le visage couvert devant un tribunal britannique

Un chien classé dangereux, un appartement à Bristol, une nuit qui vire au cauchemar. C’est le genre d’histoire qui donne des sueurs froides à tous les propriétaires de gros chiens. Sauf qu’ici, la victime avait tout juste 19 ans, et la propriétaire du chien était sa propre cousine. Le tribunal vient de rendre sa décision, et elle ne passe pas inaperçue.

Une nuit ordinaire qui bascule à Withywood

Morgan Dorsett, 19 ans, originaire de Shrewsbury dans le Shropshire, venait de s’installer chez sa cousine Kelcie Reed, 24 ans, à Bristol. Elle rêvait de découvrir la vie en grande ville. Elle n’y aura passé que quatre jours.

Le 26 février 2025, dans l’appartement de Cobhorn Drive, tout se déroule sans accroc jusqu’à ce que Morgan prenne de la cocaïne. Elle fait une crise, se met à hurler. C’est ce cri qui, selon l’accusation, déclenche l’attaque du chien de la maison : un XL Bully de 55 kilos nommé Prince. Ce type de comportement soudain chez un animal habituellement calme n’est pas isolé, comme le rappellent régulièrement les spécialistes du comportement canin.

Un voisin, alerté par les hurlements, sort de chez lui. Il entend une voix crier « Get down, get down, lie down », puis une femme hurler que sa cousine est morte. Les secours arrivent trop tard : Morgan Dorsett succombe à de multiples morsures, fractures et hématomes.

Prince, sédaté puis euthanasié sur place, appartenait à Kelcie Reed et son compagnon, avec un certificat d’exemption légal l’autorisant à condition d’être muselé et tenu en laisse à l’extérieur.

Aucune règle en revanche ne s’appliquait à l’intérieur du domicile — une faille que d’autres drames impliquant des animaux ont déjà mise en lumière.

Ce que révèle vraiment le verdict de Bristol

Devant la Bristol Crown Court, Kelcie Reed avait plaidé coupable d’avoir laissé un chien dangereusement hors de contrôle causer un décès. L’accusation a rappelé que Prince avait déjà tué un autre chien par le passé, un épisode jamais signalé à la police, et que Reed avait publiquement demandé des conseils de dressage sur Facebook. « Il était évident que ce chien avait la capacité de causer des dommages considérables », a affirmé le procureur Oliver Willmott.

La défense a rétorqué que Reed ignorait tout de cet incident passé, et que l’attaque avait été « un événement soudain et imprévisible », aggravé par l’état de Morgan après la prise de cocaïne.

Un scénario que la juge a d’ailleurs qualifié d’imprévisible, dans une affaire qui rappelle par sa brutalité certains dossiers judiciaires marquants, à l’image de l’affaire Émile ou de l’affaire Dupont de Ligonnès, où chaque détail technique pèse lourd dans la décision finale.

C’est là que le verdict surprend : la juge Anna Richardson a prononcé une peine de 18 semaines de prison, entièrement suspendue pendant 18 mois, assortie d’un suivi psychiatrique obligatoire de neuf mois. Reed a également reçu une interdiction de posséder un chien pendant 15 ans.

Laisse et muselière suspendues dans un couloir d'appartement

Pourquoi la justice a choisi la clémence

La violence de la scène décrite à l’audience n’a pourtant pas suffi à faire pencher la balance vers la prison ferme. La juge a listé six circonstances atténuantes : Reed est jeune mère, elle bénéficie de nombreux témoignages de bonne moralité, et elle a manifesté un remords sincère. Elle a elle-même tenté de protéger sa cousine pendant l’attaque, se blessant aux bras, avant d’appeler les secours dès que le chien a été maîtrisé.

« C’est une affaire absolument tragique pour la famille de Morgan Dorsett, et elle a eu un impact énorme sur vous aussi », a déclaré la juge Richardson, précisant que la peine « paraîtra sans doute totalement inadaptée » aux proches de la victime, tant le préjudice subi est immense. Reed a pleuré pendant la lecture des déclarations des victimes à l’audience.

La sœur de Morgan, Caelia Dorsett, 19 ans elle aussi, a raconté avoir perdu sa « meilleure amie ». Sa mère, Marie Smith, a évoqué sa créativité, ses collants volontairement déchirés pour se démarquer, son envie de vivre à Bristol après une petite ville du Shropshire. Des signes avant-coureurs qui, comme trop souvent, n’ont jamais été pris au sérieux avant qu’il ne soit trop tard.

Un chien classé dangereux, un certificat d’exemption qui ne couvrait pas l’intérieur du domicile, et une famille brisée : cette affaire relance le débat sur les failles de la réglementation britannique concernant les XL Bully. La question reste ouverte : combien d’autres foyers vivent aujourd’hui avec la même faille silencieuse ?

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