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« Dieu merci, je n’ai pas attendu d’être à la retraite pour vivre » : Afflelou perçoit 5 600 € mais trouve ce pécule « difficile »

Publié par Hannah Maline le 15 Oct 2026 à 13:37

5 600 euros par mois : pour des millions de retraités, ce chiffre ressemble à un rêve. Pourtant, l’opticien dont le nom est familier à toute la France a avoué que cette somme lui paraissait « difficile » à vivre. Une confidence lâchée sur un plateau télé, accompagnée d’une phrase qui résume tout son rapport à l’argent. Et elle est moins simple qu’elle n’en a l’air.

Un plateau, une question d’argent, et un homme de 75 ans qui joue franc-jeu

Le 23 novembre 2023, Alain Afflelou s’installe sur le plateau de l’émission Chez Jordan, présentée par Jordan de Luxe. Il a alors 75 ans. Et il a accepté de parler d’un sujet que beaucoup de Français gardent pour eux : ce qu’il touche vraiment.

Face aux questions de l’animateur, l’entrepreneur n’esquive pas. Il dévoile le montant de sa pension et explique pourquoi, à ses yeux, ce montant ne colle plus tout à fait à son mode de vie. Selon La Dépêche, qui a rapporté ces propos, la scène a de quoi surprendre.

Car avoir bâti une enseigne connue dans toute la France ne garantit pas de se sentir comblé par sa retraite. Chacun connaît ce moment où l’on découvre le montant réel de sa pension, souvent différent de ce qu’on imaginait. D’ailleurs, une erreur sur un relevé de carrière peut faire perdre beaucoup d’argent à des retraités bien moins fortunés que lui.

Mais pour comprendre cette confidence, il faut remonter loin avant le plateau. Avant les vitrines, avant la célébrité, avant même les premières paires de lunettes. Tout commence dans une famille de boulangers.

Alain Afflelou a en effet grandi dans une famille de boulangers installée en Algérie. Le contraste avec l’homme d’affaires qu’il est devenu est immense. Et c’est lui qui donne son sens à la phrase qui va suivre.

De la boulangerie d’Algérie à Sharon Stone : le train de vie qui change tout

En 1962, ses parents arrivent en France avec leurs enfants. La famille doit reconstruire sa vie et repartir de zéro. Pas de filet, pas de capital : un nouveau départ dans un pays à apprivoiser.

Quelques années plus tard, à seulement 24 ans, le jeune homme ouvre sa première boutique de lunettes dans l’agglomération bordelaise. Ce magasin marque le début d’une aventure entrepreneuriale qui va transformer son quotidien. Progressivement, le commerce se développe et devient une chaîne d’optique présente dans toute la France.

L’entrepreneur mise aussi sur la publicité pour faire connaître sa marque. Parmi les personnalités associées à son enseigne figure notamment l’actrice américaine Sharon Stone. Cette réussite lui ouvre les portes d’un niveau de vie confortable, très éloigné de celui des débuts.

C’est là que se niche la clé du sujet : le montant d’une pension ne se juge pas dans le vide, mais face aux habitudes prises. Cette logique de comparaison nourrit d’ailleurs les débats actuels, comme celui sur les retraités touchant plus de 2 000 € par mois, que le Medef voudrait mettre davantage à contribution.

Revenons au plateau de Chez Jordan. L’opticien n’a pas cherché à éviter les questions de revenus, et il lâche le chiffre sans détour : « J’ai le maximum pour la retraite, c’est 5600 euros », a-t-il déclaré.

Dans la foulée, il juge pourtant ce montant « difficile » à vivre, compte tenu du train de vie auquel il avait été habitué durant sa carrière. Voilà la phrase qui a fait réagir. Mais a-t-il vraiment dit que c’était impossible ? La réponse se trouve dans la suite de sa déclaration.

« Dieu merci, je n'ai pas attendu d'être à la retraite pour vivre » : Afflelou touche 5 600 € et juge ça « difficile »

« Pas impossible du tout » : ce que sa phrase dit vraiment

Avant d’aller plus loin, une précision utile : ce genre de revenu pèse aussi sur la fiscalité. Beaucoup de seniors ignorent par exemple cet abattement de 2 881 € pour les plus de 65 ans, qui peut alléger leur impôt.

Revenons à Alain Afflelou. Le titre qui circule laisse entendre qu’il se plaint de sa pension. La réalité de ses propos est plus nuancée, et c’est tout l’intérêt de relire la confidence en entier.

Car l’opticien ajoute une phrase qui change la lecture : « Dieu merci, je n’ai pas attendu d’être à la retraite pour vivre. » Autrement dit, il a profité de ses revenus pendant sa carrière, sans attendre l’âge de la pension pour se faire plaisir. Ce n’est pas la plainte d’un homme à court d’argent.

Il reconnaît d’ailleurs lui-même qu’il n’est « pas impossible du tout » de vivre avec cette somme. Voilà le payoff : il ne dit pas qu’on ne peut pas vivre avec 5 600 euros. Il dit que cette somme est difficile à concilier avec le niveau de vie qu’il avait auparavant.

Ses propos concernent donc principalement l’écart entre sa pension et les moyens financiers dont il disposait avant. C’est une comparaison avec son propre passé, pas avec celui des autres retraités. Le mot « difficile » prend alors un sens très relatif.

Au fil des années, l’opticien a développé une entreprise dont le nom est devenu familier aux consommateurs français. Son parcours, commencé avec une boutique près de Bordeaux, lui a permis de connaître une situation financière bien différente de celle de ses débuts. Dès lors, sa déclaration s’éclaire : il compare le montant perçu aux habitudes acquises pendant sa vie professionnelle.

Reste à savoir ce que cette confidence nous apprend, au-delà du cas d’un homme célèbre.

Ce que cette confidence raconte des retraites, et ce qu’on ignore encore

Première limite à garder en tête : ces propos remontent à 2023. Ils ont été rapportés par La Dépêche, qui ne précise pas si sa pension a évolué depuis cette interview. Impossible, donc, de dire ce qu’il touche aujourd’hui.

Deuxième enseignement : son témoignage illustre une vérité simple. Le sentiment d’aisance à la retraite dépend moins du montant brut que de l’écart avec la vie d’avant. Un même chèque peut paraître confortable à l’un et serré à l’autre.

Ce constat éclaire les débats sur l’avenir des pensions. Certains projets évoquent des ajustements importants, comme le plan de l’Institut Montaigne avec son abattement de 10 %, la CSG et des pensions désindexées. Chaque réforme se heurte à cette même question : par rapport à quoi juge-t-on un niveau de vie ?

Autre point à surveiller, plus pratique : le versement de la pension elle-même. Des retraités voient leur virement retardé pour de simples oublis administratifs, comme le montrent ces 4 démarches oubliées liées à l’Agirc-Arrco. Cela vaut autant pour les petites pensions que pour les grandes.

Enfin, la confidence d’Alain Afflelou rappelle qu’une star de l’entreprise peut parler d’argent sans fard. C’est assez rare pour être souligné, et c’est sans doute ce qui a donné à ces quelques phrases leur retentissement.

« Dieu merci, je n’ai pas attendu d’être à la retraite pour vivre » : voilà la vraie leçon d’Alain Afflelou. Sa pension de 5 600 euros n’est ni un drame ni une plainte, juste le reflet d’une vie menée à pleine vitesse.

Et si l’argent des autres vous intrigue, ces 943 € qui dorment peut-être sur un compte oublié à votre nom méritent un coup d’œil. Quant à ceux qui croient que la célébrité protège de tout, ce que le fisc a fait subir à Gilbert Montagné prouve le contraire.

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