Il refuse 6 000 € et négocie 10 000 € : la première leçon de business de Cyril Hanouna
Ce 27 août, Cyril Hanouna produit gratuitement Solidarité incendies sur M6, un concert caritatif pour les victimes des feux de Gironde. Un geste généreux, salué par tous. Mais ce sens du don cache un autre talent, bien plus ancien : celui de négociateur hors pair.

Une anecdote, racontée par l’animateur lui-même, remonte à ses tout débuts sur M6. Elle révèle comment un jeune inconnu, vivant avec 220 euros par mois, a réussi à faire plier une grande chaîne de télévision.
Un concert gratuit qui rappelle un autre Hanouna
Face aux 42 000 hectares ravagés par les incendies en Gironde cet été, M6 a voulu organiser une soirée exceptionnelle. La chaîne a sollicité Cyril Hanouna pour produire l’émission, réunissant Gims, Zazie, Pascal Obispo et Julien Clerc sur la scène de l’Arkéa Arena de Bordeaux.
« Cyril va le faire sans prendre un centime de bénéfice », précisait Julien Courbet, coanimateur de la soirée et lui-même évacué cet été à Lège-Cap-Ferret. Une implication totale, à titre gracieux, loin de l’image de businessman qu’on colle souvent à l’animateur.
Ce contraste interroge. Comment un homme capable de tout donner peut-il aussi être celui qui, à ses débuts, n’a jamais caché avoir été un redoutable négociateur ? La réponse se trouve dans une histoire savoureuse, qui remonte à l’année 2003, bien avant que le paysage télévisuel français ne le consacre animateur star.
Un casting refusé qui débloque tout
En 2003, Michaël Youn s’apprête à quitter le Morning Live. Cyril Hanouna est contacté pour le remplacer. Du moins, c’est ce qu’il croit, avant qu’on lui propose finalement de passer un casting face à d’autres candidats.
Peu motivé par l’exercice, le jeune animateur refuse net. Un refus qui, contre toute attente, impressionne la production. Le processus de recrutement est annulé. « Finalement, on a discuté, on va s’arrêter sur vous », lui annonce-t-on.
Une victoire obtenue sans même monter sur scène. Fort de cette confiance inattendue, Cyril Hanouna aborde la question du salaire avec une assurance peu commune pour un débutant tout juste sorti d’un 18 mètres carrés où sa table de ping-pong faisait office de table à manger.
Cette audace n’est pas sans rappeler d’autres questions de pouvoir d’achat qui traversent l’actualité française, où chaque euro négocié compte double quand on part de rien.

La méthode qui a fait grimper l’offre à 10 000 euros
Quand M6 propose 6 000 euros par mois, la somme paraît déjà considérable pour quelqu’un qui vivait avec 220 euros mensuels. Sauf que le jeune animateur voit les choses autrement. « J’avais 15 000 euros en tête », révèle-t-il aujourd’hui sur le plateau de Tout beau tout neuf.
« Ce n’est pas possible », lui répond-on aussitôt. Mais Cyril Hanouna, loin de se décourager, propose un compromis redoutablement simple : couper la poire en deux. « Vous êtes à six, je suis à quinze. À dix, on démarre dans deux semaines », lance-t-il, sûr de lui.
La proposition, à 10 000 euros mensuels, est acceptée sans discussion. L’émission, lancée en mars 2003, ne connaîtra qu’un succès limité, déprogrammée trois mois plus tard faute d’audience. Mais l’anecdote reste gravée, bien avant le triomphe de TPMP et les millions générés par les grilles de programmes français.
Cette même détermination le suivra des années durant. Sur D8, il déclarera toucher 15 000 euros nets par mois pour la seule présentation de TPMP, avant que son contrat n’atteigne des sommes bien plus vertigineuses, portées par sa participation au géant de la production audiovisuelle Banijay.
De 220 euros par mois à des dizaines de millions d’euros de fortune personnelle : la trajectoire donne le vertige. Vingt ans après avoir coupé la poire en deux avec M6, Cyril Hanouna remet aujourd’hui tout son talent au service d’une cause qui, cette fois, ne se négocie pas.