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Pourquoi tes baskets ont-elles ce dernier trou inutile que presque personne n’utilise ?

Publié par Ambre Détoit le 12 Oct 2026 à 9:01

Regarde tes baskets de running, là, maintenant. Tout en haut, près de la cheville, il y a un trou de plus. Tu le laisses vide depuis des années, ou tu y passes ton lacet pour faire comme tout le monde.

Défaut de fabrication, détail de style, économie de matière ? La vraie réponse est à la fois plus simple et plus agaçante : on t’a donné un outil sans la notice.

Un trou qui n’a rien de décoratif

Premier élément de réponse : cet œillet n’est ni un reste de fabrication ni un ornement. Selon un article du site Turnip Style, il existe pour permettre un laçage particulier, appelé « runner’s loop » ou « heel lock » en anglais.

Traduction : un laçage qui verrouille le talon. Et ça tombe bien, car c’est exactement là que tes chaussures te trahissent quand tu cours.

Même avec une pointure parfaite, le pied peut bouger à l’intérieur. Ce glissement frotte la peau du talon, provoque des ampoules et peut irriter la zone du tendon d’Achille.

Mais comment une simple boucle de lacet peut-elle empêcher ça ? C’est là que ça devient malin.

La boucle que 90 % des coureurs ratent

Coureur lace sa chaussure au dernier œillet

Le principe tient en trois gestes. Tu laces normalement jusqu’à l’avant-dernier œillet, puis, au lieu de croiser les lacets, tu passes chaque extrémité dans le dernier œillet du même côté. Tu laisses ainsi une petite boucle sur chaque flanc.

Ensuite, tu croises les lacets en faisant passer chaque bout dans la boucle du côté opposé. Tu serres, tu fais ton nœud, et le haut de la chaussure se resserre autour de la cheville comme un collier.

Nike décrit cette méthode comme un moyen d’apporter un soutien supplémentaire et d’éviter que le talon ne glisse. L’idée est d’ancrer le pied vers l’arrière, là où il a tendance à décoller.

Un détail qui compte : l’astuce suppose au moins un œillet supplémentaire près de la cheville. Un site de running évoque même au moins six paires d’œillets pour qu’elle fonctionne bien.

Et ce n’est pas le plus surprenant. Le vrai problème, c’est ce qui se passe quand tu essaies.

Le piège qui explique pourquoi personne ne s’y met

Voilà le twist : la plupart des gens abandonnent à la première tentative. D’après Turnip Style, le matériel est déjà là, mais les lacets fournis sont souvent trop courts pour réaliser confortablement la boucle.

Autrement dit, le fabricant perce le trou, puis livre des lacets qui le rendent pénible à utiliser. Résultat : le dernier œillet reste vide, ou sert à un laçage croisé classique.

La solution tient parfois à un simple achat de lacets plus longs. Certains magazines de course à pied reconnaissent aussi que la boucle complète est un peu « fiddly », c’est-à-dire fastidieuse. Un coureur interrogé par Outside recommande une version plus rapide : repasser le lacet deux fois dans l’œillet du haut.

Cette variante donne selon lui une bonne sensation de maintien, pour moins de manipulation. Pas besoin d’être expert pour tester.

Reste une question : est-ce vraiment utile pour un coureur du dimanche ?

Descentes, pieds fins : qui en profite vraiment

Oui, mais pas tout le monde de la même façon. Les sources s’accordent sur un point : le verrouillage est surtout utile dans les descentes, quand le pied glisse vers l’avant et que les orteils viennent cogner le bout de la chaussure.

Il aide aussi les personnes au talon étroit ou au pied fin, qui flottent dans des modèles pourtant à leur taille. Pour elles, c’est parfois la différence entre une sortie agréable et une séance de pansements.

Autre avantage cité par un site spécialisé : on règle la tension séparément selon les zones du pied. Tu peux serrer fort au talon et rester souple sur l’avant-pied, ce qui évite d’écraser les orteils.

Si tu as déjà senti tes ongles souffrir en descente, tu sais que ce n’est pas un détail. Un choc répété, c’est exactement le genre de problème que la nature a résolu autrement pour les pics-verts et leur crâne, mais toi, tu n’as qu’un lacet.

Et si tu n’as pas de running à la maison, tout n’est pas perdu.

Et d’ailleurs, ce n’est pas le seul trou qui a une fonction cachée

Mains réalisant un laçage de verrouillage du talon

Le laçage « fenêtre » est un autre exemple. Il consiste à sauter volontairement certains œillets pour libérer de l’espace aux endroits sensibles. Utile en cas d’ongle incarné ou de durillon, d’après le site Sudchrono.

Ce genre de petit détail est partout. Le minuscule trou du capuchon de stylo a lui aussi une vraie raison d’être, que presque personne n’a jamais cherchée.

Même logique pour les objets les plus banals. La tranche striée de tes pièces ne sert pas à décorer, et l’on ne l’a pas inventée pour rien.

Notre quotidien est plein de choix de conception que l’on ne remarque plus, et c’est souvent l’absence de mode d’emploi qui les rend invisibles. Parfois, la raison est même complètement culturelle : voilà pourquoi un étage entier a disparu des ascenseurs.

Bref, si tu veux essayer ce soir, voici le mode d’emploi en une phrase : passe chaque lacet dans le dernier œillet de son côté pour former une boucle, croise-les dans les boucles opposées, puis serre.

La réponse en une phrase

Ce dernier trou est un point d’ancrage prévu pour bloquer ton talon et éviter ampoules et glissements, mais ses lacets trop courts font qu’on ne s’en sert presque jamais.

La question qui reste : combien d’autres détails de tes affaires ont un mode d’emploi que personne ne t’a jamais donné ? Pour continuer dans cette veine, découvre pourquoi le miel ne périme jamais, ou comprends comment les gratte-ciel tiennent debout sans s’enfoncer.

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