Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Insolite

OK : le mot le plus dit au monde est né d’une fausse faute d’orthographe, à Boston

Publié par Elsa Fanjul le 03 Oct 2026 à 10:01

Tu le dis au téléphone, dans un texto, au boulot, en voiture. Deux lettres, et tout le monde te comprend, de Tokyo à Marseille.

Pourtant, personne ne sait vraiment d’où vient « OK ». La vraie réponse est plus bête, et plus drôle, que tout ce qu’on raconte à la machine à café.

Une mode idiote dans les journaux de Boston

Direction les États-Unis, à la fin des années 1830. Dans les journaux de Boston, une mode très étrange vient d’apparaître : abréger des expressions et les écrire avec des fautes exprès. L’idée, c’était de faire rire les lecteurs en jouant sur les initiales.

Imagine un peu l’équivalent de nos « mdr » ou « ptdr » d’aujourd’hui. Sauf que ça se passe dans la presse, avec des gens en redingote qui trouvent ça hilarant.

Rédacteur de journal de Boston en 1839 riant à son bureau

Ce petit jeu a commencé en 1838. Et l’un de ses plus gros fans s’appelait Charles Gordon Greene, fondateur et rédacteur du Boston Morning Post.

Le premier à avoir utilisé « OK » dans ce contexte, c’est lui. Mais l’histoire ne s’arrête pas à une plaisanterie de journaliste, loin de là.

Le 7 février 1839, avant le OK, il y a eu le « OW »

Les initiales pour dire « tout va bien » existaient déjà. Dans le Boston Morning Post du 7 février 1839, on trouve « O.W. », pour « oll wright », une déformation volontaire de « all right ».

Ce « OW » n’a jamais décollé. Aujourd’hui, personne ne répond « OW » quand on lui demande si tout va bien, sauf s’il vient de se cogner le petit orteil.

Quelques mois plus tard, la même année, apparaît « OK ». Il vient de « oll korrect », une version faussement fautive de « all correct ».

Mais ce n’est pas un bon mot de plus qui l’a sauvé de l’oubli. Il lui fallait un coup de pouce, et il est venu d’un endroit où personne ne l’attendait.

Quand un président a sauvé deux lettres de l’oubli

En 1840, les États-Unis sont en pleine campagne présidentielle. Le démocrate Martin Van Buren se représente. Il vient de Kinderhook, dans l’État de New York, et son surnom est « Old Kinderhook ».

Ses initiales, O.K., tombent donc à pic. Ses partisans en font un slogan : « Vote for OK » est bien plus court et plus accrocheur que son nom d’origine hollandaise.

Foule en liesse lors d'une campagne présidentielle américaine de 1840

Les deux histoires se sont alors télescopées. L’abréviation née dans les journaux de Boston a croisé une campagne nationale, et son usage a explosé à l’été et à l’automne 1840.

Cette publicité à l’échelle du pays semble avoir été l’événement décisif dans l’histoire du mot. Du jour au lendemain, tout le pays le connaissait.

Et pourtant, il y a un détail que la plupart des gens ont faux depuis des générations.

Andrew Jackson, accusé à tort

Dans la campagne, les adversaires de Van Buren, les Whigs, ont riposté. Ils ont prétendu que « OK » venait des fautes d’orthographe d’Andrew Jackson, prédécesseur de Van Buren, qui aurait écrit « oll korrect » faute de savoir épeler.

L’attaque était simple : se moquer du président en le faisant passer pour un ignorant. Elle a tellement bien marché que beaucoup de gens le croient encore aujourd’hui.

Sauf que c’est faux. Dans un document officiel, Jackson avait écrit « O.R. », qu’on a ensuite lu « O.K. » au fil du temps.

En réalité, « O.R. » signifie « order recorded », une mention classique dans les registres. Jackson ne s’était donc pas trompé, c’est la légende qui s’est trompée à sa place.

Le détective qui a résolu l’affaire en 1963

Pendant plus d’un siècle, les théories se sont multipliées. Tu as peut-être déjà entendu l’une de ces histoires, avec des mots indiens, des caisses de biscuits ou des soldats qui comptaient leurs morts.

C’est en 1963 que le Dr Allen Walker Read, de l’université Columbia, a mis tout le monde d’accord. En fouillant les journaux de l’époque, il a retrouvé la mode des initiales de Boston, et la première apparition de « OK » en 1839.

Un chercheur, des archives, et une énigme résolue après plus de 120 ans. Pas mal pour deux lettres.

Voilà ce qui rend ce mot si drôle : il est né d’une plaisanterie sur l’orthographe, et il est devenu le mot le plus international qui soit. C’est un peu comme si un « lol » écrit par un étudiant se retrouvait dans tous les dictionnaires de la planète.

Les marques aussi savent jouer avec les noms. Regarde ce que cache le nom de la Vache qui rit, ou ce chiffre sur le ketchup, Heinz 57, qui est complètement faux.

Ces mots qui sont nés d’un malentendu

« OK » n’est pas un cas isolé. Beaucoup de mots et de marques sont nés d’un accident ou d’une blague qui a mal tourné, ou plutôt trop bien.

Pour le plaisir de la comparaison, on a déjà raconté le mensonge de la bouteille d’Orangina, ces inventions nées d’une bourde, ou la lettre qui a changé le nom de Pac-Man.

Maintenant, tu sais que « OK » est une fausse faute d’orthographe devenue mondiale. La prochaine fois que quelqu’un te le dit, raconte-lui ça : il va halluciner.

Et si tu as aimé cette histoire, la suite est servie : découvre ce sandwich qui n’existe dans aucun pays, ou l’histoire du Velcro né d’une balade en forêt.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *