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Affaire Lyhanna : les États-Unis avaient signalé Jérôme Barella à la France… sans que la justice soit jamais saisie

Publié par Cassandre le 12 Juin 2026 à 11:02
jerome barella 1

Un homme signalé depuis l’étranger pour son comportement en ligne envers des mineurs. Des alertes transmises aux autorités françaises. Et pourtant, aucune enquête ouverte avant le drame. L’affaire Lyhanna, cette collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, vient de prendre un tournant glaçant avec cette révélation.

Jérôme Barella : un profil déjà repéré outre-Atlantique avant le drame dans le Gers

Jérôme Barella, principal suspect dans l’enquête sur la mort de Lyhanna, n’était pas un inconnu des radars internationaux. Selon une source proche de l’enquête, le NCMEC — le National Center for Missing and Exploited Children — avait transmis plusieurs signalements le concernant à l’Office national des mineurs en France.

Le NCMEC est l’organisme américain de référence dans la lutte contre la pédocriminalité. Sa mission : centraliser toutes les alertes liées à des infractions sexuelles en ligne envers des mineurs. Échanges de contenus pédocriminels, propos à caractère sexuel, extorsions… Le spectre est large.

Ces signalements ont été découverts après l’éclatement de l’affaire, quand les enquêteurs ont fouillé la vie numérique de Barella pour dresser son profil. Autrement dit, personne n’avait fait le lien avant. L’information, révélée par Le Monde et confirmée par BFMTV, pose une question vertigineuse : comment un individu signalé par les États-Unis a-t-il pu passer entre les mailles du filet ? Et surtout, qu’y avait-il dans ces alertes qui auraient pu tout changer ?

200 000 signalements par an : l’Office des mineurs submergé par les alertes américaines

Pour comprendre comment ces signalements ont pu rester lettre morte, il faut regarder les chiffres. L’Office national des mineurs reçoit chaque année un peu moins de 200 000 alertes en provenance des États-Unis. Deux cent mille. Pour une quarantaine d’enquêteurs.

Faites le calcul : cela représente environ 5 000 signalements par enquêteur et par an. Un volume colossal, impossible à traiter de manière exhaustive. D’autant que tous les signalements ne se valent pas. Aux États-Unis, la majorité est fixée à 21 ans, contre 18 en France. Résultat : certaines alertes concernent des situations parfaitement légales de ce côté de l’Atlantique.

Aux signalements américains s’ajoutent ceux d’associations françaises, de la plateforme Pharos, de particuliers, d’Interpol, d’Europol. Une masse d’informations qui arrive en continu. Dans le cas de Barella, on ignore encore la date exacte des alertes, leur contenu précis, et si elles comportaient suffisamment d’éléments pour remonter jusqu’à son identité complète.

Ce que l’on sait, c’est qu’elles n’ont jamais été transmises à la justice. Aucune procédure judiciaire n’a été engagée. Aucun juge n’a été saisi. Et pendant ce temps, Barella continuait à vivre sa vie dans le Gers.

Écran d'ordinateur affichant des alertes numériques urgentes

L’affaire Lyhanna révèle une faille que la France ne peut plus ignorer

Ce n’est pas la première fois que le système d’alerte français est pointé du doigt. Mais l’affaire Lyhanna rend le constat terriblement concret. Un organisme étranger avait identifié un comportement suspect. Il l’avait signalé. Le signal est arrivé en France. Et rien ne s’est passé.

Le problème n’est pas la mauvaise volonté. C’est l’écart abyssal entre le volume d’alertes et les moyens humains pour les traiter. 40 enquêteurs face à des centaines de milliers de signalements, c’est une équation impossible. Chaque alerte non traitée est un risque qui dort dans un dossier.

Depuis la mort de cette collégienne de 11 ans, la pression monte sur les autorités. Comment prioriser les signalements ? Comment identifier les profils les plus dangereux dans cette masse de données ? Ces questions, la France va devoir y répondre vite. Car derrière chaque alerte ignorée, il y a potentiellement un enfant en danger.

Un homme signalé par les Américains, des alertes noyées dans la masse, une enfant qui n’est plus là. L’affaire Lyhanna ne pose pas seulement la question de la culpabilité de Jérôme Barella — elle interroge un système entier. Combien d’autres signalements dorment encore dans les serveurs de l’Office des mineurs sans que personne n’ait eu le temps de les ouvrir ?

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