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Grande distribution : l’enseigne vraiment la moins chère selon les comparaisons de prix

Publié par Killian Ravon le 19 Fév 2026 à 19:00

Chaque enseigne de supermarché le martèle : « chez nous, c’est moins cher ». Et dans une période où le budget courses reste une obsession, le slogan finit par ressembler à une promesse quasi politique. Pourtant, derrière les affiches, les pubs comparatives et les paniers “type”, la vérité des prix se joue sur des détails très concrets : le périmètre comparé, les produits retenus, et même… votre supermarché habituel.

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Comparaison des prix en grande distribution : quatre chariots alignés dans une allée de supermarché, sous une pancarte « prix bas ».
Dans la grande distribution, les enseignes se disputent l’image du “moins cher”, mais tout dépend du panier comparé et de la méthode.

Derrière les palmarès, il y a surtout une question simple : parle-t-on des mêmes produits, au même endroit, au même moment ? Les réponses ne sont pas toujours confortables, mais elles permettent enfin de comprendre pourquoi les gagnants changent selon les classements. Et pourquoi une enseigne la moins chère “en France” ne l’est pas forcément pour votre caddie.

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Devanture d’un hypermarché E.Leclerc, une enseigne régulièrement en tête des palmarès sur les prix drive. Crédit : TCY.
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Pourquoi les enseignes ne comparent jamais exactement la même chose

La guerre des prix en grande distribution repose sur un paradoxe. Tout le monde veut être “le moins cher”, mais personne ne vend exactement le même magasin, le même assortiment, ni le même niveau de service. Un hypermarché avec drive, des milliers de références et beaucoup de grandes marques n’a pas le même fonctionnement qu’un discounter qui mise sur ses marques propres et un choix plus restreint.

C’est pour ça que les comparaisons sérieuses commencent presque toujours par une règle : ne retenir que des produits strictement comparables. Dit autrement, si l’on compare une lessive de marque X, il faut que la même référence existe partout, avec le même format. Dès qu’on sort de ce cadre, le match devient plus flou… et donc plus facile à “gagner” en communication.

Autre point qui pèse lourd : le terrain. Les prix varient énormément selon les zones, la concurrence locale, la taille du magasin et la stratégie du point de vente. Une enseigne peut être globalement bien placée au national, tout en étant moins agressive dans certaines villes.

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Carrefour reste un repère fréquent dans les comparaisons, mais le classement dépend du panier et du périmètre étudié. Crédit : Benjism89.

Le match “drive” : l’avantage structurel de Leclerc

Pour établir des palmarès à grande échelle, beaucoup d’analyses s’appuient sur les prix en ligne des drives. C’est logique : ces tarifs sont accessibles, relevables en masse, et comparables sur de très nombreuses références. Le 20 heures de France 2, dans votre extrait, explique d’ailleurs avoir travaillé sur un mois de prix et des milliers de références.

Dans ce type de classement, E.Leclerc ressort très régulièrement en tête. L’UFC-Que Choisir, qui publie un palmarès mensuel sur la base de milliers de drives, place encore Leclerc parmi les mieux positionnés sur la période récente. De son côté, l’indice DISTRI PRIX (construit à partir de données A3 Distrib et relayé par Olivier Dauvers) confirme aussi la solidité de Leclerc sur cet angle “drive”, avec des écarts qui se jouent parfois à quelques points mais restent récurrents dans le temps.

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Ce n’est pas qu’une affaire de “bons plans” ponctuels. Leclerc joue une stratégie de prix bas très ancrée, et sa communication appuie fort sur ce registre, au point de provoquer des critiques chez certains concurrents, y compris sur la publicité comparative.

Intermarché figure régulièrement dans le haut des comparatifs, surtout sur certains formats et zones. Crédit : Lethiernois.

Hyper U et Intermarché : souvent au contact, pas toujours au même endroit

Juste derrière, on retrouve fréquemment Système U (notamment la partie hyper) et Intermarché, comme dans le palmarès évoqué dans votre texte. Ces deux enseignes ont un profil intéressant : elles peuvent être très compétitives, mais avec une variabilité locale marquée. L’intensité de la concurrence autour du magasin et la politique du point de vente jouent beaucoup.

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Sur la période fin 2025 – début 2026, certains indicateurs de marché montrent d’ailleurs des dynamiques différentes selon les enseignes, ce qui illustre bien que l’“image prix” se construit autant par la réalité que par le ressenti et la fréquentation.

Il faut aussi rappeler un point : selon que l’on observe des hypers, des supermarchés, ou des formats de proximité, le classement peut bouger. Les magasins urbains et les petites surfaces coûtent souvent plus cher à exploiter, et les prix ont tendance à suivre.

