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Super Glue : son inventeur l’a jetée deux fois parce qu’elle collait trop

Publié par Hannah Maline le 27 Oct 2026 à 10:01

Imagine : tu inventes la colle la plus puissante du monde, et ton premier réflexe est de la balancer à la poubelle. C’est exactement ce qui est arrivé à Harry Coover, et pas une seule fois, mais deux.

Aujourd’hui, ce tube qui traîne dans ton tiroir à bricolage a servi à soulever un animateur télé, puis à soigner des soldats sur un champ de bataille. Attends la suite.

Le chimiste qui cherchait tout sauf de la colle

En 1942, Harry Coover travaille dans les laboratoires de Kodak, à Rochester, dans l’État de New York. Sa mission n’a rien de domestique : il cherche un plastique parfaitement transparent pour fabriquer des viseurs de précision pour armes, en pleine Seconde Guerre mondiale.

Son équipe teste une famille de composés, les cyanoacrylates. Problème : ils collent à absolument tout ce qu’ils touchent, ce qui les rend impossibles à manipuler.

Chimiste de Kodak tenant deux lentilles collées ensemble

Verdict : l’idée est rangée au placard. Les chercheurs passent à autre chose, sans imaginer qu’ils viennent de croiser l’une des colles les plus célèbres du siècle.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, et le deuxième raté est encore plus savoureux.

Le deuxième fiasco, celui qui a coûté cher à un appareil de labo

Nous voilà en 1951. Coover a changé d’équipe et travaille chez Tennessee Eastman, toujours dans le giron de Kodak. Cette fois, il supervise des chimistes qui cherchent un revêtement résistant à la chaleur pour les verrières de jets.

Parmi eux, un chercheur au nom prédestiné : Fred Joyner. Il étale un cyanoacrylate entre deux lentilles d’un réfractomètre, un instrument de mesure optique, pour en vérifier l’indice de réfraction.

Quand il veut séparer les lentilles, impossible. Elles sont soudées pour de bon, et l’appareil, coûteux, est définitivement fichu.

Les cyanoacrylates sont donc de nouveau jugés trop collants pour le projet. Et cette fois, quelque chose se passe différemment.

Le détail qui a fait basculer Harry Coover

Au lieu de s’agacer, Coover réalise ce qu’il vient de voir. Cette substance colle sans chaleur et sans pression, simplement au contact de l’humidité présente sur les surfaces. Ce qui était un défaut devient un argument de vente.

Deux chercheurs devant un instrument optique collé définitivement

Un brevet sur l’usage comme adhésif est accordé en 1954. Kodak commercialise le produit sous le nom très peu poétique d’Eastman 910, à partir de 1958. Le surnom de Super Glue viendra ensuite.

Comme d’autres objets du quotidien nés d’un accident, le Cornetto lui aussi inventé par hasard prouve qu’un échec peut cacher un jackpot. Reste à convaincre le public.

Une goutte, un animateur de 150 livres en l’air

Pour prouver que sa colle ne plaisante pas, Coover passe à la télévision américaine, dans l’émission « I’ve Got a Secret ». Avec une seule goutte posée entre deux cylindres d’acier, il soulève l’animateur, Garry Moore, qui pèse environ 150 livres, soit près de 68 kilos.

L’image fait le tour du pays. D’autres démonstrations suivront, jusqu’à une Corvette soulevée grâce à la même colle.

Ce genre de coup d’éclat fait penser à ces inventeurs dont la trouvaille a connu un destin imprévu, comme l’inventeur du stylo Biro. Dans les deux cas, le génie ne suffit pas à faire fortune.

Car Coover, lui, n’a pas gagné autant qu’on l’imagine. Le produit n’a vraiment décollé qu’après l’expiration du brevet, quand d’autres fabricants ont lancé leurs propres versions.

Du bricolage au champ de bataille

C’est là que l’histoire prend un virage inattendu. Pendant la guerre du Vietnam, l’armée américaine s’intéresse à cette colle pour un tout autre usage : arrêter les hémorragies.

Coover racontera lui-même qu’un général lui avait demandé un produit que les médecins militaires pourraient vaporiser sur une blessure grave. Sous forme de spray, la colle a servi à colmater temporairement des organes internes, le temps d’opérer correctement le blessé.

Selon sa biographie, l’idée d’un usage médical l’aurait déjà effleuré bien avant. Son fils aîné s’était ouvert le doigt en fabriquant une maquette, et la blessure aurait été refermée avec de la colle de laboratoire.

Coover a toujours dit que la Super Glue était son invention préférée. Il se disait surtout fier de son usage pour sauver des vies au Vietnam.

Le bonus que le fabricant ne mettra jamais sur l’emballage

Harry Coover a déposé plus de 350 brevets au cours de sa carrière. Pourtant, c’est une substance qu’il avait écartée deux fois qui l’a fait passer à la postérité.

En 2010, le président Barack Obama lui a remis la Médaille nationale de la technologie et de l’innovation. Il est mort en mars 2011, à 94 ans, après avoir vu son « raté » devenir un classique de tous les foyers.

Comme le Slinky et son inventeur, la Super Glue prouve que les objets les plus banals cachent parfois des vies hors du commun. Et que le succès n’est pas toujours là où on l’attend.

Même logique chez les géants de l’industrie : le vrai coût d’une boîte de Playmobil réserve aussi son lot de surprises. Et pour les gourmands, le vrai premier ingrédient du Nutella n’est pas celui qu’on croit.

De quoi briller à la prochaine soirée

Raconte ça à un pote : la Super Glue a été jetée deux fois avant de devenir célèbre, puis a servi de pansement de guerre. Il va forcément regarder son tube d’un autre œil.

Pour continuer dans les histoires de noms et d’objets qui cachent un secret, l’étrange histoire du nom Linksys vaut le détour. Et si tu aimes les détails cachés, cet ours dissimulé dans le logo Toblerone va te faire fouiller tes tiroirs.

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