Marié 35 ans, il menait une double vie en Russie : sa femme obtient 100 millions de livres en justice

Trente-cinq ans de mariage. Deux enfants. Une vie de luxe entre Londres, Moscou et le Portugal. Et puis un jour, tout s’effondre. Elena Kroupeeva découvre que son mari, le multimillionnaire Mikhail Kroupeev, menait une double vie complète en Russie — avec une autre femme et un autre enfant. Le prix de ce mensonge ? Plus de 100 millions de livres sterling.
Un couple doré qui vivait entre trois pays
Mikhail et Elena Kroupeev se sont mariés en 1988. Pendant plus de trois décennies, le couple a évolué dans un univers de richesse spectaculaire. Leur résidence principale : un hôtel particulier londonien estimé à 14,4 millions de livres. Ils possédaient aussi des propriétés en Russie et au Portugal, valorisées ensemble à environ 26 millions de livres.

Elena percevait une allocation mensuelle de 40 000 livres sterling — soit près de 47 000 euros par mois — pour maintenir son train de vie. Comme dans d’autres histoires de couples où l’argent devient un secret, la façade brillante cachait une réalité bien plus sombre. Car quand la relation a commencé à se fissurer, Mikhail a tout simplement coupé les vivres.
C’est à ce moment précis qu’Elena a décidé de se battre. Et ce qu’elle a découvert en creusant allait transformer un simple divorce en affaire judiciaire hors norme.
Une seconde famille cachée pendant des années en Russie
Le secret que Mikhail Kroupeev avait réussi à dissimuler pendant des années était vertigineux. Selon le London Standard, l’homme d’affaires russe entretenait une seconde famille complète dans son pays natal. Une autre épouse. Un autre enfant. Une existence parallèle minutieusement cloisonnée.

On a déjà vu des affaires où deux femmes découvrent qu’elles partagent le même homme, mais rarement à ce niveau de fortune et de dissimulation. Mikhail ne gérait pas seulement un mensonge sentimental. Il orchestrait deux vies familiales sur deux continents, avec les moyens financiers de maintenir l’illusion indéfiniment.
Depuis 2024, le couple se déchire devant les tribunaux britanniques. Les avocats d’Elena ont réclamé les trois propriétés — Londres, Russie, Portugal — ainsi que 32,1 millions de livres en espèces. Mikhail, lui, avait une tout autre vision du règlement. Mais le juge n’allait pas voir les choses de son côté.
Il se présente en visioconférence depuis Chypre et demande 300 000 livres de « clean break »
La scène aurait presque pu être comique si les enjeux n’étaient pas aussi colossaux. Selon The Sun, Mikhail Kroupeev s’est présenté à l’audience via visioconférence depuis Chypre. Sans avocat. Il se représentait lui-même.
Sa proposition ? Céder les propriétés de Londres et Moscou à Elena, mais ne lui verser que 300 000 livres en échange d’un « clean break » — une rupture nette et définitive, sans aucune obligation financière future. Autrement dit, pour un homme dont la fortune se compte en centaines de millions, il proposait des miettes.
Le contraste avec ce que ses affaires révélaient était saisissant. Car pendant que Mikhail jouait la carte de l’homme sans moyens, ses activités commerciales racontaient une tout autre histoire. Et les avocats d’Elena avaient des chiffres très précis à mettre sur la table.
Un contrat pétrolier en Syrie évalué entre 1,5 et 2 milliards de dollars
Justin Warshaw KC, l’avocat d’Elena, a révélé devant le tribunal un détail qui a changé la donne. Mikhail Kroupeev détiendrait un contrat d’exportation de pétrole en Syrie, dont la valeur oscillerait entre 1,5 et 2 milliards de dollars. Ce n’est pas une faute de frappe. Milliards.
Comme pour certaines fortunes colossales dont le grand public ignore l’ampleur, les avoirs de Kroupeev semblaient bien plus vastes que ce qu’il admettait. Le problème : l’homme d’affaires russe a « refusé » de faire évaluer ses entreprises. Un refus qui a pesé très lourd dans la balance judiciaire.
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Car non seulement il cachait l’étendue réelle de sa fortune, mais il violait aussi activement les ordonnances du tribunal. Et ça, la justice britannique ne l’a pas du tout apprécié.
Outrage au tribunal et menace de prison
Le juge adjoint de la Haute Cour, James Ewins KC, a constaté que Mikhail Kroupeev avait violé plusieurs ordonnances judiciaires. Il a été reconnu coupable d’outrage au tribunal — un délit pris très au sérieux dans le système juridique britannique.

Au passage, il devait déjà 800 000 livres à son ex-femme en arriérés. Quand on pense aux histoires de divorces à plusieurs millions dans le monde des célébrités, celle-ci joue clairement dans la cour des grands. Le tribunal a condamné Kroupeev à 28 jours de prison, une peine suspendue « sous conditions » — à savoir qu’il se conforme aux ordonnances pendant quatre semaines.
Concrètement, le message était limpide : coopérez, ou vous irez derrière les barreaux. Restait à déterminer le montant final que Mikhail devrait débourser. Et le verdict allait dépasser toutes les attentes.
100,6 millions de livres : un montant jugé « abordable » par le tribunal
Le 23 avril, le juge Ewins KC a rendu sa décision. Mikhail Kroupeev devra verser à Elena un total de 100,6 millions de livres sterling en actifs. Cela inclut les trois propriétés qu’elle réclamait — Londres, Russie, Portugal — ainsi que 60 millions de livres en liquidités.
Le détail le plus cinglant du jugement ? Le juge a estimé que cette somme était « abordable » pour Kroupeev. Selon ses termes, le paiement « ne nécessite de sa part que de liquider une fraction de ses ressources financières disponibles ». Autrement dit, même après avoir versé plus de 100 millions de livres, l’homme d’affaires restera richissime.
Mikhail, fidèle à sa stratégie, a déclaré devant la cour qu’il n’avait pas les moyens de payer. Le juge n’a manifestement pas été convaincu. Et quand on refuse de faire évaluer des entreprises liées à des contrats pétroliers milliardaires, c’est un argument difficile à défendre.
Le prix d’un mensonge de 35 ans
Cette affaire dépasse le simple cadre d’un divorce compliqué entre époux. Elle illustre ce qui se passe quand un mensonge de plusieurs décennies explose au grand jour, dans un contexte où les enjeux financiers se comptent en milliards.
Elena Kroupeeva a passé 35 ans aux côtés d’un homme qui menait une existence parallèle. Elle a élevé leurs deux enfants sans savoir qu’il avait une autre famille. Et quand la vérité a éclaté, plutôt que de chercher un arrangement équitable, Mikhail a choisi la stratégie de l’obstruction : refus d’évaluation, violation d’ordonnances, déclarations d’insolvabilité peu crédibles.
Le résultat ? Un jugement exemplaire. 100,6 millions de livres — soit environ 117 millions d’euros au cours actuel. De quoi rappeler que la justice, même face à des fortunes considérables et des montages complexes, finit parfois par rééquilibrer la balance. Comme dans l’affaire de l’héritage d’Alain Delon chamboulé par un enfant illégitime, les secrets de famille ont un prix. Et celui-ci est probablement l’un des plus élevés jamais prononcés par un tribunal britannique dans une affaire de divorce.
Mikhail Kroupeev, depuis Chypre, n’a pas encore commenté publiquement le verdict. Reste à voir s’il se conformera au jugement — ou s’il choisira, une fois de plus, de défier la justice.