Huit invités valent 800 W de chauffage : ce que mon voisin fait à son thermostat avant la sonnette

Chez mon voisin, le thermostat descend d’un cran bien avant la sonnette, et personne ne comprend pourquoi. Ce n’est ni de la radinerie ni une manie de plus. Il compte les watts de ses invités, et son calcul tient en quelques lignes d’arithmétique. Reste à savoir si le geste fait vraiment économiser quelque chose, et pour quels chauffages il ne marche pas du tout.
Un salon bien chauffé, huit convives et un dessert à 25 °C : la scène que mon voisin ne veut plus vivre
Le scénario est connu de tous ceux qui reçoivent à la maison en automne. On a rallumé le chauffage, la pièce est agréable quand arrivent les premiers invités, puis le salon tourne à l’étuve entre l’apéritif et le fromage. On ouvre une fenêtre, on retire un pull, on se demande qui a poussé le radiateur.
Mon voisin, lui, a cessé de subir cette scène. Une heure avant la sonnette, il baisse son thermostat d’un cran, pas davantage. Au début, j’ai cru à l’un de ces réflexes d’économie qui font sourire en famille.
Le cadre officiel pose pourtant un repère. L’article R241-26 du Code de l’énergie fixe pour les logements une température de chauffage de 19 °C en moyenne sur l’ensemble des pièces, hors périodes d’inoccupation prévues à l’article R241-27. Le ministère de la Transition écologique rappelle ce chiffre sur sa page consacrée au chauffage des bâtiments.
Son geste ne vise pas un chiffre précis. Il joue sur la marge, en laissant aux invités la place de réchauffer la pièce à leur façon. La taille d’un cran varie d’un thermostat à l’autre, et rien n’autorise à l’assimiler à un degré.
Quand j’ai fini par lui demander, sa réponse m’a surpris. Elle ressemble à ces détails du quotidien que l’on ne perçoit plus à force d’y vivre, alors que les invités les remarquent tout de suite. Sa logique repose sur une grandeur que personne ne songe à compter autour d’une table.
Les 100 W que chaque convive apporte sans qu’on le lui demande
Le voisin ne rogne pas sur le confort de ses invités : il compte leurs watts. Une tablée est une source de chaleur que le chauffage n’a pas eu à produire. Encore faut-il mesurer son ampleur.
Le programme d’enseignement scientifique de 1re, tel que le rappelle la ressource Éduscol du ministère de l’Éducation nationale, évoque une puissance thermique de l’ordre de 100 W pour un corps humain au repos. Cette chaleur n’a rien d’un défaut de fabrication. Le corps l’évacue par conduction, convection, évaporation et rayonnement infrarouge pour garder ses 37 °C.
Faites le calcul avec un dîner. Pour 8 convives attablés, cela donne environ 800 W. Avec 10 personnes, on approche 1 kW, soit l’ordre de grandeur d’un radiateur électrique courant.
Ce rapprochement est un calcul de notre part, pas une phrase du document, mais l’arithmétique ne laisse guère de place au doute. Combien de degrés huit invités ajoutent réellement dépend toutefois du volume de la pièce, de l’isolation et du type de chauffage. Aucun chiffre ne vaut pour tous les salons.
La chaleur, une fois entrée dans une pièce, ne repart pas aussi vite qu’elle est arrivée, et ce test à 3 secondes avec une feuille A4 l’aborde du côté de l’été. Le principe est le même, qu’on veuille la garder ou la chasser.
Voilà donc la réponse du voisin. Dans une pièce que le chauffage réchauffe déjà à plein régime, la chaleur des convives vient s’ajouter à la sienne au lieu de la remplacer. En baissant d’un cran avant leur arrivée, il évite que les deux s’empilent entre l’apéritif et le fromage.
Reste la question du portefeuille, puisque le geste prête à sourire.

L’économie est mince, et ce détail de thermostat peut ruiner tout le geste
Ceux qui transforment un vieux climatiseur en pompe à chaleur maison traquent chaque watt. Mon voisin mène la même chasse avec un simple thermostat, et le gain financier n’est pas ce qui le motive.
