Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Insolite

En 1961, un volcan force les habitants de l’île la plus isolée du monde à fuir en Angleterre : un an plus tard, ils votent presque tous pour rentrer

Publié par Hannah Maline le 06 Nov 2026 à 10:44

Six jours de bateau pour l’atteindre, pas d’aéroport, et seulement quelques escales par an. En 1961, les habitants de l’île habitée la plus isolée du monde voient la terre s’ouvrir derrière leur village. Ils doivent tout abandonner pour partir à l’autre bout de la planète, en Angleterre. On leur offre une vie moderne. Ce qu’ils vont décider ensuite va surprendre tout le monde.

île la plus isolée du monde

L’île la plus isolée du monde

Tristan da Cunha est un petit archipel volcanique perdu au milieu de l’Atlantique Sud. Selon le site scientifique Live Science, il se trouve à environ 2 400 kilomètres au sud-ouest de l’île de Sainte-Hélène, déjà connue pour son isolement.

Une seule île est habitée. Son unique village porte un nom étonnant : Edinburgh of the Seven Seas, « Édimbourg des sept mers ». Selon Live Science, environ 250 personnes y vivent. Selon le site Yahoo News, elles étaient 242 lors d’un récent recensement.

L’île est dominée par un volcan, le Queen Mary’s Peak, qui culmine à 2 062 mètres. Selon Live Science, son cratère abrite un lac en forme de cœur, qui gèle en hiver.

Six jours de bateau

Pour rejoindre Tristan da Cunha, il n’existe aucune piste d’atterrissage. Selon Yahoo News, il faut d’abord prendre l’avion jusqu’au Cap, en Afrique du Sud, puis embarquer pour six jours de traversée. Et seuls neuf bateaux par an font escale sur l’île.

Les habitants vivent donc en grande partie en autosuffisance. Selon Yahoo News, le gouvernement local attribue deux moutons par personne et une vache par famille.

Presque tout le monde y est parent. Selon Yahoo News, l’île ne compte que sept noms de famille, d’origines américaine, néerlandaise, anglaise, écossaise et italienne. La télévision et les informations en direct ne sont arrivées qu’en 2001.

Ces lieux de vie extrêmes nous fascinent toujours autant. Nous vous avions raconté l’histoire de cette ville d’Alaska dont tous les habitants vivent dans un seul immeuble.

La terre gronde

En août 1961, des secousses commencent à agiter l’île. Selon le magazine History Today, une fissure s’ouvre dans les mois qui suivent derrière le phare. Puis un monticule apparaît et grossit de jour en jour, juste à côté du village.

Le danger est trop grand. Les 264 habitants, selon History Today, quittent leurs maisons et se réfugient pour une nuit sur l’île de Nightingale, une île voisine inhabitée.

Le 10 octobre 1961, un paquebot néerlandais, le Tjisadane, les embarque pour Le Cap. Ils doivent tout laisser derrière eux, y compris leurs animaux de ferme et leurs animaux de compagnie.

De la lave au pied du village

Le danger était bien réel. Le 13 octobre, un navire de la Royal Navy arrive sur place. Selon History Today, l’équipage découvre de la lave en fusion et de la fumée qui s’échappent du monticule, haut désormais d’environ 80 mètres.

Les habitants, eux, sont déjà loin. Depuis Le Cap, ils embarquent sur le paquebot postal Stirling Castle. Selon le site d’histoire locale NFHWA, 262 insulaires débarquent à Southampton, en Angleterre, le 3 novembre 1961.

Ils ont parcouru environ 10 000 kilomètres. Et ils découvrent un monde qu’ils ne connaissent pas.

Le choc de la vie moderne

Après un court séjour dans un camp militaire du Surrey, les insulaires sont installés le 23 janvier 1962 dans une ancienne base de la Royal Air Force, à Calshot, près de Southampton. Selon le NFHWA, ils occupent 64 maisons, dans une rue rebaptisée Tristan Close.

Tout est nouveau pour eux. Les femmes apprennent à se servir de cuisinières électriques, de machines à laver et de fers à repasser. Les hommes s’initient à l’électricité. Dix-huit enfants entrent au collège, et 22 plus jeunes à l’école primaire.

Les adultes trouvent du travail. Selon le NFHWA, certains sont embauchés au musée automobile de Beaulieu, chez un constructeur de bateaux ou dans une usine agroalimentaire. Le NFHWA parle d’un « énorme choc culturel ».

Un hiver terrible

Et la nature anglaise ne les épargne pas. L’hiver 1962 est particulièrement rude. Selon le NFHWA, de nombreux insulaires tombent malades, à cause du froid mais aussi de la grippe, une infection qu’ils n’avaient jamais connue sur leur île.

Selon History Today, ils sont malheureux pendant ce long hiver glacial. Leur île leur manque.

D’autres lieux attirent aussi ceux qui veulent fuir le monde moderne. Nous vous avions raconté l’histoire d’Irina, qui s’est installée à 15 ans dans un village abandonné des montagnes espagnoles.

Le vote

En 1962, une expédition scientifique de la Royal Society part inspecter l’île. Selon History Today, elle découvre que la conserverie de langoustes a fermé et que des chiens ont tué de nombreux moutons. Mais la vie sur place semble possible.

Les insulaires sont alors consultés. En décembre 1962, ils votent à Calshot. Selon le NFHWA, le résultat est sans appel : le retour l’emporte à une écrasante majorité. Seules cinq voix s’y opposent.

Ils auraient pu garder le confort moderne, l’électricité et les magasins. Ils choisissent de retourner sur leur rocher, à six jours de bateau du continent.

Le retour

En avril 1963, un premier groupe repart pour préparer le terrain. Selon History Today, environ 200 personnes rentrent sur l’île en novembre 1963.

Tous ne rentrent pas. Selon le NFHWA, certains insulaires restent dans la région de Southampton, où vivent encore leurs descendants. Trois jeunes femmes, qui ont rencontré leur mari pendant leur séjour, restent en Angleterre. Selon History Today, quatre jeunes filles de l’île mariées à des Anglais font pourtant partie du voyage du retour.

Une île toujours à part

Plus de soixante ans plus tard, Tristan da Cunha vit toujours au rythme de ses rares bateaux. Selon Yahoo News, l’île dispose d’un petit centre médical avec deux médecins permanents, et d’une école de cinq classes pour les enfants de 3 à 16 ans. Il n’y a ni réseau téléphonique ni journal local.

Selon Yahoo News, le Covid-19 n’a jamais atteint l’île. Un habitant, cité par le média, plaisante même sur le fait que les rumeurs circulent plus vite qu’Internet, mais sont moins fiables.

Ces lieux coupés du monde

Tristan da Cunha rejoint la liste de ces endroits hors du commun, comme cette maison réputée la plus isolée du monde, sur une île islandaise, ou cette ville norvégienne où il est interdit de mourir.

Nous avons aussi rassemblé ces 30 lieux parmi les plus isolés du monde. Mais peu de communautés ont prouvé aussi clairement leur attachement à leur terre que les habitants de Tristan da Cunha.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *