Chauffage : cette invention permet de maintenir 20 °C chez soi sans gaz ni électricité
Le chauffage est redevenu un sujet qui divise les familles. On baisse le thermostat. On ferme des pièces. Et on reporte des travaux. Et parfois, on rêve d’un miracle.
Au Pays basque, une histoire raconte justement ce “miracle”. Une maison qui reste à 20 °C en plein hiver. Une chaudière coupée. Et une facture annoncée à zéro.
L’information ne vient pas d’un forum obscur. Elle est rapportée par le site Selectra, qui s’appuie lui-même sur un récit publié par Sud Ouest.
Sauf que derrière l’accroche, la réalité est plus précise. Et plus intéressante. Car ce qui se cache dans cette cheminée parle d’énergie, de bon sens… et d’un retour discret des systèmes “low-tech”.
Une chaleur stable, sans radiateurs électriques partout
Quand on imagine une maison à 20 °C “sans gaz ni électricité”, on pense tout de suite à une maison passive. De grosses épaisseurs d’isolant. Des fenêtres ultra-performantes. Une ventilation double flux calibrée au millimètre.
Ici, l’idée est différente. On ne parle pas d’un bâtiment futuriste. On parle d’une chaleur “classique”, celle que tout le monde connaît déjà : des radiateurs à eau chaude, répartis dans la maison, avec une température douce et homogène, un confort qui rappelle parfois la technique Ondol.
C’est précisément ce détail qui intrigue. Parce que, dans la plupart des maisons, le radiateur à eau chaude dépend d’une chaudière. Gaz. Fioul. Ou pompe à chaleur. Et dans tous les cas, d’une énergie achetée.
Alors comment une maison peut-elle continuer à faire circuler de la chaleur partout, tout l’hiver, tout en affichant une chaudière au repos ?
La réponse n’est pas magique. Elle est mécanique. Et elle se cache là où personne ne regarde vraiment.
Le “truc” n’est pas nouveau… il a juste disparu des maisons
On a tendance à croire que les bonnes idées datent d’hier. En réalité, certaines solutions existaient déjà, mais elles ont été effacées par l’industrialisation.
Dans les décennies passées, on trouvait plus souvent des systèmes hybrides autour du feu : des appareils capables de chauffer la pièce, mais aussi de chauffer de l’eau. L’objectif était simple : ne pas perdre la chaleur dans le conduit.
Puis les chaudières modernes ont pris le dessus. Plus simples à poser. Plus standardisées. Et plus “assurables” aussi. Et surtout, compatibles avec des circuits bien normés.
Résultat : la cheminée est redevenue un objet d’ambiance. Un bonus pour le salon. Pas le cœur du chauffage central.
C’est là que cette histoire du Pays basque devient intéressante. Parce qu’elle décrit un retour à l’inverse. Une cheminée qui redevient une mini-centrale thermique domestique.
Et c’est seulement à ce moment-là qu’on comprend comment la maison garde ses 20 °C.
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Selon Selectra, le principe repose sur un dispositif placé dans l’insert de la cheminée : un serpentin métallique, en cuivre, façonné de manière à passer au plus près des flammes.
L’idée n’est pas de chauffer l’air du salon. L’idée est de chauffer de l’eau.
Quand le feu brûle, le serpentin capte les calories. L’eau qui circule à l’intérieur monte en température. Selectra évoque une eau qui peut atteindre environ 60 °C.
Ensuite, cette eau chaude est envoyée dans le réseau de chauffage central, pour alimenter les radiateurs de la maison.
Ce type de montage porte un nom dans le monde du chauffage : un bouilleur (ou “insert bouilleur”). Le concept existe aussi en version industrielle, vendu prêt à poser, justement pour chauffer des radiateurs et parfois même l’eau chaude sanitaire.
Mais il y a un point essentiel, souvent oublié dans les titres trop parfaits. Dans le récit rapporté, une pompe de circulation est mentionnée pour faire bouger l’eau dans les radiateurs. Donc, parler de “zéro électricité” au sens strict est trompeur… sauf si cette pompe est alimentée autrement. Dans la plupart des cas, un circulateur consomme peu, mais il consomme quand même.
Et autre nuance : le combustible, ici, c’est le bois. Ce n’est pas du gaz. Ce n’est pas de l’électricité. Mais ce n’est pas non plus “rien”. Soit il est acheté, soit il est récupéré, soit il est produit. Attention toutefois à l’erreur de stockage qui pourrait ruiner votre rendement. La “facture à zéro” évoquée concerne surtout la chaudière et les réseaux classiques.
Bref : ce n’est pas un chauffage sorti du néant. C’est un détournement intelligent de la chaleur du feu, pour alimenter un circuit déjà existant.
Le détail qui change tout : la sécurité, pas l’idée
Sur le papier, ça paraît simple. Dans la vraie vie, c’est là que ça devient sérieux. Transformer une cheminée en “chaudière” implique des risques physiques. L’eau chauffe. Elle se dilate. La pression monte. Et si le système est mal conçu, on peut se retrouver avec une surpression dangereuse.
Selectra indique que l’installation décrite comporte des éléments de contrôle et de sécurité, cités comme présents dans le récit de Sud Ouest : manomètre, soupapes, vase d’expansion.
Ces éléments ne sont pas des gadgets. Ce sont des organes essentiels, qu’on retrouve dans les installations hydrauliques classiques, pour éviter les emballements. Sur ce point, l’ADEME rappelle que le ramonage est obligatoire au moins une fois par an, et recommande deux ramonages annuels en cas d’usage important.
La réglementation encadre aussi le ramonage via le Code de la santé publique et des textes associés. Il faut également noter qu’il ne sera bientôt plus possible de se chauffer au bois dans certaines communes de France.
Autrement dit : oui, l’idée peut impressionner. Mais le vrai “génie” se joue surtout dans la maîtrise des contraintes.
Pourquoi ce type de système reste rare en 2026
La question qui revient toujours est la même : si ça marche, pourquoi tout le monde ne le fait pas ?
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D’abord, parce que l’installation demande des compétences. Pas “bricolage du dimanche”. Plutôt une vraie maîtrise de l’hydraulique, des matériaux, des contraintes thermiques, et des sécurités.
Ensuite, parce qu’on vit dans un monde normé. Et c’est normal. Un système de chauffage touche à la sécurité des personnes, à l’assurance habitation, et aux règles locales sur le chauffage au bois. Le site officiel Service Public rappelle d’ailleurs que l’usage d’un feu de cheminée dépend aussi de réglementations locales (qualité de l’air, arrêtés, conditions d’utilisation).
Enfin, parce que le chauffage moderne s’est “kitifié”. On remplace. On branche. Et on paramètre. Ainsi, on n’assemble plus vraiment au métal, pièce par pièce, comme avant.
C’est exactement pour ça que cette histoire fait le tour du web. Elle ne vend pas seulement une astuce. Elle vend un fantasme : reprendre le contrôle, avec une solution concrète, compréhensible, et locale.
Et même si tout le monde ne peut pas la reproduire, elle pose une question très actuelle : qu’est-ce qu’on a laissé tomber, juste parce que ce n’était plus dans le catalogue ?
Ce qu’il faut retenir, sans se faire piéger par l’accroche
Oui, une cheminée peut chauffer bien plus qu’un salon. Le principe du bouilleur est connu, et il existe même en versions commerciales.
Oui, un montage artisanal peut réduire très fortement la dépendance à une chaudière.
Mais non, ce n’est pas une recette universelle. Ni un tuto à reproduire sans encadrement.
Si l’histoire fascine, c’est parce qu’elle rappelle une évidence : la chaleur la plus rentable est celle qu’on ne laisse pas s’échapper. Et parfois, l’innovation, ce n’est pas une appli. C’est un vieux principe qu’on réactive au bon endroit.
Que retenir ?
Cette installation au Pays basque n’est pas un tour de magie, mais une démonstration de l’efficacité des systèmes à bouilleur. Si l’autonomie énergétique vous attire, n’oubliez pas que la sécurité reste le pilier de toute installation thermique domestique.
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