Ce chirurgien du NHS s’est volontairement amputé des deux jambes pour assouvir un fantasme… puis a empoché 466 000 £

Un chirurgien vasculaire respecté, en poste dans un grand hôpital britannique. Deux jambes amputées sous le genou. Et une histoire officielle — une septicémie contractée en camping — qui tenait debout. Sauf que la vérité, elle, est à peine croyable. Le Dr Neil Hopper s’est lui-même infligé ces amputations pour réaliser un fantasme sexuel. Puis il a encaissé près d’un demi-million de livres d’indemnités. Retour sur l’une des affaires médicales les plus sidérantes du Royaume-Uni.
Neil Hopper, chirurgien modèle au Royal Cornwall Hospital
Avant que tout bascule, Neil Hopper avait le profil parfait. Chirurgien vasculaire consultant au Royal Cornwall Hospital de Truro, il exerçait depuis 2013. Ironie glaçante : sa spécialité incluait la pratique d’amputations sur ses propres patients. Personne, ni ses collègues ni sa hiérarchie, ne soupçonnait quoi que ce soit.
En avril 2019, les secours le trouvent chez lui avec des blessures graves aux pieds et aux jambes. Son explication ? Une septicémie fulgurante après un séjour en camping en famille. L’hôpital procède aux amputations sous le genou. Le récit est limpide, la compassion unanime. Hopper passe même à la télévision nationale pour raconter son calvaire — regardant les présentateurs droit dans les yeux en mentant sur chaque détail.
Mais derrière la façade du patient courageux, une tout autre mécanique était à l’œuvre.
Glace sèche, site clandestin et 466 000 £ de fraude à l’assurance
La réalité est sortie lors d’une enquête sur un site illégal baptisé « The Eunuch Maker ». Ce portail, géré par un certain Marius Gustavson, vendait des vidéos de mutilations volontaires — castrations, ablations de pénis, modifications corporelles extrêmes — pratiquées sur des clients payants, dont certains n’avaient que 16 ans. Six hommes ont été condamnés, Gustavson écopant de la perpétuité avec un minimum de 22 ans de prison.
Les enquêteurs découvrent alors plus de 5 000 messages échangés entre Hopper et Gustavson. Le chirurgien y détaille son projet : se geler les jambes à la glace sèche pour provoquer des lésions irréversibles nécessitant une amputation. Un achat PayPal le trahit : 20 kg de glace sèche commandés en ligne le 14 avril 2019, trois jours avant l’appel aux secours. Gustavson lui avait même fourni des conseils techniques sur la méthode.
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Une fois amputé, Hopper réclame des indemnités à deux assureurs — Avia et Old Mutual Wealth — en invoquant la septicémie fictive. Total encaissé : 466 653,81 £. Près d’un demi-million de livres sterling pour une mutilation volontaire maquillée en accident.

Radié du registre médical, Hopper reste derrière les barreaux
Toujours incarcéré, Neil Hopper vient d’être frappé par la sanction ultime pour un médecin britannique. Le General Medical Council (GMC) l’a radié avec effet immédiat. Le tribunal disciplinaire a estimé qu’il « représente un risque pour la sécurité des patients » et que cette radiation était nécessaire pour « maintenir la confiance du public dans la profession médicale ».
Détail révélateur : Hopper n’a formulé aucune objection depuis sa cellule. Sa licence est suspendue dès aujourd’hui, et la radiation définitive prendra effet sous 28 jours, sauf appel. L’année dernière, il avait plaidé coupable de deux chefs de fraude et de trois chefs de détention d’images pornographiques extrêmes.
Le Royal Cornwall Hospitals NHS Trust avait précisé qu’aucun risque pour les patients n’avait été identifié durant ses années d’exercice. Maigre consolation quand on mesure l’ampleur de la dissimulation. Un chirurgien qui pratiquait des amputations le jour et fantasmait sur les siennes la nuit — pendant des années, sans que personne ne voie rien.
Un chirurgien, deux jambes sacrifiées sur l’autel d’un fétichisme, un demi-million volé, et une profession entière éclaboussée. L’affaire Hopper restera comme l’un des cas les plus dérangeants de l’histoire médicale britannique. Et elle pose une question qui met mal à l’aise : combien de temps un mensonge bien construit peut-il tenir quand celui qui ment est aussi celui en qui tout le monde a confiance ?