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Avant Halloween, nos grands-parents sortaient les betteraves creusées : les coutumes oubliées de la Toussaint

Publié par Ambre Détoit le 10 Oct 2026 à 11:48

Oubliez les citrouilles en plastique et les sacs de bonbons. Bien avant qu’Halloween ne débarque dans les années 1990, la fin octobre avait déjà ses rituels en France. Plus discrets, plus sombres, souvent plus poétiques.

Des lanternes taillées dans des légumes, des veillées à la chandelle, des gâteaux partagés pour les morts… Nos grands-parents ont connu un tout autre automne. Et franchement, il avait de quoi nous faire rêver.

Une fête des morts bien avant les déguisements

Pour comprendre, il faut remonter au calendrier chrétien. Le 1er novembre, c’est la Toussaint, qui honore tous les saints. Le lendemain, le 2 novembre, c’est le jour des Défunts, consacré aux morts de chaque famille.

Dans les villages, ces deux jours comptaient énormément. On ne parlait pas de frayeur, mais de mémoire. Les vivants se retrouvaient, les morts n’étaient pas oubliés.

La veille, le 31 octobre, était parfois un moment de bascule. On préparait déjà les visites au cimetière. Mais la plus belle surprise se cachait dans les rues et les chemins. Elle s’appelait la lanterne de légume.

La betterave creusée : l’ancêtre oublié de la citrouille

Grand-père creusant une betterave en lanterne avec un enfant

Eh oui, avant la citrouille orange, il y avait des légumes bien de chez nous. Betteraves, navets, rutabagas : on les évidait, on y découpait un visage, on glissait une bougie à l’intérieur. Le tour était joué.

Ce type de lanterne existait dans plusieurs régions d’Europe, notamment en Irlande et au Royaume-Uni, avec des navets. En France, des traditions comparables sont rapportées dans certaines campagnes, souvent à l’automne, quand les légumes d’hiver arrivaient à maturité.

Le principe était simple : éclairer la nuit et, selon les croyances locales, écarter les mauvais esprits. Le résultat devait être un peu inquiétant, avec cette flamme tremblante derrière des yeux creusés. Et ce n’est pas le détail le plus surprenant.

Ce que les grands-parents glissaient vraiment dans les mains des enfants

Pas de tonne de bonbons industriels à l’époque. Les petits cadeaux étaient modestes, mais chargés de sens. Un fruit de saison, une noix, une châtaigne grillée, parfois une petite pièce.

Les mandarines et les oranges, rares et précieuses, étaient déjà associées aux fêtes de fin d’année dans de nombreuses familles. Les recevoir était un petit événement en soi.

Selon les régions, on partageait aussi des pains ou des gâteaux en souvenir des défunts. Certaines coutumes voulaient qu’on offre une part à ceux qui passaient à la porte. Le geste comptait plus que le contenu.

Les veillées de la Toussaint, entre bougies et histoires

Mains de grand-mère offrant mandarine, noix et pièce à un enfant

Le soir venu, on se rassemblait. Autour du feu, on racontait des histoires de revenants, de fantômes et de lieux hantés. Les enfants écoutaient, tout ouïe, entre frissons et fous rires.

Beaucoup de familles allumaient aussi des bougies ou des lumignons à la mémoire des disparus. Cette tradition de lumière en pleine nuit d’automne existe encore aujourd’hui dans bien des endroits, notamment dans les cimetières.

C’est peut-être là le vrai point commun avec Halloween : la peur apprivoisée, partagée, presque réconfortante. Mais une question demeure. Pourquoi cette fête a-t-elle changé de visage aussi vite ?

Comment Halloween a débarqué dans nos automnes

Halloween vient du monde anglo-saxon, avec des racines celtes revisitées par les immigrés irlandais aux États-Unis. La fête est devenue un phénomène commercial en Amérique, puis a traversé l’Atlantique.

En France, elle s’est surtout popularisée à partir des années 1990, portée par les commerces, les films et la télévision. Les enfants ont découvert le porte-à-porte, les déguisements de sorcières et les paniers de sucreries.

Résultat : les vieilles coutumes se sont peu à peu effacées de nombreuses mémoires. Pourtant, elles n’ont pas totalement disparu, et certains les font revivre en famille.

Et si on remettait un peu de rétro dans notre automne ?

Veillée en famille autour de la cheminée à la lueur des bougies

Pas besoin de renier les citrouilles. Mais pourquoi ne pas tenter, une fois, la lanterne de betterave avec les enfants ? C’est un atelier amusant, peu cher et qui a du charme.

Vous pouvez aussi remplacer une partie des bonbons par des clémentines, des noix ou des fruits secs. Ajoutez une veillée avec une bougie et une histoire à raconter. Vos enfants s’en souviendront peut-être plus que d’un énième paquet de sucreries.

Et pour organiser vos vacances et votre automne, jetez un œil à ce que prévoient les météorologues pour la Toussaint. Pensez aussi à ces appareils à régler au passage à l’heure d’hiver, qu’on oublie à chaque fois.

Les vacances scolaires, elles, font l’objet d’un débat : certains syndicats évoquent un possible changement de nom, comme on l’explique dans cet article sur Noël et la Toussaint. Une chose est sûre : les traditions, elles, savent se transformer sans jamais vraiment disparaître.

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