En Écosse, un perroquet s’acharne sur les voitures d’un quartier — les habitants sortent les faux serpents
Imaginez un vandale de quelques centaines de grammes, au plumage vert fluo et au bec rouge vif. Depuis le début de l’année 2026, un quartier résidentiel d’Écosse vit au rythme de ses attaques répétées sur les voitures garées dans la rue. Et la facture, elle, n’a rien d’un gag.
Un drôle de récidiviste sur les capots
Tout a commencé en février 2026, à Lochardil, un quartier paisible situé près d’Inverness, dans les Highlands écossais. Les riverains ont d’abord cru à un problème de rongeurs. Puis ils ont surpris le coupable en flagrant délit : une perruche à collier, perchée sur un capot, en train de mâchouiller méthodiquement un joint de pare-brise.

Depuis, l’oiseau revient régulièrement. Il se pose sur les toits et les capots, puis s’attaque aux caoutchoucs d’essuie-glaces et aux joints de vitres. Les habitants décrivent des bandes de caoutchouc littéralement déchiquetées et des balais d’essuie-glaces rendus totalement inutilisables.
Le manège se répète à chaque apparition, parfois plusieurs fois par semaine. Et personne dans le quartier ne sait quand ni où il va frapper. Un automobiliste français qui protège sa voiture contre les intempéries n’avait probablement jamais imaginé ce genre de menace.
Des milliers d’euros de dégâts pour un oiseau de 130 grammes
On pourrait sourire, sauf que l’addition est salée. Pour une seule voiture, le remplacement des joints de vitre et des essuie-glaces peut atteindre plusieurs centaines de livres sterling, soit autant en euros. Et le problème ne s’arrête pas au simple remplacement de pièces.

Un joint de vitre abîmé, c’est un risque d’infiltration d’eau dans l’habitacle. Derrière, la corrosion s’installe, des bruits d’air apparaissent et la valeur de revente du véhicule chute. À l’échelle du quartier, les riverains estiment que les dégâts cumulés se chiffrent déjà en milliers de livres.
Pour un seul oiseau, le ratio est impressionnant. À titre de comparaison, les kéas, ces perroquets alpins de Nouvelle-Zélande, sont célèbres pour démonter essuie-glaces, antennes et joints sur les parkings de montagne. Mais en Écosse, personne ne s’attendait à ce type de nuisance.
Une espèce exotique qui n’a rien à faire là
La perruche à collier n’est pas un oiseau écossais. C’est un petit perroquet vert originaire d’Afrique et d’Asie, avec un bec rouge caractéristique et un anneau noir autour du cou. L’individu de Lochardil est très probablement un ancien animal de compagnie qui s’est échappé ou a été relâché.
En France, on connaît bien cette espèce. Des colonies entières de perruches vertes se sont installées en Île-de-France et dans plusieurs grandes villes. L’espèce est d’ailleurs classée invasive sur le territoire français en raison de sa capacité à s’adapter et à se reproduire rapidement.
Mais pourquoi s’en prendre aux voitures ? Les spécialistes avancent plusieurs hypothèses. L’oiseau pourrait réagir agressivement à son propre reflet dans les vitres, qu’il prendrait pour un rival. Il pourrait aussi être attiré par des composants ou des graisses présents dans le caoutchouc. Dernière piste, plus simple : l’ennui, face à une matière souple et satisfaisante à déchirer.
Quelle que soit la raison, les habitants de Lochardil ont dû passer à l’action. Et leurs méthodes valent le détour.
Faux serpents, huile de menthe et bâches : la contre-attaque
Face à ce vandale improbable, les riverains ont déployé un arsenal aussi créatif que désespéré. Première mesure : couvrir les voitures avec des bâches et des housses. Efficace, mais contraignant — il faut compter quelques minutes supplémentaires à chaque stationnement.

Deuxième idée, nettement plus originale : des faux serpents en plastique, posés bien en vue sur les tableaux de bord. L’objectif est de simuler la présence d’un prédateur pour effrayer l’oiseau. Le résultat est mitigé, mais certains habitants jurent que ça fonctionne.
Mais la vraie trouvaille, c’est l’huile essentielle de menthe poivrée. Badigeonnée sur les joints et les essuie-glaces, elle semble réellement repousser la perruche. L’odeur forte de la menthe déplaît visiblement à l’oiseau, qui évite les véhicules traités. Une astuce que certains automobilistes pourraient noter, même loin de l’Écosse.
Et si ça arrivait en France ?
Ce n’est pas si improbable. Avec des populations de perruches à collier bien établies dans plusieurs régions françaises, le scénario pourrait se reproduire. Les autorités écossaises rappellent qu’un oiseau exotique échappé peut être capturé et replacé, mais encore faut-il réussir à l’attraper.
En attendant, quelques réflexes simples s’imposent pour les automobilistes confrontés à des oiseaux trop curieux. Garer sa voiture à l’abri quand c’est possible, protéger les caoutchoucs exposés et surtout vérifier ce que prévoit son contrat d’assurance pour ce genre de mésaventure.
Car si votre assureur accepte de couvrir les dégâts d’un chevreuil ou d’un sanglier, rien ne garantit qu’il ait prévu le cas d’un perroquet vert armé de son bec. Les habitants de Lochardil, eux, auraient bien aimé le savoir avant.