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Ce fromage libanais a le goût du St Môret… mais avec deux fois moins de matières grasses

Publié par Claire le 13 Juin 2026 à 5:30
Bol de labneh garni d'huile d'olive et de zaatar

Chaque été, c’est le même réflexe : on troque le comté contre du fromage frais pour alléger ses tartines. Mais même le St Môret, le Philadelphia ou le Madame Loïk cachent 20 à 24 % de matières grasses. Un fromage venu du Levant offre pourtant une texture quasi identique, un goût proche… et un taux de gras divisé par deux. Voici pourquoi le labneh mérite de détrôner vos habitudes.

Madame Loïk, Philadelphia, St Môret : le piège des fromages frais « légers »

Torchon de yaourt égoutté au-dessus d'un saladier

L’été, les tartines de crudités et les wraps garnis de truite fumée deviennent la norme. Pour lier le tout, on mise sur un fromage frais. Sa texture aérienne donne l’illusion d’un produit diététique. C’est pourtant un piège nutritionnel que beaucoup ignorent.

Le Madame Loïk nature, malgré sa consistance fouettée, affiche 24 % de matières grasses. Son lait de base est naturellement riche en lipides, ce qui explique cette teneur élevée. Le Philadelphia, de son côté, tourne autour de 21 g de gras pour 100 g, compensé par de l’eau dans la recette.

Le St Môret s’en sort un peu mieux avec 20 % de matières grasses. C’est le plus léger des trois, mais on reste loin d’un aliment véritablement allégé. Ces produits industriels contiennent tous de la crème, parfois en quantité généreuse.

Le problème, c’est qu’on en tartine sans compter. Deux cuillères à soupe de Philadelphia sur un wrap, et on dépasse déjà 10 g de lipides sans y penser. Le fromage le plus sain n’est pas toujours celui qu’on croit. Existe-t-il une alternative qui garde le plaisir sans le gras ?

Le labneh : ce fromage libanais qui divise le gras par deux

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais le labneh est un pilier de la cuisine levantine. Originaire du Liban, de la Syrie et de la Jordanie, ce fromage frais se prépare depuis des siècles à partir de yaourt de chèvre ou de brebis, lentement égoutté pendant toute une nuit.

Le principe est d’une simplicité désarmante. On laisse le petit-lait s’échapper d’un lait fermenté — le laban — à travers un tissu. Le résultat : une pâte onctueuse, légèrement acidulée, dont la texture rappelle celle du St Môret. La saveur est un poil plus lactée, mais les amateurs de fromage frais s’y retrouvent immédiatement.

La vraie différence se joue dans les chiffres. Selon le lait utilisé, le taux de matières grasses du labneh oscille entre 8 % pour du lait de vache et 12 à 15 % pour du lait de brebis. Même dans le scénario le plus riche, on reste largement en dessous des 20 % du St Môret.

On trouve aujourd’hui du labneh au lait de vache dans certaines épiceries orientales et même en grande surface, disponible toute l’année. Mais la meilleure version reste celle qu’on prépare soi-même. Et justement, la recette tient en une seule étape.

La recette express : un yaourt, un torchon, une nuit

Pour remplacer définitivement votre pot de fromage frais industriel, il vous faut un yaourt grec, un torchon propre et un saladier. Rien d’autre. Déposez le yaourt au centre du torchon, refermez-le bien, puis suspendez-le au-dessus du saladier placé au réfrigérateur.

Pendant la nuit, le petit-lait s’écoule goutte à goutte. Au matin, vous récupérez une masse compacte, crémeuse, prête à être assaisonnée. Comptez environ 8 heures d’égouttage pour obtenir la bonne consistance — ferme sans être sèche.

La touche finale fait toute la différence. Les Libanais servent le labneh dans une assiette creuse, nappé d’un filet d’huile d’olive, saupoudré de zaatar, parsemé de pignons de pin grillés ou d’olives concassées. Certains y ajoutent de la menthe fraîche, d’autres un trait de citron.

Sur des tartines grillées, en dip avec des bâtonnets de concombre, ou glissé dans un wrap avec des légumes du soleil marinés, le labneh apporte une douceur acidulée qui s’accorde avec tout. Et comme il ne contient ni additif ni conservateur, c’est aussi l’un des fromages les plus propres que vous puissiez manger.

Avec seulement 8 à 15 % de matières grasses, le labneh prouve qu’on peut garder le plaisir du fromage frais sans le prix calorique. Un yaourt, une nuit de patience, et vos tartines d’été changent de catégorie. Reste une question : une fois qu’on y a goûté, qui revient vraiment au St Môret ?

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