Mariées le même jour en 1952 : deux sœurs fêtent leurs 74 ans de mariage, côte à côte à l’Ehpad

Se marier le même jour que sa sœur, ça arrive. Rester mariées toutes les deux pendant plus de sept décennies, puis fêter ça ensemble dans leur Ehpad, c’est une tout autre histoire. À Vihiers, en Maine-et-Loire, deux couples ont soufflé un anniversaire que très peu de gens atteignent. Reste à savoir comment s’appelle une telle noce, et ce que cette journée a eu de si particulier.
Une double noce en 1952, dans les Deux-Sèvres
Remontons le temps. Le 23 septembre 1952, à Saint-Pierre-des-Échaubrognes, dans les Deux-Sèvres, deux sœurs se marient le même jour. Selon Ouest-France, il s’agit de Marie-Josèphe Douézy, qui épouse Joseph Pousin, et de Jeannette Douézy, qui épouse Robert Coutant.
Deux mariées, deux mariés, une seule date. Une double noce, c’est une fête pour deux couples et une famille qui applaudit deux fois. Dans une commune de cette taille, on imagine l’événement du moment, même si la source ne le détaille pas.
Ce que le journal ne dit pas, en revanche, c’est comment l’idée est née. Rien n’indique si le choix de la date a été longuement discuté ou s’il s’est imposé tout seul. Ce qui est établi, c’est que ce choix a tenu : plus de soixante-dix ans plus tard, les quatre mêmes noms sont encore liés.
Les histoires de sœurs et de mariages ne finissent pas toujours aussi sereinement. Il suffit de lire l’histoire de cette femme dont le mari est parti avec sa propre sœur pour mesurer l’écart avec nos deux Douézy.
Alors, que fête-t-on exactement quand on atteint 74 ans de vie commune ? Et surtout, comment appelle-t-on ça ?
Des noces de Sienne, un mercredi de septembre
Dans le vocabulaire des anniversaires de mariage, on connaît les noces d’argent, d’or ou de diamant. Celles-ci sont moins familières. Les noces de Sienne correspondent à 74 ans de mariage, selon l’expression reprise par Ouest-France.
Autrement dit, il faut avoir dépassé les noces de diamant de plusieurs années pour y prétendre. Et il faut que les deux conjoints soient toujours là pour en profiter. Ici, ils sont quatre.
Il y a des lieux de mariage qu’on associe tout de suite à la fête : la mairie, son perron, ses invités qui attendent dehors. Le lieu de la célébration d’aujourd’hui est très différent, mais le lien est le même. Un détail d’architecture que les mairies françaises partagent presque toutes a d’ailleurs sûrement abrité des centaines de couples comme eux.
Le jour J tombe un mercredi 23 septembre, soit exactement la même date que le mariage de 1952. Un anniversaire pile à la date, un jour de semaine, et une salle qui n’a rien d’une salle des fêtes. La fête a eu lieu à l’Ehpad du CHI Lys Hyrôme, à Vihiers, dans la commune de Lys-Haut-Layon, en Maine-et-Loire.
Voilà donc la réponse que le titre annonce : les deux couples ont célébré leurs noces ensemble, au même endroit, au même moment. Mais le plus touchant tient peut-être à ce que cela suppose.

Quatre résidents, une seule table de fête
Pour comprendre ce qui rend cette journée singulière, il faut relire le texte d’Ouest-France avec attention. Les deux sœurs et leurs maris ont fêté l’événement « en compagnie de leurs maris », dans l’établissement même. Deux couples, un seul lieu de vie, une seule fête.
Le journal indique que, soixante-quatorze ans après les deux mariages, leurs familles se sont retrouvées à l’Ehpad. On comprend que les enfants, petits-enfants et proches ont fait le déplacement pour entourer ceux qui, en 1952, avaient dit oui le même jour.
C’est là que se trouve le vrai payoff. Après toute une vie, les deux sœurs n’ont pas seulement gardé la même date de mariage : elles se retrouvent encore à fêter l’anniversaire côte à côte, dans le même établissement. Elles ont avancé en parallèle, de l’église des Deux-Sèvres à Vihiers.
On est loin de l’image des Ehpad uniquement tristes ou silencieux. Un anniversaire de mariage y a aussi sa place, avec sa part de rires et de souvenirs, et la présence de la famille y donne une saveur particulière. Pour beaucoup de lecteurs, l’idée de vieillir avec sa sœur et son beau-frère à proximité, c’est déjà un joli programme.
Les retraites tranquilles peuvent d’ailleurs prendre des formes très variées : un ancien routier qui vit en camping-car en offre un contraste saisissant.
Ce que cette histoire dit de la longévité à deux
Que retenir de cette double noce de Sienne ? D’abord que la source est brève : Ouest-France ne donne ni l’âge des quatre protagonistes, ni leurs souvenirs, ni le déroulé précis de la fête. On ne les prête donc pas.
Mais l’essentiel est là, et il est solide. Une date de mariage commune, un lieu de fête commun, une famille qui se retrouve. Dans un pays où l’on parle beaucoup de couples qui se séparent, voir deux couples fêter une telle durée a quelque chose de rassurant.
Ce genre d’anniversaire rappelle aussi qu’un Ehpad est un lieu de vie, avec ses dates qui comptent. Pour les familles, ce sont des occasions de se rassembler, de sortir les albums de photos et de se raconter l’histoire. C’est ce que le journal laisse entendre quand il évoque les retrouvailles.
Rien n’indique, dans la source, que l’événement aura une suite. Mais une chose est sûre : les quatre noms ressortent de cette histoire comme un petit symbole de fidélité. Les émotions de ce type ont toujours un public, comme l’a prouvé cette hôte qui a préparé des dernières vacances à un vieux chien, au grand bonheur de sa maîtresse.
Autre manière de fêter les dates qui comptent : se souvenir de ce qui s’est passé, jour après jour. Le calendrier en garde la trace, comme le 12 septembre et ses événements marquants.
À Vihiers, en tout cas, la fête de la fidélité aura eu ses quatre héros, un mercredi de septembre.
Deux sœurs, deux mariages le même jour, et soixante-quatorze ans plus tard, une seule fête : voilà une preuve que certaines dates se partagent pour la vie. Et si la fidélité vous intrigue, savez-vous ce qui s’est passé quand un mari a mené une double vie pendant 35 ans ? Quant au geste que les mariés échangent à la sortie de l’église, son origine remonte bien plus loin que la politesse.