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Lidl : absent de certains palmarès… mais pas forcément hors-jeu

La question Lidl revient toujours, parce que l’enseigne a une image “petits prix” très forte. Sauf que dans les palmarès basés sur le drive, Lidl disparaît souvent pour une raison simple : l’absence de drive comparable et une faible part de grandes marques strictement identiques à celles des hypermarchés classiques. C’est exactement ce que pointe le fait que Monoprix cède des magasins à Lidl dans certains secteurs urbains.

Cela ne veut pas dire que Lidl n’est pas compétitif. Au contraire : l’UFC-Que Choisir rappelle que, sur des comparaisons spécifiques au hard-discount, Lidl peut sortir très bien placé. Mais on compare alors un panier construit autrement, plus centré sur les marques de distributeur et des équivalents internes, ce qui change la nature du match.

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En clair, Lidl peut être redoutable sur les produits frais, certaines gammes du quotidien et sa marque propre, tout en étant moins “comparable” sur un panier 100% grandes marques. C’est une nuance importante, parce que beaucoup de consommateurs mélangent les deux sans s’en rendre compte.

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Lidl est parfois absent des palmarès “drive”, mais peut être très compétitif selon les gammes comparées. Crédit : Donald Trung.

Publicité comparative : quand “moins cher” dépend du panier choisi

Le point le plus sensible, c’est la publicité comparative. Dans votre extrait, France 2 décrit une méthode où Lidl compare un nombre limité de produits selon les concurrents, avec des paniers qui ne sont pas strictement identiques d’une enseigne à l’autre. C’est le cas par exemple avec le pot de Nutella, dont le grammage peut varier.

Le résultat est légal si la comparaison respecte certaines règles, mais l’impact sur l’image est évident : le public retient “Lidl moins cher”, pas la méthodologie. Sur ce terrain, les enseignes savent que la majorité des gens ne va pas vérifier. Les formats de pub s’appuient donc sur des paniers “parlants”, parfois spectaculaires, qui donnent un sentiment d’économie immédiate.

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La réglementation encadre la publicité comparative, mais elle laisse aussi une marge tant que les informations sont vérifiables et que la comparaison n’induit pas le consommateur en erreur. Ce mécanisme explique pourquoi deux discours peuvent être vrais en même temps. Leclerc peut être numéro 1 sur un relevé massif de grandes marques en drive, tandis que Lidl peut afficher un panier “moins cher” construit autour de ses forces.

La guerre des prix se joue sur le panier réel, pas seulement sur les slogans. Crédit : Benoît Prieur.

Enseigne la moins chère : la question à se poser avant de trancher

Le piège, c’est de chercher un gagnant unique. La meilleure question n’est pas “quelle enseigne est la moins chère en France ?”, mais “sur mon panier, près de chez moi, qui est le mieux placé ?”.

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Un foyer qui achète beaucoup de marques nationales (lessive, couches, céréales) aura souvent intérêt à regarder les classements drive des hypers, où Leclerc ressort très fort. On y trouve même des articles du quotidien comme des pastilles de lave-vaisselle à prix défiant toute concurrence. À l’inverse, une personne qui cuisine beaucoup, privilégie les produits frais et accepte majoritairement les marques propres peut trouver son compte chez Lidl, parfois avec un avantage réel.

Autre variable souvent sous-estimée : la promo. Une enseigne peut être “un peu plus chère” en prix fond de rayon, mais compenser par des mécaniques promotionnelles plus agressives sur certaines périodes. Là encore, si l’on ne regarde qu’un mois ou qu’un seul indicateur, on peut rater l’équilibre global.

Pour rester concret, l’approche la plus fiable consiste à comparer sur quelques semaines, avec votre panier “réel”. Les drives facilitent l’exercice : même sans commander en ligne, on peut simuler un panier identique sur plusieurs sites, puis regarder l’écart. Ensuite, il faut accepter une idée frustrante : le “moins cher” n’est pas toujours celui qui a la meilleure réputation.

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Un podium, oui… une vérité unique, non

Si l’on s’en tient aux comparaisons massives basées sur le drive et les grandes marques, Leclerc apparaît très régulièrement comme l’enseigne la plus agressive sur les prix, avec Hyper U et Intermarché souvent dans le sillage. Lidl, lui, sort du cadre de certains classements, mais reste un concurrent sérieux dès qu’on change de panier et qu’on regarde les marques propres.

Au fond, la vérité des prix ressemble moins à une médaille unique qu’à une carte : tout dépend d’où vous habitez, de ce que vous achetez, et de la part de “marques” dans votre caddie. Les enseignes le savent, et c’est précisément pour ça que la bataille continuera… surtout dans les pubs.

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