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Il construit un ordinateur géant avec 460 tubes à vide vintage : 15 minutes pour démarrer

Publié par Elodie le 21 Sep 2026 à 9:36
Mur de tubes à vide vintage formant un ordinateur

On croit tout savoir sur l’informatique moderne, avec ses puces microscopiques et ses processeurs invisibles à l’œil nu. Et puis un passionné surgit avec un projet complètement fou. Il a fabriqué un ordinateur géant à partir de composants vieux de plus de 70 ans. Le résultat tient sur un mur entier, pèse 20 kilos, et met un quart d’heure à démarrer. Mais il fonctionne vraiment.

Un défi fou relevé avec des matériaux d’un autre siècle

Tout commence par une visite au célèbre site britannique de Bletchley Park, berceau historique de l’informatique. C’est là que Mike, un passionné anonyme, a une idée qui va occuper des mois de sa vie : et si, plutôt que de reproduire une machine ancienne, il inventait une architecture totalement inédite avec cette technologie d’époque ? Un pari qui rappelle d’autres défis technologiques improbables, comme ces projets scientifiques audacieux qui ont marqué leur époque.

Ce troisième ordinateur à lampes de sa collection personnelle porte un nom : The Tube Computer MK3. Pour le construire, Mike a récupéré 460 tubes à double triode 6N3P, sortis d’usines d’Europe de l’Est dans les années 1950 et 1960. Des pièces vintage qu’on croirait bonnes pour la casse, mais qui recèlent encore un potentiel insoupçonné, un peu comme ces vieux objets oubliés qui reprennent vie.

920 triodes pour recréer la logique d’un vrai processeur

Concrètement, ces 460 tubes renferment 920 triodes au total. Mike les a assemblées pour former des portes logiques NOR, la brique de base de tout circuit numérique. En combinant ces portes, il a fabriqué des registres, des compteurs, une horloge, une mémoire vive à tubes, et même une unité arithmétique (ALU) 8 bits.

La machine exécute un jeu de 16 instructions, avec six cycles de préparation avant chaque calcul. Rien à voir avec la fulgurance de nos smartphones actuels, dont les composants tiennent aujourd’hui dans des puces plus fines qu’un cheveu, à l’opposé de ces prouesses technologiques modernes qui misent tout sur la miniaturisation.

L’engin final impressionne par ses dimensions : 46 modules de dix tubes, reliés par cinq fonds de panier, répartis sur un panneau de 190 sur 130 centimètres. Vingt kilos suspendus au mur, comme un tableau industriel grandeur nature qui raconte une autre époque de l’ingénierie, quand chaque calcul demandait de l’espace et du temps. On est loin des standards actuels comparables à d’autres avancées technologiques récentes.

Mains ajustant le câblage d'un module électronique ancien

Quinze minutes de chauffe et une maintenance de tous les instants

Voici le détail qui change tout : avant même de lancer un calcul, Mike doit patienter quinze minutes pour que l’ensemble des tubes atteigne sa stabilité thermique. Un temps de préchauffage digne d’un four à pain plutôt que d’un ordinateur, un peu comme ces recettes ancestrales qui demandent patience et rigueur.

Une fois lancé, le registre de retenue de la machine permet d’utiliser l’instruction ADDC pour enchaîner des calculs sur 16, 32, 64, voire 128 bits. Mais la vitesse relève d’un autre temps : Mike lui-même plaisante en disant qu’un calcul sur 32 bits lui laisse le temps d’aller se préparer un thé.

L’entretien n’est pas non plus une formalité. Selon les modèles, un tube 6N3P était garanti pour 500, 1 500 ou 5 000 heures d’usage, et Mike travaille avec des pièces de récupération stockées depuis des décennies. Il planche désormais sur l’intégration d’un simulateur du dirigeable britannique R80, pour pousser encore plus loin les capacités de sa création singulière.

Face à nos puces modernes, ce mastodonte de tubes semble complètement dépassé. Et pourtant, il accomplit quelque chose que nos machines actuelles ne peuvent plus offrir : rendre visible ce qui se passe réellement dans un ordinateur. Une leçon d’humilité technologique qui vaut mille explications théoriques. Qui a dit que le progrès rimait forcément avec invisibilité ?

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