Elle vide le garage de son mari décédé, dépose des cartons au recyclage : dedans, un Apple I à 200 000 $ et elle reste introuvable

Faire de la place dans le garage d’un mari disparu, c’est un geste que beaucoup ont vécu. Quelques cartons, un aller-retour à la déchetterie, et on tourne la page. Sauf qu’en Californie, l’un de ces cartons cachait un trésor de l’histoire de l’informatique. Une fortune qui attend toujours sa propriétaire, jamais retrouvée malgré une campagne XXL.
Deux ou trois cartons déposés sans laisser de nom à Milpitas
Tout commence en avril 2015, en Californie. Selon ABC News, qui rapportait alors l’affaire, une femme d’environ 60 à 70 ans trie le garage de son époux, récemment décédé.
Elle dépose deux ou trois cartons d’appareils électroniques chez Clean Bay Area, une entreprise de recyclage de déchets électroniques installée à Milpitas. Elle ne donne pas son nom. Puis elle repart.
Elle aurait simplement expliqué qu’elle voulait libérer de l’espace. Rien d’autre. Ce détail, anodin sur le moment, va tout compliquer. Pour ceux qui aiment les histoires d’objets sortis des placards, cette grand-mère qui pensait jeter un vieil objet sans valeur a vécu une scène étonnamment proche.
Dans l’entreprise, les employés ouvrent les boîtes une à une. La première contient des fils, des câbles, des claviers et une vieille chaîne stéréo. Du classique, du banal, du quotidien du recyclage.
Et puis il y a la dernière caisse. Celle qui change la journée. Voici ce qu’elle renfermait.
L’Apple I, l’un des 200 exemplaires de 1976, au fond du dernier carton
Au fond, un vieil ordinateur de bureau : un Apple I. Il fait partie des quelque 200 exemplaires de première génération fabriqués en 1976. Un modèle est d’ailleurs exposé au Computer History Museum, à Mountain View.
« C’était comme si vous aviez gagné à la loterie », a raconté Victor Gichun, vice-président de Clean Bay Area. On le comprend.
Le professeur d’informatique David Crandall a rappelé de son côté l’importance de la machine : le premier ordinateur créé par Steve Jobs et Steve Wozniak dans leur garage, une vraie avancée pour l’informatique personnelle.
L’entreprise a mené ses recherches pour vérifier l’authenticité. Verdict : l’exemplaire était bien authentique. Même un Apple-1 accompagné d’une lettre de Steve Jobs a déjà fini par s’envoler pour plus d’un million.
Reste à savoir combien l’ordinateur a rapporté. Et à qui devait revenir l’argent.
200 000 dollars, 100 000 promis et une donatrice qui ne répond pas

Avant de découvrir le montant, rappelons qu’à sa sortie dans les années 1970, l’Apple I coûtait 666,66 dollars, soit environ 600 euros. Beaucoup d’autres trouvailles de ce genre ont surgi de vide-greniers, comme ce tableau déchiré payé 4 dollars qui cachait un document historique.
Clean Bay Area l’a vendu lors d’une vente aux enchères privée à un collectionneur pour 200 000 dollars (environ 180 000 euros). Selon la politique de l’entreprise, la moitié, soit 100 000 dollars, devait revenir à la propriétaire.
Le hic, c’est qu’elle n’avait laissé ni nom, ni adresse, ni numéro. « Je ne connais pas sa situation financière, mais je pense que cet argent pourrait vraiment l’aider », avait indiqué Victor Gichun.
L’entreprise aurait reçu une avalanche d’e-mails désignant la mystérieuse donatrice. En juin 2015, elle a aussi lancé une campagne de tee-shirts, sollicitant les PDG de vingt grandes entreprises de la Silicon Valley, dont Apple, Google, Facebook, Tesla, Netflix et Amazon. L’idée : un selfie avec le tee-shirt, publié avec le hashtag #CleanBayArea.
Malgré cette opération d’envergure, la veuve ne s’était toujours pas manifestée pour récupérer son chèque.
Un carton, un souvenir, 100 000 dollars qui attendent encore leur propriétaire : parfois, le plus rare ne se trouve pas dans les musées mais dans un garage.
Et si vous pensiez que les trésors se cachaient surtout dans les ordinateurs, ce vieux compte Steam laissé 9 ans à l’abandon réserve une surprise à 500 000 dollars. Et certains objets bien plus modestes, comme ces 6 objets à 2 € des vide-greniers, peuvent aussi cacher une fortune.