« Les jours des radiateurs sont comptés » : pour l’architecte Jordi Martí, ce chauffage est dépassé et inefficace

Vous avez sûrement un radiateur à moins de trois mètres de vous. Il chauffe depuis des années, sans que personne ne songe à le remettre en cause. Pourtant, un architecte espagnol spécialisé dans l’efficacité énergétique affirme que son règne touche à sa fin. Mais attention : l’ADEME nuance fortement, et la vraie réponse tient à un détail que beaucoup de foyers ignorent.
Pourquoi un architecte enterre déjà vos radiateurs
Tout part d’une déclaration d’Jordi Martí, architecte espagnol, relayée par El Confidencial. Selon lui, les radiateurs traditionnels deviennent peu à peu inadaptés aux habitations modernes. Les progrès de l’isolation et l’arrivée de nouveaux équipements changeraient en profondeur notre façon de nous chauffer.
L’enjeu est loin d’être anecdotique. Selon l’ADEME, le chauffage pèse environ 66 % de la consommation énergétique d’un logement. Autrement dit, c’est là que se joue l’essentiel de la facture.
En 2024, les ménages français ont dépensé en moyenne 2 071 euros par an pour l’énergie de leur logement, soit environ 173 euros par mois. De quoi donner envie de regarder de plus près ce qui chauffe vraiment nos pièces.
Pendant des décennies, les radiateurs ont surtout servi de rustine. Murs froids, fenêtres anciennes, déperditions partout : il fallait produire beaucoup de chaleur pour que la pièce soit agréable. Ceux qui ont déjà vécu dans un appartement mal isolé savent de quoi on parle.
Ce modèle aurait-il fait son temps ? La réponse commence par une idée simple, que l’architecte résume en une phrase sur les murs. Et elle change la façon de penser le confort, comme le rappelle la vraie température à maintenir chez vous.
Le principe des murs chauds qui bouscule tout
« Si votre maison est bien isolée, les murs seront chauds même si la température intérieure est la même », explique l’architecte auprès d’El Confidencial. La logique est limpide. Quand les parois gardent mieux la chaleur, on se sent bien sans pousser le thermostat.
Résultat : les besoins en chauffage baissent. Et les équipements peuvent fonctionner à des températures moins élevées, ce qui remet en question certaines installations très énergivores.
Les logements récents et les bâtiments rénovés affichent aujourd’hui de meilleures performances. Selon Jordi Martí, les installations traditionnelles y perdent donc progressivement leur utilité. C’est dans ce contexte qu’il tire à boulets rouges sur un duo bien précis. Pour comprendre pourquoi le sujet touche aussi l’hiver au quotidien, vous pouvez jeter un œil à ce que révèle l’eau de purge de vos radiateurs.
« Cela n’a désormais plus de sens d’avoir une chaudière au gaz et des radiateurs qui chauffent énormément », affirme-t-il. Sa cible : les systèmes qui utilisent une eau très chaude pour compenser les pertes d’énergie.
Ses solutions de rechange ? Les pompes à chaleur et les planchers chauffants. Ces équipements diffusent efficacement la chaleur à des températures inférieures à celles des installations classiques. Il prédit d’ailleurs : « Vous verrez de moins en moins de radiateurs. »
Faut-il donc tout arracher et refaire ses travaux ? C’est précisément là que l’ADEME freine, et sa précision change la lecture de toute l’affaire.

Ce que l’ADEME répond : tous les radiateurs ne sont pas condamnés
Avant d’aller plus loin, une alternative moderne mérite l’attention : cette invention qui maintient 20 °C sans gaz ni électricité montre à quel point les systèmes évoluent.
Revenons à l’ADEME. L’agence apporte une précision importante : les radiateurs ne sont pas forcément incompatibles avec les technologies récentes. Une pompe à chaleur air/eau peut parfaitement alimenter des radiateurs existants, à condition que leurs dimensions et caractéristiques soient adaptées.
Les modèles basse température sont une solution intéressante. Leur surface d’échange leur permet de diffuser assez de chaleur sans exiger une eau aussi chaude que celle des anciennes installations.
Dans certains logements, garder ses radiateurs et installer une pompe à chaleur peut donc être pertinent. Il faut simplement vérifier le dimensionnement et leur capacité à bien chauffer les pièces. Un professionnel dira si quelques adaptations suffisent ou si certains appareils doivent être remplacés.
Voilà le vrai message : la disparition annoncée concerne surtout le modèle traditionnel, celui qui associe une chaudière au gaz à des radiateurs fonctionnant à très haute température. Les radiateurs basse température, eux, pourraient conserver toute leur place dans les logements de demain.
Avant de toucher à quoi que ce soit, ce que recommande l’ADEME
Le conseil de l’ADEME tient en un mot : l’isolation. Avant d’envisager des travaux coûteux, elle recommande de regarder les performances globales du logement. Une maison qui garde bien la chaleur consomme moins, quel que soit son système de chauffage.
Concrètement, mieux vaut donc ne pas se précipiter sur un nouvel équipement. Un logement mal isolé gaspillera de l’énergie avec une pompe à chaleur comme avec une vieille chaudière.
Pour qui veut agir sur l’hiver sans gros chantier, la question des habitudes compte aussi. Même l’heure à laquelle vous aérez votre logement joue sur la qualité de l’air et le confort.
Et côté réglementation, le débat sur l’avenir des équipements est déjà ouvert : ce type de chauffage pourrait bientôt être interdit, une piste à surveiller pour qui prépare des travaux.
L’annonce de Jordi Martí n’est donc ni un arrêt de mort pour votre radiateur, ni une fausse alerte. C’est un signal : le chauffage de demain misera sur des températures plus douces et des logements mieux isolés.
Le radiateur ne disparaît pas, il se range dans la catégorie « basse température ». L’ennemi, c’est la chaleur brute qui compense une maison passoire. Et si le froid vous inquiète davantage que la facture, ce que Enedis peut déjà faire à distance sur la puissance de votre logement risque de vous faire réfléchir. Quant à ceux qui veulent chauffer malin, ce village qui offre du bois contre un simple café raconte une autre manière de passer l’hiver.