Brûler ses branches de thuyas au fond du jardin ? Cette amende de 750 € que peu de Français connaissent

Chaque automne, le même rituel se répète au fond de milliers de jardins français : un feu de branches de thuyas, discret, loin des regards. Une habitude transmise de génération en génération, presque un réflexe. Sauf qu’en 2026, ce geste peut coûter très cher, et les contrôles se multiplient partout en France.
Une vieille habitude devenue un piège financier
L’image est familière : un tas de branches de thuyas qui crépite doucement au fond du terrain, loin de la maison. Pendant longtemps, cette pratique est passée pour une simple coutume de jardinier, presque anodine. Aujourd’hui, elle relève d’une infraction bien réelle, de plus en plus surveillée sur tout le territoire.
Les tailles de haies résineuses, particulièrement concernées, exposent les propriétaires à une sanction financière sérieuse. Beaucoup découvrent la règle trop tard, au moment où une nouvelle réglementation s’applique déjà à leur situation. Le déclencheur du contrôle est souvent le plus banal qui soit : un simple signalement de voisinage, agacé par la fumée ou l’odeur.
Car la loi ne fait pas de distinction entre un feu isolé et une pratique régulière. Dès le premier brûlage constaté, l’amende peut tomber. Et son montant surprend souvent ceux qui pensaient s’en tirer avec un simple rappel à l’ordre, comme cela peut arriver dans d’autres domaines du quotidien, à l’image des numéros suspects désormais traqués par les autorités.
Jusqu’à 750 euros d’amende, et un vrai risque sanitaire
L’article L. 541-21-1 du Code de l’environnement est clair : brûler des déchets verts à l’air libre constitue une contravention de 4ème catégorie. Concrètement, cela signifie une amende forfaitaire pouvant grimper jusqu’à 750 euros. La police municipale comme la gendarmerie nationale peuvent verbaliser directement sur le fait, sans sommation préalable.
À cette sanction peut s’ajouter une plainte pour « nuisances olfactives », si le voisinage estime subir un trouble anormal. Les dérogations existent, mais elles restent exceptionnelles pour les particuliers : elles doivent être délivrées par la préfecture, généralement pour éradiquer une maladie végétale, comme le rappelle Service-Public.fr. Autant dire que le simple confort de « se débarrasser des branches » ne pèse pas lourd face à la règle.
Le problème dépasse d’ailleurs largement l’aspect légal. Les thuyas, riches en résine et en humidité, brûlent mal, à basse température. Cette combustion incomplète libère des Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques et des dioxines, des composés reconnus cancérigènes. Un chiffre suffit à mesurer l’ampleur du phénomène, à mi-chemin entre écologie de jardin et santé publique : brûler 50 kg de végétaux équivaut, en particules fines, à une voiture diesel récente parcourant près de 13 000 kilomètres.

Le broyage, la solution qui évite l’amende et nourrit le jardin
Avant de risquer une contravention, des alternatives concrètes permettent d’éliminer les branches de thuyas sans allumer le moindre feu. Le broyage reste la méthode la plus efficace : il réduit le volume des résidus de 80 % et transforme la matière en paillage utile, à étaler en couche de 3 centimètres maximum au pied des massifs.
Le compostage constitue une seconde option, désormais encouragée par l’obligation de tri des biodéchets imposée à tous les foyers depuis le 1er janvier 2024. Le broyat de thuya peut y trouver sa place, à condition de ne pas dépasser 20 % du volume total du tas, sous peine d’acidifier excessivement le mélange et de nuire au reste du compost.
Pour les plus gros volumes, la déchetterie reste la solution la plus simple et la plus sûre, sans aucun risque de sanction. Une démarche qui prend quelques minutes de plus qu’un feu de jardin, mais qui évite une facture salée et une exposition inutile à des fumées toxiques, un peu comme on évite certaines dépenses cachées en changeant simplement d’habitude.
Au fond, le feu de branches au fond du jardin appartient déjà au passé : entre l’amende de 750 euros et les particules cancérigènes, le calcul est vite fait. Reste à savoir combien de propriétaires continueront d’ignorer la règle, jusqu’au jour où un voisin décidera de passer un coup de fil.