GP du Canada : une marmotte traverse la piste en pleine F1, Alex Albon l’écrase et finit dans le mur


On a vu des drapeaux rouges pour des débris, de la pluie, des crashs spectaculaires. Mais pour une marmotte ? C’est la scène surréaliste qui s’est jouée vendredi sur le circuit Gilles-Villeneuve de Montréal. Le pilote Alex Albon roulait tranquillement lors des essais libres quand un petit rongeur a décidé de traverser la piste. Résultat : un animal mort, une monoplace détruite et une séance interrompue. Voici ce qui s’est vraiment passé — et pourquoi personne dans le paddock n’a été surpris.
Circuit Gilles-Villeneuve : un tracé où les marmottes sont chez elles depuis 26 ans

Le Grand Prix du Canada se dispute sur l’île Notre-Dame, en plein cœur de Montréal. Un écrin de verdure cerné par le fleuve Saint-Laurent. Et qui dit nature dit faune locale. Les marmottes ont colonisé les abords du circuit depuis des décennies. Elles creusent leurs terriers entre les murets, les vibreurs et les échappatoires. Chaque année, les caméras captent leurs sprints improbables le long des rails de sécurité.
Ce vendredi 22 mai, pendant les essais libres, l’une d’elles a poussé l’audace un cran trop loin. Elle s’est élancée sur la piste alors que les monoplaces tournaient à pleine vitesse. James Vowles, patron de l’écurie Williams, n’a pas paru étonné. Sa réponse, presque résignée : « C’est l’un des risques de ce circuit. Cela fait environ 26 ans que nous venons ici et il y a toujours des marmottes. » Vingt-six ans. Le rongeur est pratiquement un vétéran du paddock.
Alex Albon percute la marmotte et termine sa course dans le mur
Le pilote thaïlandais n’a rien pu faire. La marmotte est passée sous les roues de sa Williams à pleine vitesse. L’impact a immédiatement déstabilisé la monoplace. Albon a perdu le contrôle et a fini sa trajectoire dans les protections du circuit. Le drapeau rouge a été brandi. La séance a été interrompue plusieurs minutes, le temps de sécuriser la zone et d’évacuer les débris.
La marmotte n’a malheureusement pas survécu. Côté mécanique, les dégâts sur la voiture étaient sérieux. Suffisamment pour empêcher Albon de participer aux qualifications de la course sprint qui suivaient. Une séance entière perdue à cause d’un rongeur de trois kilos. En Formule 1, on parle souvent de duels entre pilotes — mais rarement de duels entre un pilote et la faune sauvage.
James Vowles a confié un détail touchant. À son retour au stand, Albon ne pensait pas d’abord à sa voiture.
« Il était inquiet pour sa mère » : la réaction inattendue d’Albon après l’accident
Certains détails en disent long sur la personnalité d’un pilote. En descendant de sa monoplace endommagée, Alex Albon n’a pas pesté contre la malchance. Sa première inquiétude ? Sa mère. « Il était inquiet pour sa mère qui adore les animaux, comme lui », a expliqué Vowles. Le patron a ajouté qu’Albon possède une dizaine de chats chez lui. Pas vraiment le profil du pilote insensible.
L’incident rappelle que le circuit Gilles-Villeneuve reste un cas unique en Formule 1. Aucun autre tracé du calendrier mondial ne cohabite aussi étroitement avec la vie sauvage. Les marmottes y sont devenues une sorte de mascotte officieuse, filmées chaque année par les fans et les diffuseurs. Celle de vendredi portait même un surnom sur les réseaux sociaux : Gary. Un tweet viral la montrait sprinter le long de la piste quelques instants avant le drame, accompagné de la légende « Gary gotta go fast ». Gary n’a pas été assez rapide.
Monoplace fracassée, qualifications manquées, marmotte tuée : ce Grand Prix du Canada 2026 a commencé de la pire façon possible pour Alex Albon. Le genre d’accident qu’aucun simulateur ne peut préparer. Et si la FIA finissait par ajouter « détection de marmottes » à la liste des capteurs embarqués ? On rigole, mais à Montréal, la question se pose vraiment chaque année.