« Quelle retraite ? » : on lui imaginait 7 000 à 8 000 € par mois, Anny Duperey répond 600 €
Quarante ans de théâtre, des dizaines de rôles au cinéma, des livres, des plateaux télé : on se dit qu’Anny Duperey a de quoi voir venir. Pourtant, quand on a évoqué le sujet de sa pension devant elle, la réaction a été immédiate et glaçante. Sa réponse a laissé l’animateur incrédule, et le montant qu’elle a lâché, plus bas qu’on ne l’imagine, n’est pas le seul détail surprenant.

Cette carrière de star qui laisse penser qu’elle est à l’abri
Anny Duperey, c’est une figure du cinéma français. Elle enchaîne les pièces de théâtre depuis les années 60 et passe sans effort des planches aux caméras, avec des personnages qui ont marqué le public. Difficile de ne pas croire qu’une telle trajectoire met à l’abri du besoin.
Fabienne dans De l’enfer à la victoire, Samantha Hirsch dans Just a Gigolo, Hélène dans Sur les chemins noirs, Kaki dans Bambou : la liste de ses rôles est longue. Et le public la connaît aussi pour Une famille formidable, une série qui l’a installée durablement dans les foyers.
À cela s’ajoutent les interviews. Elle est régulièrement invitée dans diverses émissions, où elle parle de son parcours, de ses livres et parfois de sujets de société. Elle s’est ainsi fait remarquer par un coup de gueule sur les soignants, puis par des critiques visant Gérard Depardieu.
Autant de raisons, pour beaucoup de Français, d’imaginer une retraite confortable. Une idée répandue à propos des artistes, que d’autres vedettes ont déjà bousculée : Pierre Arditi, par exemple, a révélé à 81 ans une pension très éloignée des 20 000 € qu’on lui imaginait.
Mais pour Anny Duperey, la vraie surprise est venue d’un plateau, en novembre 2022. Et d’une phrase lancée par un animateur un peu trop sûr de lui.
Sept ou huit mille euros par mois : la supposition qui a fait tiquer l’actrice
En novembre 2022, Anny Duperey accorde un entretien à Jordan De Luxe. L’occasion de revenir sur son brillant parcours, mais aussi d’aborder un sujet qu’on évoque rarement avec les artistes : leur retraite.
L’animateur se lance, sûr de son estimation : « Moi, j’imagine sept ou huit mille euros par mois. » Il n’a pas le temps d’aller plus loin. Selon les propos rapportés, l’actrice le coupe net, avec une question qui sonne comme un rappel à la réalité.
« Quelle retraite ? », demande-t-elle. Puis elle ajoute, avec une ironie à peine voilée : « Il y a peut-être une erreur quelque part. » Autrement dit, le montant évoqué ne correspond en rien à ce qu’elle perçoit.
Dans l’esprit de l’artiste, il y a un décalage énorme entre l’image publique et le compte en banque. Elle le dit d’ailleurs sans détour : sa retraite est bien en dessous de « ce que les gens s’imaginent ». Reste à savoir de combien, et la réponse tient en quelques mots.
Le cas n’est pas isolé. Les pensions des artistes font régulièrement réagir, comme quand Lio s’est dite abasourdie par une pension sous les 1 000 €. Mais Anny Duperey, elle, va plus loin dans le détail.
Jordan De Luxe insiste : « Les gens se disent : ‘Ah Anny Duperey, on l’a vue à la télé, elle écrit des livres. Donc plutôt une retraite normale ?’ » Réponse de l’intéressée : « Même pas. » Puis elle précise : « Celle de la sécu, je suis à peu près à la moitié du maximum. Je ne sais pas. C’est bizarre. »
Et enfin, la phrase qui tombe : « Moi, c’est à 600 euros. »

Ni Agirc-Arrco, ni confort : le régime des artistes et une fin de carrière sans arrêt
Le chiffre a de quoi surprendre. Jordan De Luxe, selon les propos rapportés, a eu beaucoup de mal à croire l’actrice. Gérard Jugnot a lui aussi trouvé sa pension bien maigre au regard de ce qu’il a donné, mais ici, l’écart avec l’imaginaire collectif est encore plus net.
Autre précision utile : Anny Duperey ne dépend pas de l’Agirc-Arrco, le régime complémentaire des salariés du privé. Comme beaucoup d’artistes, elle relève de son équivalent, l’IRCEC. Son cas ne se règle donc pas comme celui d’un cadre classique.
Sa pension de la sécu, dit-elle, correspond à environ la moitié du maximum. C’est déjà loin du compte quand on pense à une carrière aussi remplie. Et l’actrice ne cache pas sa perplexité : « C’est bizarre ».
Conséquence directe : pour joindre les deux bouts, la star serait « obligée de travailler », d’après ce que rapporte la source. Pas de repos doré, donc. Seulement une activité qui continue, parfois par choix, parfois par nécessité.
Jordan De Luxe, un peu gêné, a alors lâché : « Heureusement que vous avez mis de côté, que vous avez acheté. » Il a même reconnu qu’on lui reproche parfois de poser ce genre de question. Car, dit-il, « on s’imagine des choses incroyables sur les artistes ».
Anny Duperey confirme : la plupart des gens « pensent que [elle est] millionnaire ». Un fantasme tenace. Et elle n’en est pas à sa première prise de parole sur le sujet.
Ce que cette confidence dit de l’image des artistes
En décembre 2022, un mois plus tard, Anny Duperey en parlait déjà dans une interview donnée au magazine Nous Deux. Son message était cohérent : « Ma retraite n’est pas élevée et encore, je ne me plains pas. »
Pas de plainte, donc, mais un constat lucide. Elle ajoutait même : « J’ai beaucoup de chance, car je ne m’imagine pas m’arrêter. » Une phrase qui éclaire tout : le travail n’est pas seulement une contrainte, c’est aussi une envie.
Ce goût de continuer, d’autres l’affichent avec force. À 84 ans, Michel Drucker a lui aussi rompu le silence : « Je n’arrêterai jamais ! » On n’est pas dans le même cas de figure financier, mais le même refus de raccrocher.
Alors, que retenir ? Que les apparences trompent, d’abord. Une carrière visible, des livres, des apparitions télé ne disent rien du montant d’une pension, qui dépend des cotisations et du régime concerné.
Chez les artistes, le sujet revient souvent, avec des montants parfois bien inférieurs aux attentes du public. Chantal Goya, à 84 ans, a aussi parlé d’un montant oublié et d’argent qui « repart » dès qu’il rentre. Les confidences se répètent, et elles dérangent l’image de la vedette fortunée.
Pour Anny Duperey, la leçon est simple : à l’époque de cet entretien, elle ne voyait aucune raison de s’arrêter, et la réalité de sa pension ne lui en laissait pas vraiment la possibilité. De touchantes confidences, qui en disent long sur l’écart entre le rêve et le relevé de compte.
Derrière la star, il y a une femme qui travaille encore. Et c’est peut-être cela, le vrai fait marquant de cette histoire.
600 euros, c’est un chiffre. Mais derrière, il y a surtout l’idée qu’une carrière éclatante ne garantit pas une retraite à la hauteur.
Et si vous pensiez que seuls les anonymes étaient concernés, ce que Goldman n’a jamais cessé de faire en secret depuis 2004 pourrait bien changer votre regard sur ceux qui disent tout arrêter.
Quant aux vedettes d’hier qui ont fini mal, le destin de Denise Glaser, morte seule et dans la misère, rappelle que la gloire ne protège de rien.