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« Une petite retraite par rapport à ce que j’ai donné » : Gérard Jugnot, 75 ans, lâche ce qu’il pense de sa pension

Publié par Hannah le 08 Oct 2026 à 2:20

Quand on a fait rire la France entière avec les Bronzés, on imagine une retraite dorée. Pourtant, Gérard Jugnot, aujourd’hui 75 ans, avait un jour avoué le contraire au micro de RTL. Ses mots reviennent à la surface alors que le budget 2027 prévoirait de geler certaines pensions. Reste à savoir ce qu’il disait exactement de sa pension, et pourquoi il refuse de s’arrêter.

Gérard Jugnot interview retraite réforme

Quand une star du Splendid parle de sa pension, la France tend l’oreille

Tout part d’une émission radio. Le samedi 4 février 2023, Gérard Jugnot est l’invité d’Éric Dussart dans On refait la télé, sur RTL. À l’époque, la France est en pleine bataille sur la réforme des retraites.

Le comédien a alors 71 ans. Il n’est pas directement visé par le débat, et il le dit sans détour : « Je ne suis pas concerné, mais je peux comprendre que quelqu’un qui fasse un métier difficile ait envie de s’arrêter. »

Un propos de bon sens, presque neutre. Mais l’acteur ne s’arrête pas là, et c’est sur son propre cas que la conversation devient plus personnelle.

Cofondateur de la troupe du Splendid, révélé par Les Bronzés, acclamé ensuite dans Les Choristes en 2004, il n’a jamais caché que son métier payait bien. Il le rappelle comme d’autres artistes qui ont lâché le montant de leur retraite, avec la franchise de ceux qui n’ont rien à prouver.

« Dans ce métier, on gagne bien sa vie, souvent », reconnaît-il. Alors pourquoi parle-t-il d’une pension décevante ? La réponse se cache dans une phrase qu’il glisse presque en passant.

Les trimestres, ce casse-tête qu’il avoue ne pas comprendre

Sur le fameux report de l’âge légal à 64 ans, Gérard Jugnot reconnaît s’y perdre un peu. Il ne se cache pas derrière de grandes théories.

« Je crois que ce qui est important, ce sont les trimestres cotisés… C’est ça que je ne comprends pas bien », admet-il. Un aveu rare, qui fait de lui un citoyen comme les autres face à la complexité du système.

Il touche pourtant déjà sa pension, et il le dit avec une pointe d’amertume. Cette confidence, d’autres l’ont faite dans un registre différent : Benjamin Castaldi a détaillé sa future retraite en évoquant ses cotisations.

Chez Jugnot, le ton est plus doux, plus fataliste. Il ne chiffre rien, il ne se plaint pas bruyamment, il constate.

La phrase qui résume tout tient en quelques mots : « Moi, je la touche, ma retraite. Une petite retraite par rapport à ce que j’ai donné… »

Le mot « donné » est le plus important de la phrase. Il ne parle pas seulement d’argent : il parle de décennies de travail, de cotisations, de plateaux et de tournages. Et il ajoute une explication qui va bien au-delà de son cas personnel.

Les « persistants » : ceux qui travaillent encore après la retraite

Addition au restaurant avec un portefeuille et quelques pièces posés sur la table

Comme Hugues Aufray, qui remonte sur scène à 97 ans, Gérard Jugnot ne songe pas à raccrocher. Il appartient à une catégorie qu’il a lui-même baptisée.

Les « persistants », c’est ainsi qu’il désigne « les gens qui continuent à travailler après la retraite ». Et il refuse d’en faire une simple histoire de passion.

« Souvent, c’est parce que les gens sont obligés… Mais tout ce qu’on cotise, ce n’est plus pour nous, c’est pour les autres », explique-t-il. Autrement dit, celui qui continue d’être actif cotise sans que cela améliore sa propre pension.

Éric Dussart le qualifie alors de « super contributeur ». L’acteur ne le contredit pas, ce qui en dit long sur son état d’esprit.

Reste la formule la plus savoureuse de l’entretien. Sur l’idée de s’arrêter un jour, il lance : « Oui, il faudra qu’on m’arrête. » Puis il en rajoute une couche, avec l’humour qu’on lui connaît : « Dans les métiers de passion, la retraite correspond à la retraite de Russie, à la débâcle. »

Passion, obligation, cotisations perdues : trois raisons très différentes de continuer, et il les met toutes sur la table.

Ce que ses confidences disent du budget 2027

Pourquoi ces propos de 2023 refont-ils surface maintenant ? Parce que le budget 2027 prévoirait de geler les pensions au-delà de 2 034 euros. La petite phrase d’un acteur redevient alors un miroir pour des millions de retraités.

Le sujet reste brûlant. Pour comprendre où en est la réforme, on peut se reporter à notre point sur l’âge réel de départ en 2026, qui détaille ce que change la suspension.

Gérard Jugnot, lui, n’a jamais été un donneur de leçons. Il explique que l’aisance financière a même son revers : au restaurant, « les gens ont toujours tendance à dire : « Bah tiens, paye, toi, puisque tu as du pognon ! » ». Il avoue que cela peut être « un peu énervant ».

Pas question pour autant de jouer les grippe-sous. Il s’est même offert un coup de gueule contre certains collègues : « Je trouve ça triste. Il y a des gens vraiment très, très radins. J’en connais, c’est terrible ! Des pinces, il y en a quand même pas mal. »

Entre générosité assumée et amertume tranquille, le portrait est celui d’un homme à l’aise mais lucide. Et il rappelle qu’la question des trimestres cotisés, qu’il avoue mal maîtriser, concerne tout le monde.

À 75 ans, il n’a toujours pas annoncé qu’il s’arrêtait. Les persistants, eux, continuent.

Même avec un métier qui paie bien, la pension peut sembler maigre face à une vie de travail. C’est peut-être là que sa confidence touche le plus de monde.

Et si vous vous demandez comment d’autres vedettes gèrent leurs vieux jours, ce que Mercotte a déjà réglé à 84 ans vous donnera à réfléchir. Autre cas de figure : ce que Jean-Jacques Goldman touche encore chaque année raconte une tout autre histoire.

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