El Niño 2026 s’apprête à dépasser le record de 2015 : l’anomalie approche déjà les +3°C

Le Pacifique équatorial chauffe à une vitesse inquiétante. Les scientifiques suivent cette zone comme du lait sur le feu, et pour cause : les derniers relevés donnent des sueurs froides aux climatologues du monde entier.
Car cette fois, on ne parle pas d’un simple réchauffement saisonnier. On parle d’un phénomène capable de bouleverser les équilibres météo de toute la planète, des sécheresses en Australie aux inondations en Amérique du Sud. Et le chiffre qui tourne en ce moment fait froid dans le dos : on s’approche dangereusement d’un record vieux de plus de dix ans.
El Niño, ce phénomène qui inquiète déjà les météorologues
Pour comprendre l’ampleur de la situation, il faut regarder la zone « 3.4 », cette portion du Pacifique que les scientifiques surveillent en permanence pour détecter El Niño. À la mi-septembre 2026, les mesures quotidiennes y frôlent les +3°C par rapport à la normale. Un niveau qui n’est pas anodin.
Ce genre de dérèglement a des conséquences bien concrètes sur nos vies, un peu comme l’été 2026 qui a déjà battu un record vieux de 126 ans en France. Les épisodes El Niño intenses ont l’habitude de dérégler durablement les saisons, bien au-delà du Pacifique.
La NOAA, l’agence américaine de référence en la matière, a même publié une estimation qui fait bondir : elle donne désormais plus de 90% de probabilité que l’épisode actuel devienne « très fort » d’ici l’automne et l’hiver 2026-2027.
Autant dire que la question n’est plus de savoir SI ça va arriver, mais à quel point. Un scénario qui rappelle d’ailleurs ce scénario de canicule redouté par Météo France, qui affichait lui aussi des probabilités élevées avant de se confirmer.
Vers un nouveau record historique face à El Niño 2015-2016 ?
Voici le détail qui change tout : le seuil actuel se rapproche sérieusement du pic atteint pendant le puissant El Niño de 2015-2016, considéré comme l’un des plus intenses jamais enregistrés. À l’époque, ce phénomène avait provoqué des dérèglements climatiques majeurs à l’échelle mondiale.
Début septembre, les relevés hebdomadaires de la NOAA affichaient déjà +2,9°C. Autrement dit, on n’est plus dans l’hypothèse : le mercure grimpe, semaine après semaine, vers un territoire qu’on n’avait plus vu depuis une décennie.
Mais il y a plus impressionnant encore. Sur les cartes détaillées, certaines poches localisées du Pacifique affichent des anomalies de +4 à +5°C, voire jusqu’à +8°C par endroits.
Un chiffre vertigineux qui montre à quel point le phénomène peut être violent localement, même si l’indice global de +3°C, calculé sur une zone bien plus large, vient naturellement lisser ces pics extrêmes.
Une nuance essentielle pour comprendre pourquoi les chiffres varient selon les sources, un peu comme lorsque Météo France annonce une deuxième vague de chaleur extrême avec des marges d’incertitude géographiques importantes.

Le détail qui change tout dans le calcul du « record »
Voici le point crucial que peu de monde connaît : les océans tropicaux sont aujourd’hui globalement plus chauds qu’en 2015, à cause du réchauffement climatique général. Résultat : les climatologues ont dû inventer un nouvel indice, qui retranche une partie de ce réchauffement de fond pour isoler le véritable signal d’El Niño.
Et avec cette méthode plus précise, la comparaison change de visage. L’épisode 2026 reste exceptionnel, indéniablement. Mais son avance sur les grands épisodes historiques de 1982-1983, 1997-1998 ou 2015-2016 apparaît nettement moins spectaculaire qu’annoncé. D’où des chiffres parfois contradictoires selon la manière dont on communique dessus.
Selon le météorologue Régis Crépet, il serait donc prématuré de qualifier El Niño 2026 de « plus puissant jamais observé ». Un tel titre ne se décerne pas sur quelques journées exceptionnelles, mais sur des moyennes établies sur plusieurs mois, et surtout sur la réponse concrète de l’atmosphère : inondations, sécheresses, dérèglements en cascade.
Ce type de phénomène a d’ailleurs déjà bouleversé des écosystèmes entiers par le passé, à l’image de l’assèchement de la mer d’Aral décidé par l’URSS en 1960.
La suite de l’automne dira si 2026-2027 rejoint réellement, voire dépasse, les épisodes historiques. Réponse dans les prochaines semaines, quand les moyennes se stabiliseront enfin.
Un chiffre à +3°C qui cache déjà des pics à +8°C localement : voilà tout le paradoxe d’El Niño 2026. Reste à savoir si l’automne confirmera la tendance, ou si la nature réserve encore une surprise à ceux qui la surveillent de si près.