Les 7 départements français les plus riches en médecins : Paris à 970, un n°2 inattendu
Trouver un médecin, c’est devenu un casse-tête dans une bonne partie du pays. Pourtant, certains départements en comptent plus de deux fois la moyenne nationale.
On a épluché les chiffres de la DREES au 1er janvier 2026 pour dresser le top 7. Il y a une surprise dans le podium, et un piège dans le n°1.
Du n°7 au n°5 : le Sud-Ouest et la Côte d’Azur s’installent
Premier repère : la France compte en moyenne 350,6 médecins pour 100 000 habitants, tous modes d’exercice confondus. C’est le seuil à garder en tête pour la suite du classement.
n°7 : la Gironde, 440,8 médecins pour 100 000 habitants. Le département de Bordeaux dépasse la moyenne nationale de plus d’un quart. Il ferme pourtant ce top 7 de justesse.
n°6 : l’Hérault, 449,2. Même logique pour le département de Montpellier : il grimpe d’un cran, avec près de 9 points d’avance sur la Gironde.
n°5 : les Alpes-Maritimes, 466,4. Le département de Nice s’invite dans le haut du tableau. Et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche la médiane régionale la plus élevée du pays, à 395,7.
Mais le duel suivant se joue à un souffle près.

Rhône contre Bouches-du-Rhône : 1,1 point d’écart
n°4 : les Bouches-du-Rhône, 470,1. Marseille et son département échouent au pied du podium. Ils comptent à peine plus d’un médecin de moins pour 100 000 habitants que leur rival.
n°3 : le Rhône, 471,2. Le département de Lyon décroche la 3e place avec 1,1 point d’avance. Sur une telle densité, c’est un écart qui ne se voit pas dans un cabinet.
Ces deux géants ont un point commun : ils concentrent des hôpitaux universitaires. Or, la DREES compte les médecins à leur lieu d’activité, pas à leur domicile.
Un département qui abrite un CHU attire donc mécaniquement des praticiens qui soignent aussi des patients venus d’ailleurs. Cela change la lecture du classement, on y revient plus bas.
Reste à savoir qui s’est glissé devant eux.
Le n°2 que personne n’attendait devant Lyon et Marseille
n°2 : les Hautes-Alpes, 529,2 médecins pour 100 000 habitants. Un département de montagne, avec des préfectures de taille modeste, passe devant le Rhône et les Bouches-du-Rhône. L’écart avec Lyon dépasse 58 points.
Ce résultat contredit l’image des campagnes et des montagnes désertées par les soignants. Les Hautes-Alpes ont déjà fait parler d’elles côté santé : on les a vues tenter les retraités en quête d’air pur.
Et ce n’est pas tout : ce département garde un autre secret, que l’on dévoile juste après le n°1.

Paris à 970 : un score qui cache un grand écart
n°1 : Paris, 970,2 médecins pour 100 000 habitants. La capitale écrase le classement, à près de trois fois la moyenne nationale. Elle compte presque deux fois plus de médecins que les Hautes-Alpes, pourtant 2e.
Mais regardez la composition de ce chiffre. Sur ces 970 médecins, 724,1 sont des spécialistes. Il reste donc seulement 246 généralistes pour 100 000 habitants.
C’est la concentration des hôpitaux et des facultés qui fait le score parisien, pas la médecine de ville. Un Parisien n’a donc pas forcément un médecin de famille plus facile à joindre que dans le reste du pays.
Si l’on ne garde que les généralistes, la hiérarchie bascule.
Le vrai classement, celui du médecin de famille
Sur la seule médecine générale, les Hautes-Alpes passent en tête avec 294,7 généralistes pour 100 000 habitants, devant Paris. Le département alpin réalise ce que la capitale ne peut pas faire : une offre de proximité très dense.
La moyenne nationale est de 146,2 généralistes pour 100 000 habitants. Les Hautes-Alpes font donc plus du double.
Pourtant, la densité n’est pas tout. La DREES publie un autre indicateur, l’accessibilité potentielle localisée, qui tient compte des distances et de la disponibilité réelle des praticiens.
À l’autre bout de la carte : l’anneau du manque
Le contraste est brutal. En métropole, c’est l’Ain qui ferme la marche avec 173,7 médecins pour 100 000 habitants, soit 5,6 fois moins que Paris. Mayotte tombe à 82,8.
Autour de l’Île-de-France, un véritable anneau de faible densité se dessine : l’Eure (179,4), la Seine-et-Marne (198,1), l’Eure-et-Loir (200,4) ou encore l’Oise (211,4). Tous restent sous 250.
Le Centre-Val de Loire a la médiane régionale la plus basse du pays, à 220,8. Seule l’Indre-et-Loire échappe à la règle, avec 399,8, grâce au CHU de Tours.
Pour les généralistes seuls, l’Eure-et-Loir est dernier de métropole avec 82,4. L’écart avec les Hautes-Alpes tombe alors à 3,6 pour 1.
Pourquoi la moyenne nationale vous ment
Les 350,6 médecins pour 100 000 habitants ne décrivent pas le département typique. La médiane départementale est de 298,4, soit 15 % de moins, et 67 départements sur 101 passent sous la moyenne.
Parmi eux, 28 départements ne dépassent pas 250 médecins pour 100 000 habitants. Paris et quelques territoires très dotés tirent la moyenne vers le haut.
Ces écarts pèsent sur les choix de vie. Certains en tiennent compte quand ils déménagent d’un département à l’autre. D’autres, comme ces retraités tentés par Limoges, regardent surtout le coût de la vie.
À l’étranger aussi, on compare : cette retraitée de 62 ans installée à Madère a fait son choix en fonction du budget. Et les jeunes qui décident de quitter le nid parental ont rarement la densité médicale en tête.
Alors, tu aurais deviné le n°2 ?
La tendance est nette : les médecins se concentrent à Paris, dans le Sud et autour des CHU, tandis qu’un anneau de départements autour de la capitale et le centre du pays restent dégarnis. Et le chiffre le plus trompeur, celui de Paris, cache seulement 246 généralistes.
Et toi, tu aurais parié sur les Hautes-Alpes en n°2, devant Lyon et Marseille ? Dis-nous en commentaire dans quel département tu vis, et si ton médecin est facile à trouver.
Envie de rester dans les classements du quotidien ? Découvre les départements où l’on boit le plus de café, ou ceux où l’on mange le plus de pâtes, avec une alerte au cadmium à la clé.