Pare-brise en miettes, grêlons de 595 g : l’Argentine sous une grêle géante, la deuxième en quelques jours

Lundi matin, la province de Córdoba, en Argentine, s’est réveillée sous les impacts. Des grêlons gros comme des mandarines, parfois comme des balles de tennis, ont criblé plusieurs localités. Un habitant en a posé un sur une balance, et le chiffre affiché dit tout de la violence de l’épisode… sans pour autant décrocher le record du monde.
Lundi à l’aube, un orage de grêle s’abat sur Córdoba
Tout commence tôt dans la matinée de lundi. Un intense épisode orageux frappe la province de Córdoba, en Argentine, et la pluie ne vient pas seule. Elle est accompagnée d’une chute de grêle particulièrement violente.
Les habitants de Sierras Chicas, d’Unquillo et de Mendiolaza comprennent vite que ce n’est pas une averse comme les autres. Des blocs de glace martèlent les toits, les rues, les jardins. Selon les informations relayées par CNews, les dégâts matériels sont sérieux.
La grêle naît dans les nuages d’orage, là où des gouttes gelées grossissent en se recouvrant de couches de glace avant de retomber. Plus le grêlon est lourd, plus il tombe vite et plus il frappe fort. Jusque-là, rien que de très classique sur le papier.
Mais très vite, les réseaux sociaux s’emballent. Inquiets et impressionnés à la fois, les habitants publient des images de ce qu’ils ont vu tomber et cherchent dans leur quotidien de quoi mesurer l’ampleur du phénomène. Les comparaisons choisies n’ont rien d’anodin.
Ce genre de scène peut prendre des proportions spectaculaires : une ville recouverte sous 40 cm de grêle en est un autre exemple marquant. À Córdoba, c’est plutôt le poids de certains projectiles qui a marqué les esprits.
Alors, à quoi ressemblaient exactement ces grêlons ? Les habitants ont eu des réponses très imagées.
Œuf, mandarine, balle de tennis : la balance d’Unquillo a rendu son verdict
Sur les photos et vidéos partagées, les grêlons posent dans la paume des habitants ou à côté d’objets familiers. Certains atteignent la taille d’un œuf, d’une mandarine, voire d’une balle de tennis, comme le rapportent les médias locaux. Difficile d’imaginer de tels blocs tomber du ciel.
Ces images circulent notamment via des comptes locaux, comme celui de la chaîne ONTV, qui a relayé une publication sur le sujet. Chacun y va de son échelle de comparaison, entre effroi et fascination. Mais une comparaison, c’est toujours approximatif.
D’ailleurs, ce type d’épisode fait généralement monter la vigilance, comme lorsque Météo-France place 15 départements en vigilance orange avec grêle et rafales à la clé. Reste que l’alerte ne dit jamais le poids exact des projectiles qui vont tomber.
À Unquillo, un habitant a eu le bon réflexe. Il a ramassé l’un de ces monstres, tombé près d’une échelle, et l’a posé sur une balance. Le chiffre affiché l’a, selon CNews, laissé pantois.
Le cadran indiquait 595 grammes. Soit plus d’un demi-kilo de glace tombé d’un nuage, sur une seule pièce.
Impressionnant, évidemment. Mais record du monde ? Pas tout à fait, et le véritable détenteur du titre fait encore plus peur.

Le record du monde reste loin, mais les dégâts sont bien réels
Les assureurs connaissent bien ce scénario, et la facture des orages finit souvent par peser sur les contrats. À Córdoba, en tout cas, ce sont d’abord les voitures qui ont encaissé les coups.
Côté records, le grêlon d’Unquillo reste sous la barre. Le champion du monde est un bloc de 20,3 centimètres pesant 879 grammes, trouvé au Dakota du Sud, aux États-Unis, en 2010. Il y a donc 284 grammes d’écart avec la pièce argentine.
Les véhicules stationnés sur la voie publique de Sierras Chicas, Unquillo et Mendiolaza ont été les premières victimes de cette pluie de glace. Vitres et pare-brise en morceaux, impacts et bosses sur les carrosseries : certains automobilistes se sont réveillés avec une très mauvaise surprise.
L’épisode n’a duré qu’un court instant, mais il a suffi. Plusieurs blessés légers ont également été signalés.
Et ce n’était pas la première fois ce mois-ci. Selon les journaux locaux, un phénomène similaire avait déjà touché la province de Córdoba quelques jours plus tôt, en septembre. Environ 25 personnes avaient alors dû être prises en charge par les secours, dont 5 pour des traumatismes crâniens sévères.
Ce que cette série de tempêtes laisse derrière elle
Deux épisodes de grêle en quelques jours sur la même province : de quoi inquiéter les habitants, déjà marqués par la première tempête. Les images partagées sur les réseaux sociaux servent désormais de témoignage. Elles permettent de mesurer l’ampleur des dégâts, grêlon après grêlon.
Le bilan humain paraît toutefois moins lourd cette fois-ci, avec des blessés légers signalés, alors que la première tempête avait nécessité une prise en charge de 25 personnes. Les informations disponibles ne donnent en revanche ni le nombre exact de véhicules endommagés ni le coût total des dégâts. Il faudra sans doute attendre les bilans des autorités et des médias locaux.
Ce type de phénomène se prépare mieux quand on sait à quoi s’attendre, et les perturbations orageuses annoncées en milieu de semaine en France rappellent que la grêle n’est pas qu’une affaire lointaine. Les épisodes orageux violents ne prévienent pas toujours longtemps à l’avance.
Les températures et les masses d’air jouent aussi leur rôle dans ces situations, comme le montre cette goutte froide qui propulse le mercure à 44 °C en Espagne. Chaque situation météo reste singulière, mais elles racontent toutes la même histoire d’un ciel qui peut basculer vite.
À Córdoba, pour l’instant, les habitants ramassent les débris de vitres, comptent les bosses sur leurs carrosseries et gardent un œil sur le ciel. Ils savent désormais qu’un grêlon peut dépasser le demi-kilo.
Un grêlon de 595 grammes, une région sonnée, et un record du monde qui tient toujours. La nature a de quoi faire trembler, mais elle a aussi ses limites. Et si les caprices du ciel vous fascinent, cette cité engloutie depuis six siècles qui refait surface vous réserve une tout autre surprise. Quant aux routes qui font vraiment peur, ce col sans barrière qui fait 12 morts par an n’a rien à envier à une tempête de grêle.