Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. High-Tech

Elon Musk a fait des prévisions étonnantes pour 2036

Publié par Elodie le 07 Août 2026 à 15:54

Elon Musk n’a jamais eu peur des grandes annonces. Cette fois, le patron de Tesla promet que l’argent deviendra carrément inutile dans dix ans. Grâce aux robots humanoïdes et à l’intelligence artificielle, la nourriture, le logement et les transports seraient bientôt si abondants que payer n’aurait plus de sens. Sauf que plusieurs économistes viennent de pointer une faille qui pourrait tout faire capoter.

Elon Musk Blague

Une prédiction lâchée dans la Gigafactory du Texas

C’est dans son usine géante au Texas qu’Elon Musk a lâché sa bombe, fin juillet. Selon lui, l’intelligence artificielle dépassera « la somme de l’intelligence humaine » d’ici cinq ans. Et les robots feront le reste du travail.

« Vous voulez de l’argent pour la nourriture, le logement, le transport, le divertissement. Si tout ça devient abondant, pourquoi auriez-vous encore besoin d’argent ? », a-t-il demandé face à la presse. Une question qui sonne bien, mais qui ignore un détail : la technologie promise n’existe encore qu’à l’état de prototype.

Musk imagine même un revenu universel versé par les gouvernements pour accompagner la transition, qu’il qualifie lui-même de « chaotique ». Un aveu qui contraste avec le ton triomphant du reste de son discours. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que l’entrepreneur bouleverse un secteur entier avec des annonces à rallonge, comme on l’a vu récemment avec les hausses de prix chez Apple qui redessinent tout un marché.

Reste que Tesla affiche des résultats solides pour appuyer le pari : 480 126 véhicules livrés au deuxième trimestre 2026, un chiffre d’affaires en hausse de 25,5 % sur un an, et 1,48 million d’abonnements à la conduite autonome. Autant de preuves que Musk ne parle pas totalement dans le vide.

Optimus, le robot qui doit tout changer

Le cœur du pari, c’est Optimus, le robot humanoïde développé par Tesla. Musk affirme vouloir que 80 % de la valeur à long terme de son entreprise repose sur cette machine. Les premières lignes de production s’installent à Fremont, en Californie.

L’idée est simple sur le papier : si des robots produisent tout à coût quasi nul, la rareté disparaît. Et sans rareté, l’argent perd sa fonction première, celle de rationner l’accès aux ressources. C’est ce raisonnement qui a inspiré d’autres visions futuristes, un peu à la manière des débats autour de l’IA qui franchit des caps jugés impossibles il y a peu.

Mais sur le terrain, les faits contredisent l’enthousiasme. Le site de paris en ligne Polymarket n’accorde que 14,5 % de chances à Tesla de livrer réellement Optimus avant le 31 décembre. Un chiffre glaçant pour une prédiction censée se réaliser dans seulement dix ans.

Ce n’est pas non plus la première fois que Musk se trompe sur les délais. Il a déjà annoncé que le travail deviendrait « optionnel » dans dix à vingt ans, ou que les robots chirurgiens surpasseraient les humains en une décennie. Des promesses qui, pour l’instant, n’ont pas tenu.

La faille économique que Musk semble ignorer

Voici le point que plusieurs économistes reconnus soulignent avec insistance : rendre la production bon marché ne fait pas disparaître la rareté, elle se déplace. Les biens manufacturés deviennent accessibles, certes, mais l’immobilier de prestige, les biens de statut social et même l’attention humaine restent limités.

Autrement dit, tant qu’il existera des choses rares — un appartement bien situé, une œuvre unique, du temps disponible —, l’argent gardera son utilité pour départager qui y accède. L’économiste Tyler Cowen et le commentateur Noah Smith défendent tous deux cette thèse, largement partagée dans le milieu académique.

Les chiffres actuels ne collent pas non plus avec le scénario déflationniste imaginé par Musk. L’indice des prix à la consommation personnelle a grimpé à 130,27 en juin, et le chômage tourne autour de 4,2 %. On est loin d’un monde où le travail deviendrait superflu et les prix s’effondreraient.

Pour les investisseurs curieux malgré tout, plusieurs valeurs boursières suivent cette tendance robotique. Teradyne a bondi de 102 % depuis le début de l’année grâce à la demande liée à l’automatisation. L’ETF ROBO Global Robotics & Automation, qui regroupe plus de 80 entreprises du secteur, affiche pour sa part une progression de 21 %, avec Tesla ne représentant que 0,96 % de ses actifs. Une diversification qui évite de tout miser sur un seul pari, aussi audacieux soit-il.

Musk a souvent vu juste sur la direction, rarement sur le calendrier. Cette fois encore, la robotique avance vraiment, mais l’argent risque de rester indispensable bien après 2036. Vous, y croyez-vous ?

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *