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Bananarama : ce record des charts que ces trois filles des années 80 détiennent encore

Publié par Elsa Fanjul le 14 Sep 2026 à 4:30

Elles ont dansé sur ses tubes sans jamais retenir son nom. Pourtant, ce groupe britannique détient encore aujourd’hui un record que ni les Spice Girls, ni Destiny’s Child, ni aucune fille band n’a réussi à battre depuis quarante ans.

Trois copines, des paillettes, une voix pas franchement parfaite mais un groove imparable. Bananarama, c’est l’histoire d’un trio parti de rien qui a fini par entrer dans le Guinness des records.

Trois chanteuses des années 80 en tenues pop colorées

Trois filles, un squat londonien et une idée un peu folle

Mains feuilletant des vinyles colorés des années 80

Tout commence en 1979 à Londres. Sarah Dallin, Keren Woodward et Siobhan Fahey partagent un squat au-dessus des studios de la BBC. Elles n’ont ni argent, ni contrat, ni vraiment de plan de carrière.

Elles chantent pour le plaisir, s’inspirent du son post-punk qui traîne dans les rues londoniennes de l’époque. Le nom du groupe vient d’un mélange improbable entre la chanson « Nanana » de Roxy Music et le générique de « Banana Splits », une série pour enfants.

Personne ne mise un centime sur elles. Et pourtant, quelques mois plus tard, leur premier single « Aie a Mwana » sort chez Demon Records. Le début d’une aventure que même elles n’avaient pas vue venir.

Le tube que tout le monde connaît sans savoir qui le chante

« Cruel Summer », sorti en 1983, c’est LE morceau qui a fait le tour du monde. Diffusé dans le film « Karate Kid », il devient un hymne d’été instantané.

Beaucoup de gens fredonnent encore ce refrain aujourd’hui sans forcément associer le titre au nom Bananarama. C’est un peu le paradoxe du groupe : omniprésent dans les mémoires collectives, mais discret sur l’affiche.

Puis vient 1986 et la reprise de « Venus », le classique de Shocking Blue. Le titre grimpe direct en tête des charts américains. Un exploit rare pour un groupe féminin britannique à cette époque, comparable à ce qu’a pu vivre Sheila avec ses tubes yéyé intemporels en France une décennie plus tôt.

Femme souriante feuilletant une collection de vinyles rétro

Le record méconnu qui tient encore aujourd’hui

Voici le détail que peu de gens connaissent : Bananarama détient le record du plus grand nombre d’entrées dans les charts pour un groupe entièrement féminin, tous pays confondus.

Le Guinness World Records l’a officiellement validé. Aucun autre girl group, ni les Spice Girls dans les années 90, ni les Destiny’s Child des années 2000, n’a réussi à faire mieux depuis.

Le trio britannique a placé des titres dans les classements sur plusieurs décennies consécutives, un exploit de longévité rarement égalé dans la pop. Ce genre de records dort souvent dans l’ombre pendant des années, un peu comme l’histoire méconnue de « Nightcall » de Kavinsky, ce titre français qui a conquis le monde grâce à un film culte sans que tout le monde connaisse son parcours.

Mais un record ne se construit pas sans tensions internes. Et Bananarama n’a pas fait exception.

Ce que la nostalgie ne montre pas toujours

En 1988, Siobhan Fahey quitte le groupe pour fonder Shakespears Sister. Sarah et Keren continuent en duo, contre toute attente. Beaucoup pensaient que l’aventure s’arrêterait là.

Elles enchaînent pourtant les tournées, les albums, les changements de style. La pop synthétique des débuts laisse place à des sonorités plus dance au fil des années 90 et 2000.

Ce genre de rebond après un départ marquant, on l’a vu ailleurs dans la musique française aussi, comme le raconte cette révélation tardive de France Gall sur Michel Berger. Les groupes survivent parfois bien au-delà de ce qu’on imagine.

Que sont devenues les trois filles de Bananarama ?

Sarah Dallin et Keren Woodward continuent de tourner ensemble aujourd’hui, plus de quarante ans après leurs débuts. Elles ont même sorti de nouveaux morceaux ces dernières années, preuve que le public répond encore présent.

Siobhan Fahey, de son côté, a poursuivi sa carrière avec Shakespears Sister puis s’est faite plus discrète médiatiquement. Elle reste néanmoins créditée dans l’histoire du groupe et de son record.

Cette longévité rappelle celle d’autres icônes qui refusent de raccrocher, à l’image de Hugues Aufray qui remonte sur scène à 97 ans ou de Dave, toujours dans l’actualité à 80 ans. La musique des années 80 a cette capacité étrange à ne jamais vraiment s’éteindre.

Aujourd’hui, quand « Venus » ou « Cruel Summer » passe à la radio, la plupart des auditeurs chantent le refrain sans forcément savoir d’où ça vient. C’est peut-être ça, le vrai record de Bananarama : avoir marqué des générations entières tout en restant, paradoxalement, dans l’ombre de leurs propres tubes.

Un peu comme ces objets et lieux d’une autre époque qui ressurgissent par surprise, à l’image du rayon disques de la Fnac des années 80 ou du disquaire disparu sans que personne ne le pleure vraiment. La nostalgie des années 80 n’a visiblement pas fini de nous surprendre.

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