« Que ceux qui ne m’aiment pas ne se réjouissent pas trop vite » : Laurent Ruquier met les choses au clair sur son avenir à la télé

Depuis le début de l’année, une phrase sortie de son contexte a suffi à enflammer les réseaux : Laurent Ruquier serait prêt à raccrocher définitivement. Ses détracteurs jubilaient déjà. Mais ce 19 avril, dans les colonnes de La Tribune Dimanche, l’animateur a tenu à remettre les pendules à l’heure — et à glisser un projet que personne n’avait vu venir.
Une petite phrase devenue incontrôlable
Tout part d’un passage dans l’émission On refait l’affiche, en janvier dernier. Face à la caméra, Laurent Ruquier lâche qu’il en a « marre de se voir à la télé ». Le ton est léger, presque autodérisoire : « Je suis vieux maintenant. Au théâtre, les gens sont loin, ils ne verront pas trop les défauts. » Il ajoute, pince-sans-rire : « Je ne me suis jamais supporté mais alors avec l’âge, ça ne s’arrange pas ! »
Le problème, c’est que cette saillie humoristique a été aussitôt reprise comme une annonce officielle de départ. Les titres se sont multipliés, et la rumeur a pris une ampleur que l’animateur n’avait clairement pas anticipée. Ses détracteurs, eux, n’ont pas boudé leur plaisir.
Dès début avril, lors de la conférence de presse de Mask Singer, Ruquier avait commencé à éteindre l’incendie. Auprès de Puremédias, il avait dénoncé « un titre sorti du contexte d’une interview » et pointé du doigt les « pièges à clics ». « Ce n’est pas exactement ce que l’on dit », avait-il précisé, visiblement agacé. Mais la mise au point la plus franche est venue quelques semaines plus tard.
Le message adressé à ceux qui le voulaient dehors
Dans La Tribune Dimanche du 19 avril, Laurent Ruquier a choisi de s’adresser directement à ceux qui célébraient déjà son départ. La formule est sans ambiguïté : « Que ceux qui ne m’aiment pas ne se réjouissent pas trop vite ! » Un recadrage sec, à sa manière, mêlant ironie et fermeté.

L’animateur a ensuite détaillé son emploi du temps télévisuel. On peut encore le voir sur T18 jusqu’à fin mai dans Chez Ruquier, son émission culturelle. Il siège également dans le jury de Mask Singer sur TF1 cette saison. Bref, l’homme est loin d’avoir disparu des écrans.
Cependant, Ruquier concède un point important : « C’est vrai que mon avenir télévisuel en tant qu’animateur est derrière moi. » La nuance est essentielle. Il ne quitte pas la télévision — il ne se voit plus aux commandes d’un talk-show quotidien ou d’un grand divertissement hebdomadaire comme à l’époque d’On n’est pas couché. La distinction entre être présent à l’écran et tenir la barre d’une émission, c’est précisément ce que les titres racoleurs avaient effacé.
L’ex-compagnon d’Hugo Manos a d’ailleurs toujours été clair sur un point : le théâtre occupe désormais le centre de sa vie professionnelle. Les planches, c’est là où il se sent libre, loin du montage et des extraits tronqués. Mais même concentré sur la scène, il garde un œil sur le petit écran — et un projet bien précis en tête.
Le rêve de 2027 que personne n’attendait
C’est sans doute la révélation la plus surprenante de cette interview. Laurent Ruquier a glissé, presque en aparté : « Soit dit en passant, j’espère qu’une chaîne de télé sera intéressée par les 50 ans des Grosses Têtes, en avril 2027. » Une phrase lâchée comme une bouteille à la mer, mais qui en dit long sur ses ambitions.
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Les Grosses Têtes, c’est l’émission mythique de RTL que Ruquier anime depuis 2014, après avoir succédé à Philippe Bouvard. L’émission de radio, créée en 1977, fêtera donc ses cinquante ans dans deux ans. Et Ruquier veut clairement marquer le coup — pas en coulisses, pas dans un studio radio, mais sur une chaîne de télévision nationale.

L’appel est transparent. Il s’adresse aux patrons de chaînes : TF1, France 2, ou pourquoi pas T18 qui l’accueille déjà. C’est un événement clé en main, avec un animateur qui connaît l’émission par cœur et un anniversaire qui parle à plusieurs générations de Français. Reste à savoir qui décrochera son téléphone.
Un animateur qui refuse la nostalgie
Ce qui frappe dans la démarche de Ruquier, c’est le refus de se laisser enfermer dans un récit de fin de carrière. À 62 ans, l’homme ne joue pas la carte de la retraite dorée. Il réorganise, il trie — mais il ne part pas.
Son parcours télévisuel est pourtant derrière lui en termes de volume. Fini les quotidiennes épuisantes, fini les débats politiques tendus de On n’est pas couché qui l’ont parfois usé. Les épisodes difficiles de sa vie personnelle ont aussi contribué à redéfinir ses priorités.
Mais la télé reste un terrain de jeu qu’il n’abandonne pas totalement. Le jury de Mask Singer, l’émission culturelle sur T18, et ce rêve d’anniversaire des Grosses Têtes dessinent un nouveau rapport au média : ponctuel, choisi, événementiel. D’autres animateurs emblématiques du PAF traversent des questionnements similaires. Michel Drucker, de son côté, a lui aussi évoqué ses dernières volontés professionnelles récemment.
Le paysage audiovisuel français, d’ailleurs, se transforme à grande vitesse. Samuel Étienne a quitté France Télévisions, Léa Salamé a laissé le 20h, Nagui s’est éloigné de France 2. Les figures historiques du PAF se repositionnent ou s’effacent, et la frontière entre départ et repositionnement n’a jamais été aussi floue.
Un piège à clics devenu sujet de société
L’épisode Ruquier illustre un phénomène que l’animateur lui-même a dénoncé avec lucidité. « Tous ces titres-là, ce sont des pièges à clics », avait-il lâché devant Puremédias. « Ce n’est pas vraiment des déclarations qu’on fait. » En clair : une phrase d’autodérision, sortie d’une interview longue, devient un fait établi une fois passée à la moulinette des rédactions web.
Le mécanisme est rodé. On isole un extrait, on le présente comme une révélation, et le démenti met des semaines à rattraper la rumeur. Laurent Ruquier l’a appris à ses dépens. Mais au moins, cette fois, la mise au point est nette : il reste, à sa façon, dans le paysage. Et en avril 2027, il espère bien qu’on parlera de lui pour une fête — pas pour un enterrement professionnel.