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Guillaume de Tonquédec : le château de son nom vendu en 1801, racheté 27 ans plus tard, puis reperdu

Publié par Hannah le 30 Sep 2026 à 11:25

Vous connaissez Guillaume de Tonquédec pour Le Prénom et Fais pas ci, fais pas ça. Mais son nom de famille renvoie à une forteresse bretonne qui a changé de mains à plusieurs reprises. Vendue, rachetée vingt-sept ans plus tard, puis perdue de nouveau : le parcours du château est plus mouvementé que celui d’un scénario de cinéma. Et le vrai constructeur n’est pas celui que l’on croit.

guillaume de tonquédec annonce retour fais pas ci

Un nom de château, mais pas un château de famille depuis toujours ?

À 59 ans, Guillaume de Tonquédec est d’abord un visage du théâtre, du cinéma et de la télévision. Il a décroché le César du meilleur acteur dans un second rôle en 2013 pour Le Prénom. Le 10 septembre 2026, il a publié Ta mère et moi, un livre consacré à l’histoire d’amour de ses parents.

Son patronyme, lui, raconte autre chose. Le comédien appartient à la famille de Quengo de Tonquédec, issue de l’ancienne noblesse bretonne. Un nom associé depuis des siècles à une imposante forteresse des Côtes-d’Armor.

Le château de Tonquédec se dresse près de Lannion, au-dessus de la vallée du Léguer. Sa construction débute au XIIe siècle, avant plusieurs destructions et reconstructions. Ce que l’on voit aujourd’hui doit beaucoup aux Coëtmen, qui l’ont rebâti et agrandi au fil des siècles.

Les ruines sont classées monuments historiques dès 1862 et comptent encore onze tours. Une place forte qui a longtemps pesé lourd en Bretagne. Et ce genre de monument, on peut parfois le visiter sans payer : certains monuments sont gratuits toute l’année, pas seulement lors des Journées du patrimoine.

Mais alors, si ce n’est pas la famille de l’acteur qui a bâti cette forteresse, comment son nom s’y est-il retrouvé accolé ?

1636 : le jour où un acheteur a ajouté un château à son nom

Contrairement à ce que le nom laisse penser, la famille de Guillaume de Tonquédec n’est pas à l’origine du château. Le lien se noue en 1636. Cette année-là, René de Quengo achète la forteresse.

Elle était alors déjà en partie démantelée, après une décision prise quelques années auparavant sur ordre de Richelieu. Autrement dit, René de Quengo n’a pas acquis un château flambant neuf, mais une place forte amputée.

Et il a fait une chose frappante : il a ajouté Tonquédec à son nom. Le domaine entre alors dans le patrimoine familial et y reste, selon Gala, plus d’un siècle et demi. Un lieu devenu un patronyme, c’est rare.

Cette histoire de pierres qui finissent par s’incarner dans un nom a un écho avec d’autres lieux marqués par le temps. La piscine Molitor, à Paris, a connu elle aussi des décennies d’abandon avant de renaître en hôtel de luxe.

Mais pour Tonquédec, la longue période de possession familiale ne devait pas durer éternellement. Une décision financière allait tout faire basculer au début du XIXe siècle, et c’est là que l’histoire prend un tour inattendu.

Vieille clé en fer devant un mur de pierre médiéval couvert de mousse

1801, 1828 : vendu, puis racheté vingt-sept ans plus tard

Pour comprendre la suite, il faut parler d’argent. Organiser son patrimoine n’est pas toujours simple, et l’histoire de Tonquédec le rappelle. En 1801, René-André du Quengo, confronté à d’importantes difficultés financières, se sépare du château.

La forteresse passe alors entre d’autres mains. On aurait pu croire le lien rompu pour toujours. Il n’en est rien.

Vingt-sept ans plus tard, en 1828, Magdeleine Coulomb, veuve du Quengo de Tonquédec, rachète les biens de Tonquédec. Après près de trois décennies d’absence, le château revient donc dans la famille dont il avait contribué à façonner le nom.

Voilà pour le retour. C’est le fait qui donne son titre à cette histoire : le château qui porte le nom de l’acteur a bien été vendu, puis racheté par la famille vingt-sept ans plus tard.

Mais le récit ne s’arrête pas là. Ce retour, selon les informations relayées par Gala, n’a rien eu de définitif. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le domaine a quitté une nouvelle fois la famille de Quengo de Tonquédec.

Il aurait été vendu à la fin des années 1870 à un marchand de biens qui envisageait d’en exploiter les pierres. Autrement dit, la forteresse a failli finir en carrière.

Ce qui est arrivé ensuite aux ruines, et pourquoi le nom a survécu

Le château a finalement échappé à ce destin. En 1880, le marquis de Keroüartz acquiert les ruines et les offre à sa fille Eugénie, à l’occasion de son mariage avec Pierre de Rougé. Le domaine appartient depuis à leurs descendants, qui ont poursuivi sa conservation et sa restauration.

Le cas n’est pas isolé : les questions de propriété de vieilles pierres finissent souvent en litiges. Un simple mur qui s’affaisse entre deux jardins suffit parfois à déclencher une querelle sur qui paie.

La forteresse a aussi croisé le cinéma bien avant la carrière de l’acteur. En 1974, Bertrand Tavernier y tourne certaines scènes de Que la fête commence…, sorti l’année suivante. Le film se déroule sous la Régence et revient sur la conspiration de Pontcallec.

Un détail qui crée un lien inattendu entre le patrimoine associé au nom de l’acteur et le métier qu’il exercera plusieurs décennies plus tard.

Quant à Guillaume de Tonquédec, il reste discret sur cet héritage nobiliaire, bien moins présent dans son image publique que son parcours d’acteur ou sa vie familiale. Le château n’appartient plus aujourd’hui à la famille de Quengo de Tonquédec. Mais le lien entre le monument et le nom du comédien, lui, a traversé les siècles.

Autre histoire de famille, autre manière de faire entrer le passé dans le présent : le club privé que la famille Kretz ouvre sur dossier montre comment un nom peut devenir une porte, parfois payante.

Un nom de famille peut donc valoir un château, le perdre, le retrouver, puis le perdre encore, sans jamais s’effacer. L’acteur continue de le porter à l’écran, et sur la couverture de ses livres.

Et si vous aimez les histoires où tout change de main, ces voyageurs qui ont quitté Bali après vingt ans pour une autre île racontent un autre genre de bascule. Quant aux vieux gestes qui se transmettent sans qu’on sache pourquoi, les chaises de jardin que les anciens retournaient contre le mur cachent une raison que presque plus personne ne connaît.

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