« Heureusement que ce n’était pas dans une salle de bac » : ce serpent de plus d’un mètre s’invite à Nîmes le jour de la philo

Lundi 15 juin 2026, les 400 candidats au bac du lycée Emmanuel d’Alzon de Nîmes se préparaient à plancher sur la philosophie. Personne ne s’attendait à ce qu’un invité à écailles vienne perturber la matinée. Un employé d’entretien a découvert, lové sous un radiateur, un reptile de plus d’un mètre de long — et la suite a mobilisé trois sapeurs-pompiers du Gard.
Un serpent sous le radiateur à 8 h du matin, jour du bac philo
Il était à peine 8 heures du matin quand un agent chargé du ménage a fait la découverte. En ouvrant une salle de révision du rez-de-chaussée, réservée à l’enseignement supérieur, il est tombé nez à nez avec une silhouette sombre enroulée sous un radiateur. Le serpent, visiblement peu pressé de quitter les lieux, ne bougeait pas.
La salle en question était vide à cette heure-là — un détail qui a évité un mouvement de panique général. À quelques dizaines de mètres, dans d’autres pièces du même établissement privé, des centaines de lycéens s’installaient pour l’épreuve de philosophie du bac 2026. Les surveillants n’ont rien su avant la fin de l’intervention.
Marie Lachaud, directrice de la communication de l’établissement, résume la scène avec soulagement : « Comme on ne parvenait pas à l’attraper, nous avons appelé les pompiers qui sont intervenus très rapidement. » Le personnel a tenté de capturer l’animal seul, sans succès. Difficile de maîtriser un reptile d’un mètre de long qui se faufile sous le mobilier scolaire.
C’est finalement le jour des sujets de philo qui restera marqué par cet épisode insolite dans la mémoire de l’établissement nîmois. Mais l’identité du visiteur, elle, méritait une explication.
La couleuvre de Montpellier : le plus grand serpent d’Europe, mais inoffensif
L’intrus a vite été identifié par les trois sapeurs-pompiers du Gard dépêchés sur place. Il s’agissait d’une couleuvre de Montpellier, une espèce bien connue du pourtour méditerranéen. Ce serpent possède une particularité rassurante : ses crochets à venin sont situés très en arrière de la gorge. En pratique, une morsure sur un humain ne peut pas injecter de venin.
Les mâles de cette espèce peuvent dépasser les deux mètres de long, ce qui en fait le plus grand serpent d’Europe. Malgré cette taille imposante, l’animal est d’un naturel extrêmement craintif. Face à un humain, son premier réflexe sera toujours la fuite.
Si elle se retrouve acculée, sans aucune échappatoire, la couleuvre de Montpellier adopte une posture défensive impressionnante : elle se redresse et souffle bruyamment. Un spectacle qui aurait certainement provoqué un sacré réflexe chez n’importe quel candidat en pleine dissertation. Les pompiers l’ont capturée sans difficulté et relâchée ensuite dans la nature, loin des salles de cours.
Mais cette espèce n’est pas qu’un simple visiteur indésirable. Son statut juridique en France est bien plus strict que ce que la plupart des gens imaginent — et les sanctions peuvent surprendre.

Espèce intégralement protégée : pourquoi il ne faut jamais toucher à une couleuvre
Comme le rappellent les réglementations environnementales en vigueur, tous les serpents présents en France métropolitaine bénéficient d’une protection intégrale. La couleuvre de Montpellier ne fait pas exception. Il est strictement interdit de la blesser, de la tuer ou de la capturer — seuls les pompiers ou des agents habilités peuvent intervenir.
Et ce statut n’est pas qu’administratif. La couleuvre rend de précieux services aux écosystèmes locaux en régulant les populations de rongeurs. Sans elle, rats et mulots proliféreraient dans les jardins, les champs et — pourquoi pas — les salles de classe elles-mêmes.
L’épisode nîmois illustre un phénomène de plus en plus fréquent dans le sud de la France. Avec l’urbanisation croissante et les épisodes de chaleur précoce, les couleuvres s’aventurent davantage dans les bâtiments à la recherche de fraîcheur. Un radiateur éteint en juin, au rez-de-chaussée d’un bâtiment ancien, constitue un abri idéal pour un animal à sang froid en quête d’ombre.
Le bon réflexe reste toujours le même : ne pas toucher l’animal, sécuriser la pièce et appeler les pompiers. Exactement ce qu’a fait le personnel du lycée Emmanuel d’Alzon ce lundi matin.
Une couleuvre sous un radiateur, 400 candidats au bac de l’autre côté du couloir et zéro mouvement de panique : voilà un sujet de philo tout trouvé sur le rapport entre l’homme et la nature. Si un serpent avait glissé sous votre chaise le jour de l’épreuve, auriez-vous gardé votre calme ?