« On voulait m’égorger » : Bertrand Chameroy révèle la menace de mort qui l’a fait fuir les réseaux

Bertrand Chameroy vient de boucler sa dernière matinale sur France Inter. La gorge serrée, il a dit au revoir à ses auditeurs après une seule saison. Mais derrière l’émotion des adieux, l’humoriste a lâché une révélation glaçante : un sketch parodique lui a valu des menaces de mort, au point de le pousser à quitter définitivement le réseau social X.
Bertrand Chameroy quitte France Inter la gorge nouée après une saison
L’été approche et, avec lui, la fin des saisons télévisées et radiophoniques. Pendant que Léa Salamé clôturait la sienne sur France 2, Bertrand Chameroy a choisi un chemin différent. Le chroniqueur ne reviendra pas sur les ondes de France Inter à la rentrée. Paul de Saint-Sernin reprendra le flambeau dès septembre prochain.
Pour sa dernière émission, Chameroy a tenu à s’adresser directement à son successeur. Le ton était sincère, sans fioritures. Il l’a prévenu : le réveil qui sonne dans la nuit, les matins où l’actualité plombe tout, les doutes qui reviennent en boucle. Mais aussi le privilège d’appartenir à ce qu’il appelle « une prestigieuse maison ».
Puis il s’est tourné vers l’équipe. Régie, rédaction, studio : chacun a eu droit à son mot. « La gorge un peu nouée, merci et au revoir, c’était chouette, vous allez me manquer », a-t-il lâché. Un adieu sobre, presque pudique, à l’image d’un animateur qui tire un trait sur une aventure sans amertume apparente.
Sauf que derrière cette émotion contenue, une tout autre histoire se cachait. Et celle-là, Chameroy ne l’a pas racontée sur les ondes de France Inter.
Un sketch parodique des Restos du cœur qui a déclenché une vague de haine
C’est sur le plateau de Public Sénat que l’humoriste a levé le voile. D’abord sur les réseaux sociaux, qu’il a progressivement abandonnés. « Ça s’est radicalisé, on se sent obligé de commenter mais sans aucune nuance, c’est binaire et c’est très violent », a-t-il expliqué. Un constat froid, posé, qui précédait une confidence bien plus lourde.
Bertrand Chameroy a révélé avoir reçu sa première menace de mort cette année. La cause : un sketch parodiant une chanson des Restos du cœur, diffusé dans l’émission de Pascal Praud à la télévision. Une parodie humoristique, pas une provocation délibérée. Pourtant, la réaction de certains téléspectateurs a été immédiate et terrifiante.
« Qu’on me dise que je ne suis pas drôle, je peux l’entendre, mais si je mérite qu’on me menace de mort, je ne suis pas sûr », a-t-il confié. Des internautes voulaient, selon ses mots, « l’égorger ». Le verbe fait froid dans le dos. Il ne s’agit plus de critiques acerbes ou de trolls anonymes, mais de menaces physiques explicites.
Cette violence l’a poussé à quitter le réseau social X, qu’il qualifie désormais de « déversoir ». Un choix radical pour un homme dont la visibilité numérique faisait partie intégrante du métier.

Quand l’humour devient un risque : la violence qui gangrène le débat public
Le cas Chameroy n’est malheureusement pas isolé. Ces dernières années, humoristes, chroniqueurs et animateurs français font face à une escalade de menaces en ligne. Un sketch, une blague, un trait d’esprit un peu vif suffisent à déclencher des torrents de haine. La frontière entre la critique et l’intimidation a volé en éclats.
Ce qui frappe chez Chameroy, c’est le décalage entre l’intention et la réaction. Une parodie musicale, genre comique par excellence, transformée en prétexte pour des menaces de mort. L’humoriste au ton tranchant, habitué à naviguer entre les lignes, se retrouve face à un mur de violence brute que ni le talent ni l’autodérision ne peuvent absorber.
En quittant X et en levant le pied sur les réseaux, il fait un choix que d’autres personnalités du paysage audiovisuel français pourraient bientôt être contraintes d’imiter. « C’est très compliqué », reconnaît-il simplement. Trois mots qui résument l’impasse dans laquelle se trouvent ceux qui font rire pour vivre, dans un monde où le rire est devenu un acte à risque.
Bertrand Chameroy a quitté France Inter avec élégance. Mais c’est sa révélation sur ces menaces qui restera. Quand un sketch parodique suffit à ce qu’on menace de vous égorger, ce n’est plus l’humoriste qui a un problème — c’est nous tous. Et vous, pensez-vous que l’humour puisse encore tout dire en 2026 ?