Tamagotchi : ses inventeurs ont reçu un prix pour avoir fait perdre des heures au monde entier
Tu l’as peut-être eu accroché à ton sac, caché sous ton pupitre, ou confisqué par une prof à bout de nerfs. Le Tamagotchi a fait pleurer des gamins quand leur bestiole virtuelle « mourait ». Mais ce que tu ignores sans doute, c’est que ses inventeurs ont été récompensés pour ça, et pas par n’importe quel jury.
Un œuf, une montre et une idée simple
Le Tamagotchi sort au Japon en 1996, chez Bandai. C’est un petit boîtier ovale en plastique, avec un écran minuscule et trois boutons. Dedans, une créature pixelisée qui naît, grandit, a faim, fait ses besoins et réclame de l’attention.
Son nom est un mot-valise japonais. Il mélange « tamago », l’œuf, et l’idée de « watch », la montre, d’où l’expression « œuf-montre ». Le boîtier a la forme d’un œuf et se porte au bout d’une chaîne, comme un porte-clés.
Le principe tient en une phrase : un animal de compagnie que tu peux emmener partout, sans poils, sans litière, sans promenade. Sauf que, justement, il ne te laisse jamais tranquille. Et c’est là que l’histoire devient étonnante.

L’animal qui ne te laissait aucun répit
Ton Tamagotchi se manifeste par un petit bip. Ce bip peut retentir en plein cours, en plein repas ou en pleine nuit. Si tu ne réponds pas, la créature dépérit.
Résultat : des millions d’enfants, et beaucoup d’adultes, se sont mis à surveiller un écran de quelques pixels comme un nouveau-né. Le jouet n’avait pas de but, pas de score, pas de victoire possible. Il ne demandait qu’une chose : ton attention, en continu.
Certains établissements scolaires ont fini par l’interdire dans l’enceinte de l’école, pour la même raison que les téléphones aujourd’hui. Le bip qui sonne au fond d’un cartable, c’est le cauchemar de n’importe quel enseignant. Si tu aimes les objets qui ont marqué ton enfance, la semelle lisse des Converse cache elle aussi un détail que peu de gens connaissent.
Le prix qu’aucun inventeur ne rêve de recevoir
En 1997, un an après la sortie du jouet, les Ig Nobel ont couronné ses deux créateurs, Akihiro Yokoi et Aki Maita. Ce prix parodique récompense des travaux qui font d’abord rire, puis réfléchir. Celui-là, dans la catégorie économie, saluait le fait d’avoir détourné des millions d’heures de travail pour les consacrer à l’élevage d’animaux virtuels.
C’est le comble du compliment à double sens. Tu as inventé un jouet tellement addictif que ton nom entre dans une cérémonie qui se moque gentiment des conséquences. Et le plus drôle, c’est que le succès commercial a suivi : on parle de dizaines de millions d’exemplaires vendus à travers le monde.

Dans le même registre, un fabricant de sandwichs a connu une affaire bien moins drôle : le procès des 30 cm de Subway a coûté cher à la marque.
Le détail qui explique pourquoi on s’en souvient encore
Pourquoi le Tamagotchi reste-t-il gravé dans nos mémoires, alors que des centaines de gadgets de l’époque ont disparu ? Parce qu’il a fait quelque chose de nouveau : il t’a rendu responsable d’un être qui n’existe pas. Ce mécanisme d’attachement, on le retrouve aujourd’hui dans les jeux sur mobile et les notifications qui te rappellent de revenir.
Bandai a relancé le jouet à plusieurs reprises depuis, avec des versions modernisées et des rééditions nostalgiques. Les adultes qui en avaient un enfant les rachètent pour retrouver le bip de leur jeunesse. La nostalgie est un marché solide, comme le prouve l’histoire du K-Way, pourtant venu d’Italie.
Autre marque, autre génération : même les trois bandes d’Adidas racontent une rivalité de famille que peu de porteurs connaissent. Et la box de ton salon a aussi sa légende, celle du nom Linksys sur ton Wi-Fi.
Voilà de quoi briller à la prochaine soirée nostalgie : raconte à tes potes que le Tamagotchi a valu un prix à ses inventeurs, et regarde qui sort le sien du tiroir. Pour continuer dans l’insolite, découvre l’ours caché dans le logo Toblerone, ou la règle étonnante qu’applique Ferrero à ses employés.