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« Il a soulevé ma jupe » : le témoignage glaçant d’Helena Noguerra contre Patrick Bruel

Publié par Hannah le 03 Sep 2026 à 7:35

Une nouvelle voix rejoint la longue liste des accusatrices de Patrick Bruel. Helena Noguerra a envoyé une lettre manuscrite à la justice, détaillant une agression qu’elle situe en l’an 2000, dans la loge du chanteur au Zénith.

Son témoignage, révélé par Paris Match, ressemble étrangement à celui d’une autre plaignante. Un point commun troublant qui l’a poussée à sortir du silence, des années après les faits.

Une lettre envoyée en pleine vague de plaintes

Tout démarre en 2019. Des plaintes de masseuses visent alors Patrick Bruel, et l’affaire commence à faire du bruit dans les médias.

Helena Noguerra décide d’agir. Elle écrit au parquet en Corse, non pas pour porter plainte elle-même, mais pour soutenir ces femmes qu’elle ne connaît pas. « Je voulais que le parquet sache que le récit de cette femme correspondait certainement à la réalité », explique-t-elle.

Un détail précis dans le témoignage de la masseuse a fait tilt chez elle. Cette dernière racontait que le chanteur lui avait pris les poignets pour lui faire poser les mains sur son sexe. « C’est ce que j’avais aussi vécu », écrit-elle sobrement.

La lettre part le 22 mars 2022. Helena Noguerra sera finalement auditionnée par la police en juin dernier, plus de quatre ans après ses premiers mots au parquet. Mais que s’était-il réellement passé, des années plus tôt, dans cette loge du Zénith ?

Le tournage d’une émission qui bascule

En 2000, Helena Noguerra anime « Une journée avec », un format qui consiste à suivre un artiste pendant 24 heures. Ce mois-là, l’invité s’appelle Patrick Bruel, et le tournage se déroule au Zénith.

Les deux artistes se connaissent depuis qu’elle a 18 ans. Elle le décrit comme « plutôt un bon camarade », sans la moindre ambiguïté passée entre eux. Aucune attirance, aucune tentative de séduction avant ce jour-là.

Quand il l’invite dans sa loge, rien ne l’alarme. « Je ne me suis pas posé de questions. Je n’ai pas vu de piège », écrit-elle dans sa lettre. La porte se ferme derrière eux.

« Depuis le temps qu’on se désire »

Patrick Bruel s’approche pour l’embrasser. Elle ne panique pas immédiatement, précisant qu’elle n’est pas du genre à se vexer d’un baiser non désiré.

Elle le repousse et dit non, clairement. Sa réponse à lui la marque : « Justement, depuis le temps qu’on se désire. » Elle réitère son refus, sans ambiguïté possible.

« Mais cela va très vite », écrit-elle. Il attrape ses deux poignets, la bloque, mains vers le bas. Il place ensuite ses mains sur son sexe, par-dessus son jean, avant de la coucher de force sur la table de la loge.

Un appel à l’aide resté sans réponse

Immobilisée, Helena Noguerra porte encore son micro, relié à un ingénieur du son et un journaliste reporter d’images situés non loin. Elle appelle doucement à l’aide. En vain.

« J’aurais pu crier, mais on a honte de sa honte. Donc on ne crie pas », confie-t-elle, une phrase qui résonne avec de nombreux autres témoignages glaçants recueillis dans cette affaire.

Il soulève sa jupe, tente de baisser son collant. Elle lutte, le remonte. Il insiste, cherche à atteindre sa culotte. « Possiblement ‘arrête Patrick, arrête, mais non, mais non’ », se souvient-elle avoir répété.

Puis, comme un déclic, il s’arrête net. « Comme s’il sortait soudain d’un état, il a fini par lâcher », écrit-elle. Elle remet sa jupe, quitte la loge et redescend l’escalier en colimaçon pour rejoindre son équipe technique.

« Comme si rien ne s’était passé »

Ce qui frappe Helena Noguerra, c’est l’après. Patrick Bruel sort de sa loge et descend sans que rien ne transparaisse sur son visage.

« J’avais terminé mon travail et avant que je parte, il est redevenu tout à fait normal, comme si rien ne s’était passé », raconte-t-elle. Il va même jusqu’à l’inviter à l’un de ses concerts.

« Il ne se rend visiblement pas compte de ses actes », écrit-elle. Une phrase qui fait écho à d’autres récits, notamment celui d’une jeune femme de 19 ans à l’époque dont le témoignage a conduit à la réouverture d’une enquête.

Un silence qui l’a longtemps interrogée

Sur le moment, Helena Noguerra en parle autour d’elle. Elle sent qu’il a voulu « l’humilier », et la réaction de son entourage la marque presque autant que l’agression elle-même.

« Ce qui me frappe, c’est que personne ne semble penser que ce qui vient de se passer est grave », écrit-elle. « Tout le monde est surpris (…) mais personne ne semble mesurer que c’est bel et bien une agression. »

Ce silence collectif face à des faits pourtant clairs rejoint les analyses de plusieurs observateurs, notamment sur cette omerta qui a duré des années autour du chanteur.

La version de Patrick Bruel

Interrogé par les enquêteurs en juin dernier, l’acteur affirme ne pas se souvenir de cette scène. « Même si c’est une belle femme », précise-t-il, il n’avait pas d’attirance particulière pour elle.

« C’est possible qu’on se soit embrassés, je ne sais pas. Je ne l’ai certainement pas embrassée de force », déclare-t-il aux enquêteurs, avant d’ajouter : « Dans l’absolu, oui, c’est possible, mais de manière consentie. »

Sur l’épisode des poignets saisis et de la table, sa réponse est catégorique : « Cette scène n’a absolument pas pu se produire. Qu’est-ce que c’est que ce récit ? Il m’est arrivé de la recroiser par la suite (…) je n’ai jamais ressenti le moindre malaise. »

Helena Noguerra, elle, dit avoir toujours ressenti une gêne lors de leurs retrouvailles ultérieures. Contactée par Paris Match, elle a confirmé son témoignage sans souhaiter s’exprimer davantage pour l’instant. Patrick Bruel demeure présumé innocent, alors que de nouvelles plaintes continuent de s’accumuler dans ce dossier.

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