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En 1904, le maire de New York prend les commandes du tout premier métro de la ville

Publié par Ambre Détoit le 28 Oct 2026 à 4:17

Imagine la scène. Un maire en costume, des invités en queue-de-pie, une foule massée sur les trottoirs. Et au milieu de tout ça, un homme d’à peine 38 ans qui s’apprête à faire quelque chose d’inattendu.

Nous sommes le 27 octobre 1904, à New York. Ce jour-là, George McClellan Jr. ne coupe pas un ruban. Il saisit un levier de métal. Et il met en marche le tout premier métro de la ville.

Une ville qui étouffait en surface

Au tournant du XXe siècle, New York est en pleine explosion. Les immigrants arrivent par milliers, les immeubles sortent de terre, et les rues deviennent impraticables. Tramways, chevaux, charrettes, piétons : tout se bouscule sur les mêmes avenues.

Les trains aériens existent déjà, mais ils crachent fumée et vacarme au-dessus des têtes. La solution, tout le monde la devine : il faut descendre sous terre. Londres l’a fait dès 1863, Paris s’y met en 1900. New York ne veut pas rester à la traîne.

Le chantier démarre en 1900. Il mobilise des milliers d’ouvriers, creuse sous les rues les plus fréquentées de Manhattan et ne se déroule pas sans accident. Mais quatre ans plus tard, la ligne est prête. Reste à l’inaugurer. Et ça, ce n’est pas la partie la plus banale.

Le maire qui n’a pas voulu rester spectateur

Foule de New-Yorkais s'engouffrant dans le métro en 1904

Ce jour-là, le programme est solennel. Les discours d’abord, à l’Hôtel de Ville, devant les notables et les ingénieurs du projet. Puis tout ce beau monde descend à la station, juste à côté, pour la cérémonie de mise en service.

C’est là que George McClellan fait son entrée en scène. Au lieu de monter à bord comme un simple invité d’honneur, le maire se place à l’avant de la première rame. Il prend en main le poste de conduite. Et il lance lui-même le convoi.

Pour la petite histoire, le conducteur officiel se tenait juste à côté, prêt à reprendre la main. Mais l’image, elle, est restée : celle d’un élu qui conduit son propre métro.

Et ce n’est pas la seule surprise de la journée.

Le maire de New York aux commandes du premier métro

14 h 35, le départ

Selon les récits d’époque, la première rame quitte la station de l’Hôtel de Ville vers 14 h 35. À bord, des dignitaires, des ingénieurs, des invités triés sur le volet. Le public, lui, devra encore patienter quelques heures.

Le trajet file vers le nord de Manhattan. Les rames, éclairées à l’électricité, avancent bien plus vite que n’importe quel tramway. Pour des New-Yorkais habitués aux embouteillages de chevaux, la sensation de vitesse est vertigineuse.

L’heure exacte de ce départ circule dans plusieurs récits, mais elle varie légèrement selon les sources. Les historiens retiennent surtout le moment : un après-midi d’automne où une ville a changé de rythme.

Et si la cérémonie était réservée aux invités, une autre foule attendait son tour.

Les premiers passagers se ruent sous terre

Dès 19 heures ce soir-là, la ligne ouvre au grand public. Et c’est la ruée. Des milliers de New-Yorkais se pressent aux entrées pour descendre dans les tunnels, acheter leur ticket et monter à bord.

Le prix du trajet ? Cinq cents, soit un nickel. Un tarif qui restera inchangé pendant des décennies et qui deviendra presque un symbole de la ville.

Les journaux de l’époque rapportent une affluence énorme dès les premières heures. Beaucoup de passagers ne montent pas pour aller quelque part : ils veulent simplement faire un tour, pour dire qu’ils y étaient.

Résultat : en une seule journée, la ligne transporte plus de 100 000 personnes. Un chiffre colossal pour l’époque, qui prouve que le pari était gagné avant même la fin de la première soirée.

Ce que les stations cachaient de plus beau

On imagine souvent le métro comme un couloir sombre et utilitaire. Celui de 1904 ne ressemble pas à ça. Les concepteurs ont voulu des stations dignes d’un palais.

Voûtes en briques, mosaïques colorées, lustres, carreaux de faïence : l’Hôtel de Ville est un petit chef-d’œuvre d’architecture souterraine. L’idée était simple : donner aux usagers l’envie de descendre sous terre, plutôt que de les y contraindre.

Cette station spectaculaire a fermé à la circulation en 1945, mais elle existe toujours. Et certains détails de cette époque rappellent combien l’ouverture du métro a été un événement pour toute la ville. Si ce moment t’intrigue, on a d’ailleurs tout ce qui s’est passé un 27 octobre, bien au-delà de ce métro.

Pourquoi cette ligne a tout changé

Station de l'Hôtel de Ville aux voûtes en briques carrelées

Le métro de 1904 n’a pas seulement désengorgé les rues. Il a redessiné la ville entière. En permettant d’habiter loin et de travailler à Manhattan, il a favorisé l’essor des quartiers périphériques et du Bronx.

Les trains aériens existaient, mais le sous-sol offrait une capacité et une régularité inédites. En quelques années, le réseau s’étend, de nouvelles lignes sont creusées, et New York devient l’une des plus grandes villes de transport en commun au monde.

Ce réseau a aussi connu ses ombres, bien sûr. Aujourd’hui encore, le métro new-yorkais fait régulièrement la une pour des raisons moins joyeuses, comme ce drame survenu dans une rame qui avait ému toute la ville.

Et en France, on faisait quoi à la même époque ?

Pendant que New York inaugurait sa première ligne, Paris avait déjà ouvert la sienne depuis quatre ans. La capitale française avait inauguré son métro en 1900, à l’occasion de l’Exposition universelle.

Les deux villes ont suivi des chemins très différents, mais avec un point commun : une fierté immense pour ces tunnels qui changeaient le quotidien. Chez nous, même les détails les plus anodins ont leur histoire, comme la fameuse lettre M des bouches de métro, qui cache une bataille oubliée.

Quant au métro de New York, il continue de rouler plus de 120 ans après son premier voyage. Et l’image d’un maire aux commandes, ce 27 octobre 1904, reste l’un des plus beaux souvenirs de son histoire. Si tu aimes ces plongées dans le passé, tu peux aussi replonger dans ces photos qui ont marqué l’histoire.

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