Mort d’un visiteur de 24 ans : le parc rouvre, et le tigre Altai ne sera pas euthanasié

Le Yorkshire Wildlife Park rouvre ses portes vendredi 16 octobre, enclos des tigres compris. Une semaine plus tôt, un visiteur de 24 ans, William Chapman, y a perdu la vie après être entré chez un tigre de Sibérie. Selon le Daily Mail, le félin ne sera pas euthanasié. Une experte du bien-être animal estime même que le vrai sujet est ailleurs.
Un parc de sortie en famille, un samedi qui a tout fait basculer
Le Yorkshire Wildlife Park Resort, près de Doncaster, est un endroit où l’on vient en famille, avec les enfants et le pique-nique. Samedi dernier, la journée a pris un tout autre tour. Selon le Daily Mail, William Chapman, 24 ans, est mort après avoir escaladé pour pénétrer dans l’enclos d’un tigre de Sibérie de 200 kg, prénommé Altai.
Le parc est resté fermé depuis. Les visiteurs avaient été évacués par le personnel le jour même, et l’établissement n’a pas rouvert dans la foulée. Sa direction annonce une réouverture vendredi, avec l’attraction Land of the Tiger.
Dans un communiqué, elle adresse ses pensées à la famille et aux proches du jeune homme. Elle assure que la sécurité des visiteurs, du personnel et des animaux reste sa priorité. Elle indique aussi proposer un accompagnement psychologique spécialisé aux personnes touchées.
Autre demande du parc : que les visiteurs se montrent « compréhensifs et respectueux » envers des équipes décrites comme éprouvées. Ce n’est pas anodin, car l’émotion autour de l’affaire dépasse largement les grilles du zoo.
Altai n’est d’ailleurs pas un pensionnaire ancien. Il a été amené au Yorkshire pour s’accoupler avec Tschuna, la seule autre tigresse du parc, une Sibérienne elle aussi. Les deux félins évoluent sur une réserve de deux acres, avec sous-bois et bassin à cascade. Que s’est-il passé dans les minutes qui ont précédé ? Les images prises par des témoins en disent long.
Des vidéos, cinq détonations et une intervention trop tardive
D’après le Daily Mail, une vidéo montre le jeune homme demandant à une visiteuse de le photographier, un tigre en arrière-plan. Altai, allongé à l’ombre d’un arbre, joue alors avec une branche tombée. Peu avant, William Chapman dansait sur la musique de son casque et faisait les cent pas sur la passerelle, selon des visiteurs qui le jugeaient « pas attaché à la réalité ».
Quelques minutes plus tard, il enjambe la rambarde. Une femme tente de le retenir et de le faire redescendre, mais, selon des témoins, elle « n’était pas assez forte ». Un dernier extrait diffusé sur Instagram le montre filmant Altai, au repos sur une plateforme en bois, puis s’en approchant lentement. On y entend sa respiration lourde et les « Oh my God » des spectateurs sous le choc.
Les soigneurs auraient fait « tout ce qu’ils pouvaient » pour éloigner l’animal, tirant cinq détonations sonores. Deux ambulances et un hélicoptère sont arrivés sur place à 13 h 35. William Chapman est mort sur les lieux. L’autopsie fait état, à titre provisoire, de « multiples traumatismes ».
Je ne détaillerai pas davantage ce qui a été filmé, d’autant que la famille supplie qu’on cesse de faire circuler ces images. Reste une question que tout le monde se pose : que va devenir l’animal ? La réponse est tombée, et elle est nette.
Le parc a confirmé qu’Altai ne sera pas euthanasié. Il le décrit comme « en sécurité et en bonne santé », et son bien-être demeure « une priorité » pour l’équipe soignante. Pour une spécialiste interrogée par le Daily Mail, c’est la décision logique. Son raisonnement vaut le détour, parce qu’il déplace la question.
Un autre cas, loin du Yorkshire, montre jusqu’où peut aller l’attrait pour les bêtes sauvages : un homme retrouvé dans un parc animalier avec un tournevis.