La notice des chaudières Junkers (groupe Bosch) Cerasmart indique qu’une baisse de 1 °C correspond à une économie d’environ 5 %. L’ADEME est souvent citée pour 7 % par degré, un chiffre relayé surtout par des sources secondaires, d’où une fourchette prudente de 5 à 7 %. Ces pourcentages décrivent un réglage de fond : sur une seule heure, le gain reste modeste.
Une heure à un cran de moins ne change pas une facture. Le bénéfice se trouve ailleurs, dans une pièce ni glaciale à l’arrivée, ni suffocante au dessert.
Avec un thermostat d’ambiance bien placé, la régulation fait d’elle-même une bonne part du travail. Quand la pièce se réchauffe sous l’effet des convives, l’appareil réduit la chauffe sans qu’on y touche. Le geste du voisin devient alors une ceinture portée avec des bretelles.
Bien placé veut dire à l’écart d’une fenêtre, d’un four ou d’un rayon de soleil direct, qui lui feraient croire la pièce plus chaude qu’elle ne l’est. Un thermostat posé dans l’entrée, près d’une porte qui claque, commettrait l’erreur inverse.
Le vrai piège est l’inertie. Un plancher chauffant, des radiateurs en fonte ou un poêle à bûches gardent leur chaleur pendant des heures. Quand le thermostat réclame l’arrêt, la dalle, la fonte ou les braises continuent de rayonner, et les invités arrivent par-dessus une chaleur déjà stockée.
Pour ces installations, une heure d’avance ne suffit peut-être pas. Un plancher chauffant demanderait sans doute d’anticiper plus tôt, puisque la dalle met du temps à refroidir. Avec un poêle, le levier consiste à ne pas recharger le foyer juste avant l’arrivée du groupe : le réglage se joue dans l’après-midi plutôt que dans la dernière heure.
Pourquoi ce réflexe tombe à pic avec la Toussaint et les premières tablées de la saison
Le calendrier donne au sujet une vraie actualité. Selon Tameteo (07/10), les températures devaient retomber à des niveaux frais et pleinement automnaux dès jeudi 8 octobre. Cette fraîcheur devait persister le week-end des 10 et 11 octobre, si bien que beaucoup de chaudières se rallument maintenant.
Les vacances de la Toussaint courent du 17 octobre au 2 novembre 2026 pour les zones A, B et C, d’après le calendrier en open data de l’Éducation nationale. C’est la période où les tables s’allongent : grands-parents, cousins, enfants en congé. Pour bien des foyers, le premier repas de 10 couverts de la saison tombera au moment où le chauffage repart de zéro.
Reproduire le rituel du voisin tient en trois gestes. Baisser le thermostat d’un cran environ une heure avant l’arrivée des invités. Vérifier que l’appareil n’est ni au soleil ni près du four, et qu’il réagit bien à la température de la pièce où l’on mange.
Le délai se règle selon l’installation. Une heure peut suffire avec des radiateurs réactifs pilotés par un thermostat d’ambiance, davantage avec de la fonte, un plancher chauffant ou un poêle. Aucun barème officiel ne fixe l’avance idéale, chacun ajuste selon son logement.
Si l’automne vous pousse à passer vos factures au crible, les contrats d’énergie et d’assurance à revoir avant l’hiver pèsent bien plus lourd qu’une heure de chauffe. Et côté salon, les teintes que les décorateurs s’arrachent feront peut-être plus pour l’ambiance que le thermostat.
Dernier point : les 100 W valent pour des convives assis. Un invité debout ou qui danse dégage davantage, et le calcul du voisin, valable pour un dîner, ne l’est plus pour une fête. L’économie, elle, reste un bonus de 5 à 7 % par degré selon les sources.
Un cran de moins avant la sonnette, et ce sont les invités qui finissent le travail du chauffage. Le confort du dessert se prépare une heure plus tôt, parfois même l’après-midi.
Et si un arbre planté au jardin pouvait peser sur le prix de votre maison, que penseriez-vous de cet arbre qui ferait grimper la valeur d’une maison selon des experts ? Quant à ceux qui croient avoir tout vu en matière de récupération, cette mère qui a bâti sa maison avec des déchets que personne ne recyclait risque de les faire changer d’avis.