Cette tasse de café vendue 1 000 dollars à Dubaï : les 20 kilos achetés aux enchères ont coûté 604 000 dollars

Un expresso à 2,50 € au comptoir nous semble déjà cher certains matins. Imaginez maintenant poser 1 000 dollars sur la table pour une seule tasse. À Dubaï, un établissement a franchi ce cap vertigineux, record mondial certifié à l’appui. Derrière ce tarif délirant se cache une histoire d’enchères acharnées, de grains venus du Panama et d’un stock si limité qu’il ne permettra de servir que 400 tasses au total.
Un café panaméen acquis au terme de 13 heures d’enchères
L’établissement s’appelle le Julith, et il est installé à Dubaï. Son propriétaire, Serkan Sağsöz, ne s’est pas contenté de commander des grains chez un torréfacteur classique. Il a participé à une vente aux enchères internationale qui a duré treize heures.
Face à lui, des entreprises principalement asiatiques, habituées à remporter ce type de lots premium. Contre toute attente, c’est le Julith qui a décroché la mise. Le lot : vingt kilos d’un café nommé Nido 7 Geisha, cultivé au Panama et considéré comme l’un des crus les plus rares au monde.
Le prix de ces vingt kilos ? Exactement 604 000 dollars. Ramené à la tasse, le calcul donne le tournis. Selon les estimations du propriétaire, ce stock ne permettra de servir qu’environ 400 tasses avant épuisement total. Autrement dit, ce café a déjà une date de fin programmée.
Pour comprendre pourquoi le prix d’un café peut atteindre de tels sommets, il faut s’intéresser à ce qui se passe dans la tasse elle-même.
Des arômes de jasmin, bergamote et pêche servis en salle privée
Le Nido 7 Geisha n’est pas simplement un café onéreux. Sa méthode de filtration a été conçue pour conserver les arômes de la manière la plus fidèle possible au goût original du grain moulu. Le résultat, selon Serkan Sağsöz, est un profil gustatif hors norme.
« Il y a des notes florales blanches comme le jasmin, des saveurs d’agrumes comme l’orange et la bergamote, et un soupçon d’abricot et de pêche. C’est comme du miel, délicat et doux », détaille-t-il. Rien à voir, donc, avec le café que l’on boit machinalement chaque matin.
L’expérience ne s’arrête pas au breuvage. Le propriétaire a voulu offrir un cadre à la hauteur du tarif. Oubliez les salles bondées et les machines qui crachent de la vapeur. Ici, la dégustation se fait dans une salle privée, au calme absolu, pensée comme un rituel. « Nous avons senti que Dubaï était l’endroit idéal pour cet investissement », a confié le fondateur du Julith.
Avec ce concept, l’établissement n’a pas seulement frappé les esprits. Il a aussi bousculé les records officiels — et les réactions ne se sont pas fait attendre.

Un record Guinness qui laisse même les habitants de Dubaï sans voix
Comme le rapporte BFMTV, cette tasse à 1 000 dollars a officiellement fait son entrée dans le livre Guinness des records. Elle détrône le précédent record détenu par l’établissement Roasters, dont la tasse culminait à 680 dollars. L’écart n’est pas mince : près de 50 % de plus d’un seul coup.
Même dans une ville habituée au faste et aux additions vertigineuses, le projet a surpris. « C’est vraiment choquant, mais en même temps, c’est Dubaï », reconnaît Inès, une résidente interrogée sur place. Maëva, elle, nuance : « Pour les gens fortunés, c’est une expérience de plus, dont ils pourront se vanter. »
Le vrai paradoxe de ce café record tient dans sa rareté absolue. Vingt kilos, 400 tasses, pas une de plus. Quand le dernier grain de Nido 7 Geisha aura été moulu, le Julith devra trouver un nouveau lot — ou accepter que son record soit éphémère. À ce prix, chaque gorgée est littéralement un placement à perte.
Une tasse à 1 000 dollars, un stock compté sur les doigts de 400 mains, et un record mondial certifié : le Julith a transformé le simple geste de boire un café en objet de collection éphémère. Reste une question : à Dubaï ou ailleurs, existe-t-il vraiment un grain qui justifie un tel prix, ou paie-t-on surtout le privilège de dire qu’on l’a bu ?