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Jusqu’à +46 % : cet aliment du quotidien coûte désormais beaucoup plus cher

Publié par Killian Ravon le 24 Fév 2026 à 19:30

Cette graine ressemble à ces achats “automatiques” qu’on ne questionne presque jamais. On le met dans le panier, on passe en caisse, et la routine continue. Sauf qu’en 2025, beaucoup de consommateurs ont eu le même réflexe : relire le ticket et se demander si ce n’était pas une erreur.

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Prix du café en hausse : étiquette à 31,00 €/kg devant des grains de café en rayon.
En magasin, le café s’affiche à des niveaux de prix qui pèsent de plus en plus sur le budget des ménages.

Car l’inflation, globalement, s’est calmée. En janvier 2026, l’Insee indique même un recul de 0,3% sur un mois, et une hausse limitée à 0,3% sur un an. Pourtant, dans l’alimentation, la note reste plus haute (+1,9% sur un an), et le café fait partie des produits qui s’éloignent nettement de la moyenne.

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Les grains de café, une matière première redevenue très volatile sur les marchés. Crédit : freestock.ca.
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Un produit du quotidien qui décroche de l’inflation “moyenne”

Le contraste est frappant : l’énergie recule sur un an, les produits manufacturés aussi, et les services ralentissent. Dans ce paysage plutôt apaisé, l’alimentation continue de grimper, et certains produits s’emballent au point de devenir des “exceptions” dans la statistique. Le café est précisément dans ce cas. L’UFC-Que Choisir raconte une hausse rapide et très visible dans les rayons, alors même que l’inflation alimentaire, sur la période observée, ne flambait pas au même rythme. Ce n’est pas seulement une impression de caisse : l’association a mesuré une progression moyenne de plus de 18% en un an sur un panel de références vendues en drive.

Derrière ce chiffre, il y a un détail qui change tout : selon les conditionnements, la hausse ne se vit pas pareil. Le kilo, lui, donne une idée plus nette de ce qui se passe, parce qu’il évite l’illusion des formats et des promotions. C’est aussi là que le café commence à ressembler, non plus à une habitude, mais à un “poste de dépense”.

Au comptoir comme à la maison, la hausse finit par se ressentir sur les habitudes. Crédit : Vee Satayamas.
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L’enquête UFC-Que Choisir : +18% en un an, et un cas à +46%

Pour objectiver la hausse, l’UFC-Que Choisir a relevé les prix en ligne de 52 références (grain, moulu, dosettes, capsules) sur les drives des principales enseignes, avec un relevé daté au 20 novembre. Résultat : en un an, la hausse moyenne dépasse 18%, et elle est encore plus marquée si l’on remonte sur deux ans. L’association souligne surtout un point contre-intuitif : les cafés en grain ou moulus, souvent moins chers au départ, sont aussi ceux qui augmentent le plus, avec une hausse annoncée autour de +26%.

Autrement dit, “revenir au basique” ne suffit pas toujours à amortir le choc. Et quand on compare les formats, la différence au kilo reste spectaculaire, ce qui rend l’addition plus concrète à chaque réassort. Un exemple cristallise la discussion : certaines références montent bien plus vite que la moyenne. Selon les chiffres repris dans la presse à partir de l’étude, un café moulu précis (Carte Noire pur arabica, 250 g) passe d’environ 4,12 euros à 6,03 euros sur un an, soit +46%. Ce n’est pas “le prix du café” en général, mais c’est un signal : quand la matière première se tend, les hausses peuvent être très inégales selon les marques, les gammes et les stratégies commerciales.

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Pourquoi le café augmente autant : climat, marchés, tensions sur l’offre

On pourrait croire que le café grimpe “comme tout le reste”. En réalité, il obéit à une mécanique plus mondiale, plus volatile, et souvent plus brutale. Dès que l’offre se fragilise dans les pays producteurs, les cours réagissent vite, et la hausse finit par se retrouver dans le paquet. Le climat est devenu un facteur central, parce qu’il touche la récolte avant même la torréfaction. Plusieurs analyses récentes insistent sur l’augmentation des journées de chaleur “néfastes” dans les pays du café, en particulier chez les plus gros producteurs.

