Il refuse de payer 400 $ pour passer à l’Apple-2 en 1978 : son Apple-1 vient d’être vendu 1,15 million

Un ordinateur de 1976, une lettre signée Steve Jobs et un refus qui a fini par rapporter gros. Le 14 octobre 2026, un Apple-1 est parti aux enchères pour un montant record. Mais l’histoire de cette machine commence par une simple réclamation d’utilisateur mécontent, en 1978. Et par un choix à 400 dollars que son propriétaire ne regrette sans doute plus.
Un utilisateur râleur écrit à Apple, et Steve Jobs lui répond
Tout démarre en 1978. Fred Hatfield possède un Apple-1, la machine conçue par Steve Wozniak et sortie deux ans plus tôt. Problème : il n’y a presque rien à faire avec.
Alors Hatfield prend la plume. Il écrit à Apple pour se plaindre du manque d’applications disponibles sur son ordinateur. Une réclamation banale, comme des milliers d’autres, croirait-on.
Sauf que la réponse n’a rien de banale. Elle arrive signée de la main du vice-président de l’époque : Steve Jobs en personne. Un détail qui, des décennies plus tard, vaudra de l’or.
Cette machine n’est d’ailleurs pas n’importe quel exemplaire. Selon la source, elle est répertoriée sous le numéro 48 dans le registre Apple-1. Elle fait partie des moins de 75 Apple-1 authentifiés dont on sait qu’ils ont survécu, ce qui donne une idée de sa rareté.
Pour comprendre ce que ce genre de pièce peut atteindre, il suffit de regarder l’homme qui a refusé 10 % d’Apple en 1976, autre histoire de rendez-vous manqué avec la fortune.
Reste une question : que contenait exactement cette lettre de Jobs ? Et surtout, qu’a répondu Hatfield ?
Le courrier de Jobs, et l’offre que Fred Hatfield a balayée
La proposition de Steve Jobs est limpide. Hatfield n’a qu’à renvoyer son Apple-1 à Apple, accompagné de 400 dollars. En échange, il recevra l’Apple-2, tout juste sorti.
Sur le papier, c’est une mise à niveau logique : un modèle plus récent, pensé pour combler les lacunes dont se plaignait l’utilisateur. Pour 400 dollars, l’affaire semblait raisonnable. On peut imaginer l’hésitation, la calculette, le regard sur la machine posée sur le bureau.
Mais le temps passe, et la machine change de mains. Hatfield finit par la revendre, alors qu’elle nécessite des réparations, pour 40 000 dollars. Le nouvel acquéreur la fait réparer et obtient un petit supplément : la signature de Steve Wozniak sur la carte mère.
Ce supplément pèse lourd. En 2013, lors d’une enchère, l’ordinateur change encore de propriétaire pour 686 000 dollars. Un sacré chemin pour une machine que son premier propriétaire trouvait pauvre en logiciels.
On est déjà loin des 400 dollars de départ. Une autre histoire de trouvaille oubliée donne le vertige du même genre : cette voiture gardée 47 ans sans que ses propriétaires sachent ce qu’elle valait.
Mais le plus spectaculaire reste à venir. Car en 2026, le marteau est tombé bien plus haut. Quelle somme, au juste ?

28 minutes de bataille et un record à 1,15 million de dollars
Ce 14 octobre 2026, la maison de ventes Bonhams met l’Apple-1 « Hatfield » en vente. Et là, c’est le grand numéro : une « guerre d’enchères » de 28 minutes entre deux acheteurs seulement.
Le verdict tombe : 1,15 million de dollars. Soit presque le double des 686 000 dollars obtenus en 2013. Et un nouveau record pour la vente d’un Apple-1 commercialisé, selon la source.
Le lot ne se limite pas à la machine. Il comprend aussi la lettre signée de Steve Jobs et les manuels originaux. L’ordinateur, lui, est fonctionnel, un point crucial vu le nombre encore plus restreint d’exemplaires qui tournent aujourd’hui.
Le calcul fait sourire : en refusant de verser 400 dollars, Fred Hatfield a gardé un objet qui, une fois passé de main en main, a fini par valoir plus d’un million. Bien sûr, lui-même l’avait revendu 40 000 dollars bien avant. Ce n’est donc pas lui qui a encaissé le jackpot, mais l’histoire est trop belle pour ne pas la raconter.
Selon MacRumors, qui a relayé la vente, c’est bien cette combinaison rareté, état de marche et lettre de Jobs qui explique l’emballement. Et ce n’est pas le plus gros chiffre de l’année.
Un record à relativiser : le prototype à 2,75 millions
Attention aux comparaisons. Le record de 1,15 million concerne un Apple-1 commercialisé. En janvier 2026, un prototype d’Apple-1 était déjà parti pour 2,75 millions de dollars.
Deux catégories, donc, et deux échelles de prix. Le marché de l’informatique ancienne s’est visiblement emballé, avec des pièces historiques qui s’arrachent aux enchères. Pour mesurer cet appétit des collectionneurs, rien de tel que cette cartouche scellée de Super Mario Bros. à 3 millions de dollars.
Autre rappel utile : la rareté. Avec moins de 75 exemplaires authentifiés connus, chaque Apple-1 qui se met en vente devient un événement. Et ceux qui fonctionnent encore se comptent sur peu de doigts.
Quant au destin de l’ordinateur, il reste à écrire. Le nouveau propriétaire n’est pas nommé dans la source. On sait simplement qu’il a gagné un duel de 28 minutes. Les amateurs d’histoire d’Apple peuvent aussi replonger dans les habitudes étranges de Steve Jobs, l’homme dont la signature fait aujourd’hui grimper les prix.
Reste à voir si un autre exemplaire viendra bientôt défier ces records.
Fred Hatfield voulait des applications, il a fini par léguer une légende. Son refus de 400 dollars est devenu l’une des anecdotes les plus chères de l’informatique.
Et si vous croyez que les belles histoires d’enchères s’arrêtent là, cette Ferrari électrique vendue 40 millions avant même d’exister va vous laisser rêveur. Et si vos placards cachaient eux aussi un trésor, ces objets oubliés qui vont valoir une fortune méritent un coup d’œil avant le prochain vide-grenier.