Greg Guillotin en garde à vue : ce que raconte la plainte de son ex sur 4 ans de coups
Une caméra cachée qui tourne mal, un fou rire enregistré, une notoriété construite sur l’humour. Grégory Guillotin, c’est ce visage familier de YouTube depuis des années. Mais ce mercredi matin, à 9 heures précises, c’est une toute autre histoire qui s’écrit pour lui.

Une convocation qu’il attendait depuis des semaines
Grégory Guillotin, humoriste et youtubeur connu pour ses caméras cachées, a été placé en garde à vue ce matin. L’information a été confirmée par son avocat, Me Tom Michel, auprès de RMC.
Selon l’avocat, cette mesure était « prévue depuis plusieurs semaines » et le youtubeur « l’attendait afin de pouvoir s’expliquer ». Une façon de dire que le placement en garde à vue n’a rien d’une surprise pour lui : il savait que cette convocation arriverait, un jour ou l’autre.
« Grégory Guillotin entend répondre pleinement sur les faits qui lui sont reprochés, faire entendre sa version et apporter l’ensemble des éléments utiles à l’enquête », a précisé Me Michel. Une déclaration mesurée, presque attendue dans ce genre d’affaire. Mais derrière cette formule d’avocat se cache un dossier bien plus lourd que ce que laisse entendre ce communiqué, et il concerne une jeune femme de 27 ans avec qui l’humoriste a partagé plusieurs années de sa vie.
Ce que dit la plainte, année après année
C’est dans cette plainte, consultée par l’AFP, que se joue vraiment cette affaire. La jeune femme accuse Grégory Guillotin de violences physiques et psychologiques répétées entre 2019 et 2026, soit près de sept ans de relation.
Dans son récit, elle décrit un climat bien précis : un système de surveillance, des humiliations répétées, des insultes, une forme d’emprise installée dans la durée. Ce ne sont pas des mots choisis au hasard : ce sont les termes juridiques que les enquêteurs retrouvent dans les dossiers de violences conjugales les plus documentés, ceux où l’emprise précède souvent les coups.
Et justement, les coups, elle les situe avec précision dans le temps. Selon son récit, les premiers auraient été portés en avril 2022, à leur domicile en banlieue parisienne. Ce n’était, si l’on en croit sa version, que le début d’une longue série d’épisodes violents qui se seraient répétés bien au-delà de la France, à des milliers de kilomètres de là.
Des Maldives au Maroc, un engrenage qui ne s’arrête pas
Ce sont ces épisodes, précisément, que la plainte détaille voyage après voyage, comme si la violence avait suivi le couple partout où il posait ses valises. En décembre 2022, direction les Maldives : elle dit avoir reçu un coup de pied lors de ce séjour censé être un moment de détente.
L’année suivante, en 2023, c’est au Maroc que la situation se serait à nouveau dégradée. Elle décrit une gifle et plusieurs coups de pied durant ce voyage. Un an plus tard encore, en 2024, elle affirme avoir reçu un coup de poing à l’œil.
Quatre années, quatre lieux, une même dynamique décrite dans la plainte : celle d’une escalade qui ne se serait jamais interrompue. Face à ces accusations précises, datées et localisées, l’avocat de Grégory Guillotin insiste sur un point : son client « ne cherche pas à se dérober et entend assumer les responsabilités qui sont les siennes ». Une formule qui ne vaut ni aveu ni condamnation, mais qui tranche avec un déni pur et simple.
« À ce stade, ses déclarations sont naturellement réservées aux enquêteurs et à la procédure en cours », a ajouté Me Tom Michel. Autrement dit : Grégory Guillotin va s’expliquer, mais pas devant les caméras. C’est aux enquêteurs qu’il devra convaincre, dans les heures qui suivent cette garde à vue.
Ce que la procédure va déterminer maintenant
Placé en garde à vue, Grégory Guillotin bénéficie pour l’instant de la présomption d’innocence : les faits qui lui sont reprochés restent à ce stade des accusations, aussi précises soient-elles. C’est désormais aux enquêteurs de confronter son récit à celui de la jeune femme de 27 ans, et de vérifier chaque élément matériel disponible.
Ce type de procédure, dans les affaires de violences conjugales, débouche généralement sur une décision du parquet à l’issue de la garde à vue : classement, rappel à la loi, ou mise en examen si les éléments recueillis le justifient. Rien n’indique pour l’instant dans quelle direction penchera cette enquête, mais la précision des dates et des lieux avancés dans la plainte pèsera nécessairement dans la balance.
L’affaire s’inscrit dans un climat où plusieurs personnalités publiques françaises ont récemment été rattrapées par des accusations similaires, avec des issues judiciaires très différentes selon les dossiers. On l’a vu avec Stéphane Plaza, condamné en appel, ou encore avec les témoignages qui ont marqué l’affaire Géraldine Nakache. Chaque dossier suit sa propre trajectoire, mais tous rappellent à quel point la parole des victimes pèse désormais dans ces procédures.
Pour l’heure, aucune date n’a été communiquée concernant l’issue de cette garde à vue ni une éventuelle suite judiciaire. L’entourage de Grégory Guillotin comme celui de son ex-compagne restent silencieux en dehors des déclarations de l’avocat.
Une garde à vue qui tranche avec l’image publique bien rodée d’un humoriste habitué aux fous rires filmés, et qui rappelle qu’une plainte détaillée sur sept ans pèse lourd, quelle que soit la notoriété de celui qu’elle vise. Reste à savoir ce que révélera l’enquête dans les prochains jours, et si l’état de santé fragile déjà évoqué autour du youtubeur influencera la suite de la procédure.
Une plainte de sept ans, quatre pays, une garde à vue attendue : voilà ce que retiendra l’opinion de cette affaire, en attendant la version des enquêteurs.
Si cette histoire vous a marqué, le calvaire vécu par Adriana Karembeu, menacée de mort à son domicile, montre à quel point ces affaires prennent parfois une tournure encore plus sombre.
Et si vous pensez que les violences conjugales s’arrêtent aux coups, les accusations croisées autour de Marc Lavoine prouvent que ces histoires cachent souvent bien plus de ramifications qu’il n’y paraît.