« Un accident exceptionnel » : ce que l’experte demande de changer, et ce qu’elle refuse
Chez les grands félins, les secrets méconnus du roi des animaux rappellent une évidence : ces animaux restent des prédateurs, même derrière une vitre ou une passerelle. Tasha Lewis, consultante en bien-être animal chez Living Things UK, a donné son analyse au Daily Mail. Elle juge « inutile » de retirer Altai du parc.
Pour elle, il s’agit d’un « accident exceptionnel ». Ce n’est pas, dit-elle, un comportement normal que de grimper dans un enclos abritant un animal dangereux. Elle refuse donc que le tigre paie pour cet événement.
Son message au zoo est ailleurs. Si un parc ouvre ses portes au public, il doit partir du principe que certains visiteurs peuvent avoir des fragilités psychiques et agir de façon dangereuse. L’enclos doit alors être « totalement étanche », dans les deux sens : pour que l’animal ne sorte pas, mais aussi pour que personne ne puisse entrer.
Elle ajoute qu’il faut prévoir des zones où le tigre peut se retirer, loin des regards. Et résume sa position en une phrase : rien ne doit changer, sinon l’accès. Si l’on peut franchir une cage ou un mur pour entrer, dit-elle, alors l’enclos n’est pas sûr.
Elle rapproche aussi l’affaire d’un précédent : en 2016, un gorille avait été abattu par des soigneurs après la chute d’un enfant de quatre ans dans son enclos. Le petit n’avait pas été blessé, et l’animal avait été tué. « Une histoire vraiment très triste », selon elle. Elle y voit la preuve que ce sont souvent les animaux qui payent. Mais l’affaire du Yorkshire ne se limite pas à la question du tigre.
Enquêtes, famille et polémique : pourquoi le dossier est loin d’être clos
Lors de l’ouverture de l’enquête judiciaire jeudi, la coroner a indiqué que William Chapman avait des antécédents psychiatriques, un diagnostic de schizophrénie et des épisodes de psychose. Il était suivi par les services de santé mentale de Doncaster, mais décrit comme « très autonome », sans besoin de prise en charge particulière. Sa famille a exprimé des inquiétudes sur son suivi avant sa mort.
Le Rotherham, Doncaster and South Humber NHS Foundation Trust a lancé une enquête. Le City of Doncaster Council, autorité de licence du zoo, mène une enquête sur la santé et la sécurité, et la police du South Yorkshire enquête aussi. L’audience complète est prévue le 18 mars prochain.
La famille a décrit « un jeune homme brillant, chaleureux et attachant ». Elle demande qu’on laisse la coroner établir le rôle éventuel de sa maladie et de son traitement. Elle espère surtout que les autorités comprendront pourquoi il a agi ainsi.
À cette douleur s’ajoute le déferlement en ligne. La famille dénonce la circulation de contenus « profondément choquants », ainsi que des moqueries de trolls. Selon le Daily Mail, Donald Trump, dont les discours sont souvent critiqués, a lui-même publié les images de l’attaque avec le message « Ne vous frottez jamais à la nature ! ». Il avait aussi partagé une vidéo générée par IA où on le voit lutter avec le tigre.
Downing Street a appelé à respecter l’avis de la famille, sans commenter les publications du président américain. Le maire du South Yorkshire, Oliver Coppard, a condamné ces actes avec une grande fermeté et demandé de ne pas relayer les contenus.
Sur le plan pratique, le parc devra aussi convaincre les familles de revenir, et prouver que ses barrières ont tenu leur rôle. C’est la même question de fond que se posent tous ceux qui s’inquiètent du sort des animaux captifs ou menacés, au-delà de ce seul zoo.
Au Yorkshire, un homme est mort, un tigre est épargné, et trois enquêtes cherchent encore à comprendre comment une sortie ordinaire a pu tourner ainsi. Et si les fausses informations vous intriguent autant que les vraies, cette marche de 14 cm censée bloquer un garage à Orléans pose une tout autre question. Ailleurs, le départ de Sonia Mabrouk vers BFMTV a déclenché une vague de réactions qu’on n’attendait pas.