À cela s’ajoutent les aléas propres au Brésil, pays-clé pour l’arabica. TF1 évoquait fin 2025 une succession de récoltes compliquées et une tension durable sur la production. Le Monde, de son côté, citait aussi l’enchaînement d’aléas climatiques et le rôle de la spéculation dans la flambée des cours. Enfin, il y a le “thermomètre” des marchés à terme : quand le prix de référence grimpe ou devient très erratique, la chaîne entière s’adapte. Même si tous les épisodes ne se traduisent pas immédiatement dans les supermarchés, le mouvement de fond est clair.

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Arabica, robusta : deux cafés, deux vulnérabilités

La hausse ne se résume pas à une variété, mais la différence compte. L’arabica, très présent dans les cafés “premium”, est réputé plus fragile à certains stress climatiques. Le robusta, lui, a longtemps été le “plan B” plus abordable, mais son marché s’est aussi tendu à mesure que la demande mondiale progresse. Reuters expliquait ainsi que, dans certaines régions brésiliennes historiquement 100% arabica, des producteurs testent des variétés de conilon (robusta) jugées plus résilientes face à la chaleur. Ce genre de bascule raconte une chose : le café change, parce que le climat change. Et quand les équilibres agricoles bougent, les prix bougent avec eux.

Capsules, dosettes, grain : les formats n’absorbent pas la hausse de la même manière. Crédit : Jiří Sedláček.

Grain, moulu, capsule : pourquoi votre format compte dans l’addition

Le consommateur le voit en magasin, que ce soit chez des enseignes comme Lidl ou E.Leclerc : tout augmente, mais pas au même rythme. L’UFC-Que Choisir insiste sur le fait que les cafés en grain ou moulus sont particulièrement exposés, car le coût du café “pur” pèse davantage dans le prix final. À l’inverse, les capsules et dosettes intègrent plus de coûts “annexes” (packaging, marketing, distribution), ce qui peut parfois lisser temporairement la variation de la matière première.

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Cela ne veut pas dire que les formats individuels “protègent” du choc, ni qu’ils sont soudain une bonne affaire. Le prix au kilo y reste très élevé, et le consommateur paie aussi un confort d’usage. Mais en période de tension sur les cours, la répercussion peut prendre des chemins différents, selon les contrats d’achat, les stocks, et la stratégie commerciale. Au final, ce qui change surtout, c’est le rapport psychologique au café. Il n’est plus totalement invisible dans le budget. On compare davantage, on change de gamme, on attend une promo, ou on espace les achats… comme on le ferait pour un produit qu’on considère presque comme un “plaisir”.

La production mondiale dépend de régions agricoles sensibles aux chocs climatiques. Crédit : Auteur non précisé.

Le café, symptôme d’un quotidien plus exposé aux chocs mondiaux

Ce que raconte la hausse du prix du café, ce n’est pas seulement une boisson. C’est la fragilité d’un produit très mondialisé, dépendant d’un petit nombre de régions agricoles, et exposé à des événements climatiques plus fréquents. Quand la chaîne est longue, la moindre secousse se propage. En France, ce phénomène ressort d’autant plus que l’inflation globale ralentit. Dans un contexte où certains postes baissent, voir un produit du quotidien grimper nettement crée un effet de loupe. Et ce décalage nourrit une impression simple : “tout n’a pas ralenti pareil”. On comprend aussi pourquoi les débats sur le pouvoir d’achat reviennent en vagues. Le panier ne se vit pas en moyenne, il se vit en produits concrets, et le café fait partie de ceux qui reviennent sans cesse.

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Un contexte d’ensemble qui explique l’augmentation

Le prix du café n’a pas explosé “par magie”, ni parce que les consommateurs auraient soudain changé. Une partie de l’explication se joue loin des rayons : météo, rendements, marchés mondiaux, arbitrages industriels.

Et quand l’ensemble se tend, certaines références finissent par afficher des hausses très visibles, jusqu’à +46% dans un cas cité par l’UFC-Que Choisir. Ce café qui paraissait banal devient alors un petit marqueur du quotidien : on le garde, mais on le regarde. Il reste indispensable pour beaucoup, sauf qu’il s’invite désormais dans les choix budgétaires, comme un produit qu’on pensait acquis. Et c’est peut-être ça, le vrai changement.

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